h3s 807

la nuée plus dense

le lointain soudain
se ferme — un rideau
aveugle la vue

que dire — la neige

on mêle à l’absence
un écho plus sourd
et cela efface

sa lumière toute


h3s 806

pas à pas on va

dehors le vent seul
et la nuit advient
comme_une parole

ici maintenant

il n’y a plus rien
que le jusqu’au noir des encres
un feu pauvre avance
une étoile obscure

sans aucun ailleurs

 


h3s 805

quelle rive ici

le commun séjour
que rien ne distingue désigne
de n’être là qu’ombres

tout un écho danse

la lumière joue
une forme absente
avec la poussière
une forme absente

autour de nos pas


h3s 804

la roche nue rouge

comme saisie même
le feu plus intense
que laisse le monde

avant toute voix

au-dessus du vide
les ciels de nuées
on vient délaver

ce devenir sable


h3s 803

c’est le vent encore

un cri continue
le souffle trop franc
dessus le chaos

qui vient élaguer

ce qui ne se courbe
les branches trop frêles
sèches d’hiver cassent

le hasard des roches


h3s 802

ici — comme_un dire ici

que murmure chaque
branche brisée net
par l’hiver sans neige

ces voies que le vent

oeuvre de toujours
mais qui est regard
on est là sans nom

trace vers l’ouvert


h3s 801

de haute demeure

on devine ici
ce qu’y fut le feu
donné par le souffle

un monde plus clair

une lampe simple
au cœur des hivers
où veiller une âme

comme on disparaît


h3s 800

on va sans jamais

que la pluie d’ici
nous perde aux reflets
des ciels dans les flaques

savoir quoi revient

cela ne se peut
mais la vague mêle
l’écume et la courbe

d’un geste perdu


h3s 799

on sait le reflet

un grèbe rejoint
l’inverse des arbres
à même le lit

sur les hautes eaux

de gravier et d’algues
la rive libère
un monde échoué

plus ouvert aux songes


h3s 798

cet ici qui brûle

une pierre blanche
prise aux fossés d’hier
dans la boue des signes

et nos yeux et nous

sommes
un seuil — cette brume
d’être sans savoir
plus loin quel soleil

dessine nos ombres