h3s 189

la couleur comme_une

erre
la terre hersée porte
ce qui naît

de peu à peu le presque rien

être point
& appose ici
une aube 
l’aube__ l’encor’ sans forme
dont la forme

va et change tout


h3s 188

ces bruits dehors

rien qui ne soit
autre que le au long des jours
autre que la nuit

que fait là toute simple

la longues seule maille
de gestes pauvres
sans nom

la vie


h3s 187

ces voies toutes

perdues les ombres perdent
la douceur des sources
— des lignes tranchent

rouges de rouille

ce qui est vivant
va mis à mort
sans entendre même

quoi s’y emboutit de soi


h3s 186

cela qui ces reflets sous les arbres afflue

la terre chaude
et l’odeur des fruits
mûrs

les bras du fleuve loin

tout un leur savoir
de l’équinoxe proche
l’horizon même accorde approche

l’ouvert et l’oubli


h3s 185

ce sont dans les ciels des figures

— qui voit ici déjà
cela qui est s’efface
et les lointains en soi

intouchées au lointain
quelques astres tous au connaître

les feux s’éteignent tous
et la faim et la soif
elles demeurent qui attendent

l’eau des aubes comme_un silence


h3s 184

des rues au creux des villes

on a encore
ce rien qui fait
heurt

un bruit de nuits a souffle

delà quoi blesse
le corps reconnaît
sa fin

le pavé dur des jours


h3s 183

pas à pas des mondes

l’heure que soulève
un souffle plus léger
une attente éployée

la venue simple de la pluie

qu’entendre d’elle parmi
la nuit nue
avant que ne se lève

quel voile  rideau d’encre
un disparaître aux voiles d’encre


h3s 182

la faux dernière

quoi de nous est
parmi ce qui fait
don

ici a passé

& de soi
il ne reste rien
sinon ces poussières

juste avant l’orage


h3s 181

la chaleur

on va
loin des sources
trop — et le pré clair

d’encore l’été brûle

dessous les arbres
la couleur pâle tombe
et colore goutte-à-goutte
sous les arbres

les pierres brutes


h3s 180

l’allée devant soi toute

une cendrée sèche
vide dessous la couleur
de l’heure seule

encore claire au soir
le soir est encore  clair

cela qui attend
que la nuit soit faite
commence à effacer ici

ici où le vent anime les ombres