hs 230

comme_une roche
de jour en jour cela
cela du un songe plus nu
songe plus de plus en plus
à nu comme_une roche
et dessus la terre des arbres

des arbres tout
s’endort et soi
un repli dedans le temps seul
— quoi veille plus juste

le sein de la nuit noire.


hs 229

un mur
de ronces
dedans soi
on passe

quitte à ne faire
qu’écorcher
un peu plus à vif
en corps

cela qui bat puis cesse.


hs 228

soir
et pour seule
pierre de touche
ce granit

la nuit
d’être elle aussi
l’éphémère mesure
va à disparaître

frôler la main inverse des aubes.


hs 227

porche
sous les ombres
ouvert
au passant demeurant

le bois mort
porte sur la roche
rouge le reflet
mercuriel

d’une goutte de ciels


hs 226

cela
d’où partir
rien
une allée de sable

quoi va
sans repères
cet arpent d’espace
toujours recommence

ce que donne son jour.


hs 225

noir
au plus simple
chœur la nuit
qui vient

sans autre
nom
que celui
où être

le passage passeur et le fleuve.


hs 224

encore
ce laps
par quoi l’infime
pas à pas
l’infime

le vent
et la couleur
tombent au dessein
soudain nu

à même les roche et terre  s’enracinent — dormances.


hs 223

la pluie partout
froide fine trop
chape comme un plomb
la terre sans lumière

loin la moisson
presque dernière
tache l’ocre clair
un reste d’été s’éteint — nuit

 que brûle la forge des aubes.


hs 222

jours
comme sans
rive depuis l’aube
un banc de brouillard

ici n’aura pas
ni le rêve de nuits
ni même lieu
sous les étoiles

au lointain indifférent — ce silence.


hs 221

ce lieu
presque sans fin
à jamais voué
au même

et autre sous les ombres
la source répond claire circule
de grain de sable en grain de sable
la source répond claire circule
ô elle le répit

quel reflet court sous les nuages.