h3s .007

on n’entend plus même

un endroit où cesse
le vent on attend
le bruit de la pluie

les routes vers soi

et plus rien n’endigue
cela que parcourent
l’ombre puis les larmes

toutes vers le fleuve

 


h3s .006

on va le sommeil

chaque pas demeure
ce creux sur la terre
que le vent efface

une brume d’être

sèche comme l’encre
la poussière même
qu’un récit déploie

lève sur les eaux

 


h3s .005

on sait la lumière

le jour à nouveau
un temps inconnu
au plus commun sens

ailleurs pour un temps

le rêve un oubli
on ouvre les yeux
on va se lever

le corps répond bien
mais sous la peau quoi


h3s .004

un lieu presque sans

poussières — ces formes
qu’un voile recouvre
— plus rien autre n’est

vie —  la lumière erre

et la cendre mêle
au monde désert
les choses — la brise

dans ses lointains mêmes


h3s .003

quelle la musique

et le son tournoie
on dirait la steppe
avant le point d’eau

sur la rive un homme

et la soif tenaille
ceux qui vont à pas
lents parmi le vent

qui joue de son oud

 


h3s .002

le jour en lumière

pauvre comme riens
dessus l’herbe sèche
où la rosée brille

juste sous la brume

les prés et vergers
luisent doucement
comme eux tout s’en va

une fin d’été


h3s _001

la forme immobile

on passe parmi
les lignes de fuite
après la faux — cri

du héron cendré

l’étrangeté même
du lieu familier
où soi devenir

un trait parmi l’herbe


h3s 1000

plus avant rien autre

on sait comme dire
referme ses ruses
sur soi — et la voix

qu’un poème frêle

embarque évoque une larme
qui est et n’est pas
la mer — le rivage

et clair sur
éclaire la nuit


h3s 999

quelques mots pour la de ronce

ici quoi ils s’enroulent
on cherche du sens
au défaut des mondes

cela vient écrire

la jonchée des vents
un buisson d’épines
signe les ciels vides

les grappes de fruits

 

 


h3s 998

ce matin froid presque

et toujours on va
chercher sous les arbres
ce rien de lumière

l’éclat clair impose

l’ailleurs au regard
— une branche craque
en soi cela est

taire le silence