_ _51

tableau mais de quels mondes

le temps fore dedans
soi un obscur travail
la tâche toujours autre
comme vivre s’effile

le vent sourd est plus froid

çà et là la lumière
pâle et froide d’hiver
emmêle l’éclaircie
aux brouillards et aux gels

il est temps de partir


h3s.377

delà tout disparaître

on connaît de la chute
l’attrait brutal et noir
qu’exerce seul le vide

on reprend pied ici

le bourgeon et le givre
la rive puis les aubes
se renouent pas à pas

au peu du souffle un corps encore


h3s.376

la brume ne se lève

sur une eau sans reflets
ici comme un regret
l’envol bref du héron

jamais de tout le jour

les ciels sont sans distance ne vont paraître
— douleur — et les yeux brûlent sont ce doute
où un rien d’aube point

elle déjà l’absente


_ _ 50

on entend ici comme
la musique se tait
le vent même en silence
cingle glacial qui passe

la pierre rouge nue
plus encore de n’être
plus que outre sa solitude
qu’un silence de sable désert


h3s.375

dans le soir une brume

on sait le devenir
qui oeuvre sans un bruit
aux prémices du gel

devant le soleil danse

la vie aux lignes simples
vient abstraire le froid
on salue le temps nu

la vague comme_une haute


h3s.374

la peau nue s’est émue

un enfant va dormir
aux grands fonds de la nuit
à peine est-il ce souffle

sous le vent d’hiver — rien

on connaît le froid qu’être
déploie sur le rivage
une brume légère

ce qu’on laisse de soi


_ _49

ici une éclaircie
dedans la friche noire
un reflet vient brûler
à l’envers du décor

on renoue avec soi
sans savoir pourquoi seul
ce presque rien retient
le regard sur le vide qui s’absente


_ _ 48

ce séjour comme sans
aube seule la nuit
on sait que le gel prend
et que la neige vient

de loin en loin la lune
perce les ciels de brume
comme elle on disparaît
son pas porte au silence


_ _ 47

là-bas ce presque rien
que parcourt un haut souffle
et la distance change
entre soi et le monde

c’est encore la nuit
le lointain un regard
sur bien plus grand que soi
quand change la lumière


_ _46

on sait la forme étrange
échouée sur un banc
de sable — le gué même
file et change l’ajour

le reflet rêve une autre
barque pour le passeur
mais elle n’apparaît
qu’à qui ferme les yeux