h3s 616

est-ce bien ici

que dire ne songe
rien autre qu’un monde
où aller plus libre

ce lieu que le soir

au rythme des souffles
on semble dormir
à même le rêve le rêve connaît qui semble dormir

nimbe de couleurs

 

 


h3s 615

c’est juste dessus

le point d’où le jour
derrière lui laisse
en aller les brumes
les nuées aller

une ombre dernière

un voile obscurcit
les yeux qui se troublent
quoi reste ici  –voir

quels papillons passent


h3s 614

puis c’est en chemin
ce lieu qui s’égare

on va parmi rien
la falaise d’herbes
pauvres — le coeur sec

cette eau sans pourquoi

que vient fait battre un nombre
et là-bas approche
un le chant à et l’ouvert

sur la roche noire


h3s 613

on voudrait un chant

cela chaque soir
qui appelle une aube
outre la parole

même un cri d’oiseau

quel sens son espoir
nu de quelle obole
— le corps va ténu plus simple

mais les ciels sont vides


h3s 612

que ce serait entendre

un bruit continu
parmi les silences
que le souffle appose

dedans soi le peu

mais vivre vient battre
où toute l’aube entre
parmi la lumière

d’une pluie d’été

 


h3s 611

ce là-bas n’est plus

la forme que songe
l’heure bien trop haute
au soleil midi

rien autre qu’une eau

tout le devenir
qui sans cesse change
la couleur du jour

simple comme_un rien


h3s 610

chemins sans passage

on hâle pourtant
tout contre le vent
son propre dessein

sur toute vers quelle autre rive

le corps et la terre
et parfois les ciels
on porte l’un l’autre

et l’eau verte — intangible


h3s 609

on entend le vent

dans la rue prochaine
des feuillages tremblent bruissent
il n’y a que l’ombre

qui parcourt la nuit

depuis peu les ciels
s’encrent plus au noir
il fait bruit de pluie

juste avant le jour


h3s 608

puisque la nuit vient

comme un rideau tombe
ou bien se déchire
aux planches grossières

que le vent ne cesse

ici son œuvrer
et tout se délite
mais on vient au loin

d’ouvrir les nuées

 


h3s 607

rien d’un monde à l’autre

le jour semble perdre
ce qui est son erre
et pourtant demeure

ce seul continu

le miroir des ciels
à jamais ouvert
déverse l’oubli

des larmes la pluie