h3s 734

là-bas l’aube brûle

dessus quelle nuit
l’encre de toujours
on inscrit les signes

demeurent les ciels

un nuage passe
lent — chaque seconde
révèle une étoile

mais pour quels regards

 


h3s 733

et que dire ici

ici où la nuit
demeure le rien
on entend le bruit

du vent qui s’obstine

sur l’infime branche même
il n’a plus de prise
on entend perçoit un chant
les branches se courbent

au même
parmi les feuillages


h3s 732

on arpente les rives

le soir monte en nuées
et pourquoi ces couleurs
juste avant la nuit noire

où enfant on dormait

en soi plus rien avant
la barque du loin tremble
chaque chose a merveille

cela brille nous quitte

la barque du loin tremble
le soir est là déjà

 


h3s 731

c’est là sur l’abrupt

des roches s’éboulent
sans fin on entend
leur chute hors des mondes

le un versant plus sombre

 seul est le fracas
que l’écho reverse
sans attendre rien

avant la lumière


h3s 730

quel sens au pas nu

le soleil bas pâle
ne réchauffe rien
des ombres qui dansent

sur le sol gelé

ce sont formes noires
la ronce autour d’elles
un le dernier feuillage
enroulent l’ellipse

que l’hiver éclaire


h3s 729

cela qu’ici brûle

on ne sait pas même
comment dire au juste
quelle tache aveugle

au cœur noir des nuits

accroche une étoile
puis une autre aux ciels
ne plus rien voir autre

nous ajointe au temps


h3s 728

on ne ressent rien
saurait voir prendre

ici quelque souffle
reprend au silence
seul ce qu’il faut d’air

à peine cela

qui n’est rien delà
un bourgeon que ferme
le plain-chant des mondes

— la décrue des jours


h3s 727

devant soi la pluie

on attend les flaques
où le vent froid pose
ce qui en soi tremble

et les yeux se brouillent

et l’eau noire fige
le gel géomètre
il fait nuit encore

d’aller là aussi


h3s 726

on va mais c’est sans

voir devant soi rien
qui ne soit la brume
blanche sur les branches

plus aucun recours

on entend que sonne
plus loin la cognée
rien n’est — les frimas

et puis une autre aube


h3s 725

ces mots comme on tombe

dessous l’eau glacée le féroce
on ne peut rien dire
du froid de la faim

quel le lieu où tout

soudain de soi cessent
et l’espoir d’entendre
et le chant perdu
cessent dans nos mains

du jour est la nuit