h3s 130

même d’être infime

cela une marge
sans où passe le doute
mais qui serait autre

chaque grain de sable

ici est sans nom
il n’y a que dire
— être sans soi

permet tout un chant loin


h3s 129

là-bas sur un mur

cela dès le jour
qui s’éveille même
delà l’absence

que profile un dessin de l’ombre

et plus haut
émouvante et nue
la lumière tourne

vers quoi elle naît
sinon qui n’est le jour même


h3s 128

cela le peu des jours

cela bruit bas
et vient à peine
l’aube comme le soir

entre dedans soi a passage

une sente claire
parmi les nuages
et le fleuve touche

l’ouvert des ciels — la nuit

 


h3s 127

la nuit encore

les yeux ouverts
sans aucune raison
juste avant la pluie

et les ciels versent

ici comme un creux
et l’ombre a parole
cela du dire — rien

verser quel l’éclat noir d’une averse


h3s 126

ce ciel de peu

les yeux ouverts
on pose la demeure
parmi ce qui est

entre deux couleurs

un passage le séjour d’ailes
a — voix et cité
même parmi rien

la lumière dure


h3s 125

un rien de jour

l’ombre d’un faucon
sur la terre paille
— des martinets volent

en éclats clairs

la vie continue
serait-ce sans mots
ni dire elle va

— et partout les moissons


h3s 124

ces ombres sûres

dessous les ciels
toujours à laisser
leur geste faire

balises d’arbres pierres

ce qui est
du connaître
les terres la vie

toutes vont leurs voies


h3s 123

cela de haut vol

une forme simple
venue de quel autre
jour sur l’ des horizons

crie un silence crie sans augure

et plus bas bien
plus humble & continu
le cœur bat toujours

éployé dès l’aube de vivre

crie un silence sans augure


h3s 122

la nuit ici

une eau noire
toute erre sans être
toute effarée

on va au rêve

delà soi
vient ce rien
qui noue ses mains

songe poings fermés


h3s 121

toute et soudaine

juste
au premier coup d’archet
la couleur

devant soi

la chaleur
ondoie les ciels
quoi vient tracer là

la courbe bleue d’été