h3s 159

devant soi

la forge est nuit
toute à ce silence
— un souffle quel

ce peu d’être

l’herbe sèche
pointe quoi luit
où elle cesse

une erre


h3s 158

ombres

cela que sait
de nous
le temps enfant

ces roches

un feuillage que l’été
colore déjà d’être
bruire de source sèche

et leur éboulis


h3s 157

cela du proche

presque rien qui ne soit
ici comme la nuit
voué à l’obscur

qu’ouvre sous les yeux

de l’un à l’autre geste
la pierre porte quelque
trace d’être

un temps infime


h3s 156

dehors

ces ciels
toujours
le rien passe

tout ce qui est

l’eau des rêves
trop claire loin
pour l’entendre

— des oiseaux crient furieux

 


h3s 155

couleurs —  même

la roche à nu
et la terre sèche
devant la chute

cela que dessine

lignes brisées
des granits — un glyphe
sont des signes delà
mais pour qui outre la raison

l’absence


h3s 154

le temps soit ouvert

tout un
d’inconnaître
son dessein

quoi finit avant d’être

même à l’ébauche
la courbe des mondes
effleure la nuit

le pas sur le sol


lignes de vie, août 2018 (dans la falaise avant effondrements)


h3s 153

rien — le jour nu

rien aucun autre
que le vent là
les feuillages secs

cela que parle

hors de tout sens
le souffle délié
comme_un vœu

la langue vivre


h3s 152

le dehors qui va

ce sont des ciels
d’après l’averse
enfin

delà toute phrase

la venue des aubes
au défaut du voir
et ce seul silence

ouvre le rien — dire


h3s 151

derrière soi

le pas connaît
sans se perdre ici
l’ubac d’aller au monde

la soif et le sol brûlent

cela que porte
l’au-devant du souffle
un devenir

les jours secs — quoi meurt