h3s.364

l’aube — à peine un brouillard

cela un pauvre rien que file
le vide au sein du temps
une parole nue

on va çà et là où

la vasque d’une source
donne offrande et image
un le caillou blanc qu’on laisse

demeure toute enfance


h3s.363

on est — ce bruit de pas

la pierre des pavés
sans plus aucun écho
restaure quel réel

sous le vide des ciels

la pierre rouge élève
de multiples clochers
parmi les feuilles mortes

demeure la voix franche blanche


h3s.362

rien ne traverse l’aube

hors de la voûte sombre
la forme sans rivage
laisse les yeux ouverts

on va dans le jour nu

tout un monde s’éloigne
que trouble un simple voile
quel chant pour dire ici

comme on entend l’écho


_ _17

le vent a cessé
de souffler ici
un grand calme tombe
tout au long du soir

la fontaine écoute
bruire les feuillages
secs qui se déposent
aux pieds de la source


h3s.361

un voile de nuages

juste dessous les ciels
le dessein des lumières nuages
désigne enfante la parole

haut — les migrateurs volent

hors de tout lieu terrestre
ici va qui nous rive
et songe de grands arbres

sur la cendre du monde


_ _ 16

sur les eaux indécises
l’aguet du héron laisse
la faim mort parfois parmi les eaux
la transparence d’être
cela qui vit et meurt

plutôt que rien l’approche
du solstice parsème
les arbres de couleurs
totems signes d’avant la nuit


h3s.360

dedans la roche-mère

l’écho lointain des vagues
où retentit ouvert
le pli des océans

que laisse la parole

un dire au corps absent
parmi les ciels toujours
rouges des crépuscules

d’être soi la poussière


_ _15

pour peu que le temps flue
ici-bas comme_un sable
et le lierre recouvre
la pierre rouge absente

de loin en loin une ombre
qu’agite un rien de vent
ou est-ce le silence
déjà qui ici lève


_ _ 14

on voit dessous l’étoile
la forme nette d’arbres
leur désir à jamais
d’être le feu possible

la brume toute autour
noue un lointain que songe
la nuit aux yeux ouverts
— le fleuve gronde proche


h3s.359

les formes reparaissent

on les dirait un chiffre
mais de quelle clé autre
faire ici tout un monde

et la couleur repose

où chaque pas qui va
vient bruire sur la terre
et puis le vent l’emporte

lentement sous les arbres