h3s 700

il se peut que cesse

tout de ce qui est
comme_un pas décroît s’éloigne
le au loin une nuit

ici à jamais

la rive déserte
et l’espace autour
où le gel neuf prend

ce peu rien qu’est le souffle


h3s 699

sans même un seul mot

le froid vient saisir
et l’eau qui  fut vive
et la terre noire

là-bas court la rune

pauvre — encore en friche
les vergers le cèdent
aux halliers plus sombres

à même la roche

 


h3s 698

c’est l’envers du jour

une ombre plus dense
que des branches strient
rien ne bouge ici
sinon

encore à brûler

ce peu de chant loin frêle
que l’hiver n’atteint
jamais — la mésange

au plus haut des arbres


h3s 697

quel souffle parcourt

là-bas sur le pré
parmi les feuillages
tombés comme flaques

sous les ciels de pluie

le vent est ici
ce qui passe haut
entendre et savoir

la demeure vide

 


h3s 696

haute et sur les parmi cimes

la lumière un soir
comme_une trouée toute
à ce qui finit

la couleur a pris

et c’est bien de vivre
que la main tendue
saisit qui accorde

le passage à gué


h3s 695

on sait delà soi

que les mondes tremblent
depuis l’aube même
on voit la nuée

la lumière sourde

tout est ce mouvant
pour aucun regard
sinon le dernier

qui approche ici


h3s 694

la lumière après

il ne reste que
l’ombre d’arc-en-ciels
et cela qui ouvre

le passage ici

un chemin de terre
au loin des haies rouges
les astres reviennent

d’un songe sans voix


h3s 693

c’est — une aube commune

le jour à venir rien
sinon cela qui brise
ici et sa lumière

prise sous les nuages

la pluie toute au silence
réverbère les ciels
dévastés de se perdre

la couleur rouge brûle

 


h3s 692

ce bruit haut — le vent

ou est-ce la pluie
sur la terre sèche
trop — la main comme_une

remue un feuillage

heurte ici le temps
et paraît la forme
complexe du simple

d’où la couleur tombe


h3s 691

la forme des jours

là-bas ce nuage
d’un gris plus haut change
la couleur des mondes

toute éparse et fine

on sait les lointains
et les ciels tout proches
plus encore ainsi

parmi la pluie claire