hs 128

rune
sans mesure
du souffle
la poussière

ici
le lit de pierres
sèches –– falaise
de ce qui fut

un amont possible des fleuves.


hs 127

quoi va
dessus les terres sèches
brûlées d’absence
le vent outre le vide

un songe
se perdre ici rien
parmi ce qui est
sans nom

puisque rien n’est à renoncer.


hs 126

on demeure
où revenir
à soi
et au toucher du vent

on sait
et l’abrupt
et la friche
et leurs replis confus son dédale

aller se perdre là — dans quoi il faut entrer.

 


hs 125

sans même
un regard
le jour blanc
mort avant

que ne soit
ici rien
du souffle
cela passe

la cime des arbres.

 


hs 124

là-bas proche
ce voile rouge
un lointain
par quoi l’aube

encore
à venir
elle — cet autre
ne cesse de toucher

ni d’être le possible.


hs 123

de quelle eau
ce rien mouvant
et l’odeur de feuillages
juste après

neuve — absente
comme la nuit
qui vient de toujours
au devant plus avant

les mains ouvertes.


hs 122

est-ce jour
aussi cela
qui coupe
en arrière de soi

les lignes de vie
laissées encore
on ne sait à quel
espoir

au devant des dedans les ombres.


hs 121

vois —  là-bas
un peu de soir
colore d’ambre
la ligne du loin

nulle main
pour reprendre ici
ce qui de soi cesse
tout soudain

où la nuit tombe.

 


hs 120

ce qui est
vivre
pour un peu
va en corps

un feu pauvre
sous le ciel
mort
sans oubli

l’insensé de à même le sable nos pas.
(l’inexplicable de)


hs 119

souffles
à renverse
et n’en rien
ressentir

on  tombe
tous les ciels
que songe
la nuit en soi

le fleuve à traverser.