h3s 219

c’est sans lieu

d’une aube l’autre
toujours ce qui est
même et autre va

et delà le temps

nulle foudre –seul
le hasard demeure
fatal

le un devenir nu


h3s 218

sans doute l’être

ce rien dessus l’eau
un corps immobile
l’oiseau de proie fond

—   du  le vide cela que détoure

l’absence n’a plus
autre lieu ici
que celui que dévore

la quelque nuit seule en soi


h3s 217

quelle l’heure

que troublent ici
le jour et la nuit
et quel équilibre

pour que soit l’instant

une voix posée
dessus le vide et l’angoisse
où aller pourtant

cette sur une
dessus l’eau immobile

 


h3s 216

le souffle ici connaît

l’aube à la fois nue
forme de somme le plain-chant
d’être ce qui naît

aux lointains le soir puis

une à une
les formes du nocturne
avant la rosée

qui avance sous l’ombre

 


h3s 215

le matin a brumes

à travers quoi
passe tout un
autre silence

dessous le ciel clair

est-ce la rosée
un voile de fatigue
ou le monde seul sous
ou bien la fatigue

un ce croissant de lune


h3s 214

les écluses encore

derrière elles quelles eaux
calmes et hautes pour un temps
avant que ne gronde

un bruit à retenir

quel vieux bois ferré craque
mais rien ne vient rompre
l’écume ni le vent

là où s’ouvre passage


h3s 213

cela de  ces riens des ciels brisés

dessous l’aube
la couleur rouge
des alisiers

et la lumière coupe

l’herbe folle ploie
un penser de vent
on où porte tout l’impensé
plume roseau l’éphémère

qui brûle jusqu’aux larmes

 


h3s 212

une brume un rien

des fruits tombés
de l’un à l’autre
verger

devant les yeux une cendre

cela reste un feu
la couleur demeure où
la flamme prend pris aux branches
mortes

sous la fumée des mondes choses

 


h3s 211

et tous les ciels basculent

peut-être là
chercher l’aurore
sans pourquoi

une eau vient trembler

ce que rien n’arrête
parcourt les reflets de nous toute surface
quelle note se dénoue  sourd

trouble au creux de la voix


h3s 210

ici comme sans

voix — le dire
et chaque phrase
brisée se brise net

ici cesse abrupt

un pas continue
malgré tout exister
au plus nu des mondes

la nuit fait sillage