h3s.233

la brume se dissipe

pour peu que le vent souffle
la forme du lointain
on entend le silence
cet autre pas du temps

et tout ici sera

au partage des ombres
le faucon pèlerin
encoche les cieux vides

ce que sera demain


h3s.232

sur la pierre sait le devenir

la forme rouge ancienne et courbe
creuse dans le sable le temps
une argile meuble souple s’en va

au bout de l’arbre presque mort

le chant un et multiple clair
la rivière renoue les mondes
le simple surgit du méandre

méandre qu’émane d’où surgit le simple
flotte un reflet simple

la lumière — un feuillage neuf


h3s.231

on entend du plus loin

un jour passe les lames
le bois des volets joue
la lanterne magique

tout ici est ce chant

l’image s’évapore
et c’est de devient la couleur
claire et pure — sans corps être

un invisible oiseau


h3s.230

une quoi approche c’est l’aube

l’arrête de calcaire
brûle les yeux du jour
contemplent le vivant

point tout au bas de ciels

ici est un infime
monde de terres claires
le soleil paraît l’être

que cherche le silence


h3s.229

c’est tout soudain dehors

le possible du gel
qu’éloigne la lumière
fragile on croit entendre

la voix des martinets

le ciels froids comme vides
tout un monde bleuté
pour la douceur demain

au-dessus des lilas


h3s.228

la pluie voile le jour

les feuillages lavés
luisent sous les ciels gris
et déroutent les flaques

un rien vient brûler là
au reflet d’une branche

dans quoi un enfant joue
à recréer la mer
ou la forme l’onde nue des vagues

la lumière du soir


h3s.227

au lointain ces futaies

la brume se dissipe
juste dessous les aubes
l’oeil devine un lointain

la roche perce l’ombre

on cherche la mesure
mais chaque forme change
celui qui les arpente

elle qui saît les sources


h3s.226

on entre un peu plus loin

un porche que le vent
entoure de grands cercles
et la pierre dessine

en une ombre tremblée

tout un autre rivage
parmi son inconnu
ici est un murmure

close autour à l’abri l’écart d’une flamme


h3s.225

entends comme ici tout

soudain devient cela
une harmonique brève
depuis l’accord des voix

parle un autre du chant

le cri n’est plus si haut
qu’on ne l’entende plus
ici il a parole

parmi l’ombre invisible


h3s.224

on dirait ce reflet

un passage de ciels
parmi ce que l’on voit
là tombé dans les flaques

être le lointain songe d’être

une eau multiple et brève
goutte à goutte la pluie
constelle quoi dormait

que chaque jour commence