« cri trouble ailé de la lumière quand elle meurt » (Ungaretti)

 


h3s 344

 

cela que cherche ici

sans jamais rien
renoncer devant quel
vide

un silence du dire

la voix peut se briser
le corps sans raison à jamais tombe
à jamais  hors de tout souffle hors

l’ombre delà la nuit


h3s 343

de l’un à l’autre ubac

on sait les sources
où la lumière danse
et toutes les clairières

la roche mêle et change

la couleur des sables cristaux
dessous le jour clair
l’averse qui s’approche

un rien au grain des voix


h3s 342

sans rive autre que celle

d’une ombre
déserte et brûlée
sans nom quoi flotte va

où voir va nouer être

et hasard et oracle
les brumes et les terres
ce dessein le fleuve et la mer et le sable

le seul chant possible


h3s 341

l’aube rouge autant

— les ombres sont plus longues
chaque jour un accord
plus bref autre

qu’ici vient habiller

un bruissement de feuilles
sèches sur le sol vif
entend comme on s’efface

de brumes tout au loin


h3s 340

quel hâle noir

on voile le temps
ce laps absenté
un vertige

seul à courir là

le reflet d’un oiseau
en vol bas tout un
de ce silence

sur une eau de plomb


h3s 339

quel dire dedans même

cela qui de soi
absente la voix
à la rendre muette

le mot nuit le mot vide

l’entour désert
où toute rosée
se perd

entendre un souffle continu


h3s 338

ces formes des sillages

de ce qui a été
le vent a fait tomber
un sable au goutte à goutte

la couleur et le temps

bientôt les rivières grondent
troubles de limons — des galets
s’entrechoquent d’obscur

puis les eaux des mondes les noient se referment

 


h3s 337

cela un quoi pour donner l’oubli

de soi
les saisons et se perdre
avancent sans retour

des ciels bas blancs

— on va dire les noms
de tous ceux qui ne peuvent plus
là aller donner et porter le souffle

comme_un continu on attend la nuit


h3s 336

la falaise craque

là  sous le pas
l’espace même se dérobe
on tombe

sans écho

on tombe
à part soi
nul devant

le vide a demeure