h3s 501

chaque forme meurt

l’espace des songes
demeure plus stable
que tout ce qui va

puis renaît ici

le vent quoi file — un empan
plus vaste que soi
parmi quelle écume

neuve pour un temps


h3s 500

un parfum comme_un

le temps a perdu
partie de sa morgue
partout du vivant

neuf — les aubépines

au bord des sentiers
la chaleur rayonne
les parfums débordent

et les haies respirent


h3s 499

partout la lumière

on ne saurait dire
ici ni rien comme
une image en cire
la cire une image

nue et sans visage

on entre plus loin
où de soi demeure
quelle ombre quel autre

aveugle qui passe

 

 


h3s 498

ce sont des chemins

on passe ici entre
ce qui fut l’hiver
et l’été qui vient

et le jour embaume

le lilas sauvage
est ouvert __ plus haut
des oiseaux récitent

la douceur de l’air


h3s 497

le lilas soudain

sans attendre rien
de la terre pauvre
à même le noir

tout empli de chants

cela qui revient
outre sa nuit même
mêle le jour proche

et le soir d’oiseaux


h3s 496

dehors de  quels ciels blancs

il semble qu’ici
chaque lieu se voue
aux songes qu’effacent

encore plus vides

les voix des lointains
revenues de quelles
contrées perdues toutes

d’être sans passé


h3s 495

ici qui connaît

l’autre des étés
et les gels ne peuvent
briser ni cliver

tout le prix
des ombres la paix

— l’éperon à nu
est demeure encore
on y voit des ronces

parmi les granits


h3s 494

geste de poussière

on aura beau faire
beau dire la voix
entend sous l’écho  porte sans écho

ce rien que dont le vent

un souffle plus froid
reste ici en vain tous les pas en vain
que puis seul le temps nu vent

après nous s’emporte disperse


h3s 493

la lisière courbe
comble accueille

un mur sans regard
et derrière lui
des pierres pour stèles
dressées

cela qu’emplit l’aube

une nuit sans fin
mais nul ne revient
de la  ville loin

un feu de rien brûle
sans pourquoi

 


h3s 492

quoi courbe les branches

ce n’est ni le vent
ni le temps ni l’ombre
tout l’  ici se déploie  exerce

quel un poids les attire
à les mêler toutes

delà la mesure
ces formes penchées
que les ciels reversent les ciels
et leurs propres larmes
versent quelques larmes

au tremblé des eaux