h3s 584

la peur soudain toute

sans un bruit une ombre
ou est-ce plutôt
un cri loin en soi

et cela résonne

on ne peut rien dire nommer
quel du sang dans la voix
qui vient dormir là

sous les ponts de fer


h3s 583

on dirait que le ciel

tout un tombé ici
à même son reflet
file sur la rivière

danse bleu devant l’ombre

on entend les feuillages
un murmure très doux
et l’image émouvante

où vont les libellules


h3s 583

c’est — une eau calme et verte

des allées claires rient
au droit des jeux d’enfants
leurs voix tintent font joie

toute sous la lumière

on voit vivre un reflet
des mondes se rencontrent
et l’image vient naître

— quel son dialogue d’ombres


h3s 582

soit chaque mot
comme_un lierre se pose

ce qui s’élève et luit
juste après la pluie fine
un peu chaude et trop rare

sur l’écorce des choses

cela est sans question
rien n’y mêle parole
le plus simple respire

la lumière des soirs


h3s 581

le jour déjà sans

un recours fragile
à ce qui du vent
revient ici passe

toute l’étendue

la ville plus loin
sous la nuée brève
un songe immobile

du solstice perle


h3s 580

la voix sur les eaux

ce sont des enfants
qui jouent quelle scène
étrange _ être là

un écho plus vaste

et chaque passant
reconnaît en lui
qui il fut plus loin

que l’ombre des arbres
d’être là étrange

 


h3s 579

qu’attendre du jour

cela que commence
l’une après l’autre
heure — sans rien dire
et que passer

sinon le fracas

au plus loin de soi
on entend les pleurs
d’un enfant qui rêve

de toute lumière


h3s 578

les oiseaux font aube

il n’y a plus rien
qu’un lieu évident
outre la nuit brève

au plus nu le jour

et puis delà soi
un souffle plus calme
cela sans raison

parcourt le silence
recommence à être


h3s 577

l’été a ouvert

ces feuilles pour l’ombre
et le bruit du vent
on rentre les foins

le peu — un rythme autre

sous la couleur calme
la nuée au loin
incline les ciels

comme le soir passe


h3s 576

la rivière amont

et dessous les arbres
c’est un lit de ciels
parmi les graviers

et le fleuve proche

le fil bleu des mondes
confie à l’inverse
l’image au silence

qui appelle l’autre