h3s 774

on entend en soi

le lointain du fleuve
ouvrir ce qui gronde
à même la terre

comme va la nuit

ce sont basses eaux
l’image des rêves
au mitan de l’ombre

calme le cœur bat


h3s 773

on entend au plus clair

ce qui est a parole
dessous la voûte ouverte
au plus dense des pierres

ici comme_une voix

le vent sonne plus nu
d’être là sur les chaumes
il semble même au fleuve

aller parmi le temps


h3s 772

on entend l’écho

ici comme_un chant
de passants anciens
sous les arches vides

déjà il s’éloigne

la lumière rêve
l’instant du silence
des statues s’inclinent

et l’ondée reprend


h3s 771

ce feu si ténu

juste après la nuit
comment peut-il être
cela qui revient

un liseré clair

une et l’aile légère
parcourt les deux mondes
que songe la vie

dessous l’outrebleu

 


h3s 770

des mots par-delà quel

autre corps que la phrase
pas à pas s’approprie
le temps plus haut circule

— sens vacant  — on va pour

quoi rythme le coeur-corps
il n’y a pas de fins
sinon d’être au hasard

et rien — le jour sans limites


h3s 769

la rive abstrait le vent
la nuit dessine abstraite

ici toute couleur
de plus en plus distante
laisse les branches dire

la nuit la rive et le halo

au plus nu de la forme
— on va reprendre pied retrouve regard
dans l’ombre plus diffuse

que font les lampes nues


h3s 768

de ces pauvres images si pauvres

sous le vent la lumière
il n’en reste que riens
et ce qui fut s’estompe disparaît

on ne pourra qu’entendre

comme heurte l’absence
au cœur de qui vit là
serait-ce sa nuit même

cela — un disparaître

qu’un écho s’amenuise


h3s 767

fragment — les ciels sur l’eau

et c’est pourtant ajour
noir d’encore la nuit
là-bas que forme calme

bleue comme tombée outre

la lumière du proche
— on va parmi l’hiver
et la neige absentée

 

rêve — en soi tout l’espace

 


h3s 766

tout au long des lisières

quelles formes sont là
on ne sait quelles bêtes
viennent paître la nuit

tout le lointain des aubes

et  surgir à ce rien
que chauffe le soleil
à naître — le regard

troué de place en place

 


h3s 765

le soir s’est enfui

avant qu’on ne soit
tout à fait soi-même
on ne voit plus rien

derrière le mur

sinon l’éblouie
de toute lumière
de chaque silence

alors quelle vie