h3s 472

une écorce blanche

cela se délite
des feuillets de peu
tremblent au vent doux

trop dans le jour nu

la lumière efface
la couleur première
toute forme tombe

à dire le simple


h3s 471

cela qui n’est plus

derrière soi rien
ni souffle ni corps
et quel dessein bref

rêve encore d’être

la nuée sans rives
et aller au proche
comme va au monde

l’encre des silences.


h3s 470

quelle ombre va le vent

on sait la haute mer
proche et lointaine aux cris
étranges des oiseaux

— toute sous la lumière

la vie se replie humble
aux belles flammes brèves
que font les lampes–puis

la demeure des sables

 


h3s 469

le sable des jours

sans que rien n’ait
lieu ni rive où naître
on avance là

goutte à goutte lent

un temps suspendu
dessus le silence
on entend que battent

les heures enfuies


h3s 468

les yeux grands ouverts

être comme sans
nom ni corps on entre
où aller respire

l’aube et puis les jours

la scène des mondes
dedans la pénombre
on entend un cœur

c’est là — le soir monte


h3s 467

les eaux hautes trop

la couleur des terres
cela qu’on emporte
et puis les regards

vont sous les ciels seuls

il n’y a pas lieu
de faire chose autre
qu’aller respirer

sans aucune fin


h3s 466

le vent — aller là

l’amont un appel nous appelle
pour qui n’est plus rien autre
cela seul demeure

même sans un mot

tenir ce rien d’être
une note nue
comme_un sable glisse

hors la main ouverte
tendre la main

 


h3s 465

et corps et souffle uns

eux qui vont devant
quel signe sans fin
que trace quelle encre

on dépose ici

toute l’eau de toutes
les larmes toujours
coulent et retombent

à même la terre


h3s 464

la rumeur comme_une

approche la forme une
quelle écume approche
exacte la rive des heures
— un vol d’oiseaux loin

remonte le fleuve

avant que le jour
n’excède la nuit
on va tout l’obscur

mais quel son amont


h3s 463

partout les ciels tombent comme

le loin n’a plus lieu
ni l’horizon place
parmi les reflets

flaques — la pluie brève

on dirait sans fin
la même parole
sans que jamais rien– dire

rêve la lumière