h3s 534

on va sans rejoindre

cela qui en nous
fait naître et le souffle
et ce rien des mots

jamais les oiseaux absents

l’ombre et la lumière
ici se renouent
on danse plus haut

parmi les soirs bleus


h3s 533

d’heure en heure plus

au fleuve l’ouvert
par quoi les jours fluent
d’une nuée l’autre

étrangère en corps

la lumière meurt
de plus en plus tard
et le soir s’envole

— un fétu au vent


h3s 532

ce sont des soirs nus

au loin de la mémoire
la terre sèche craque
des mains portent sans fin

ceux que laisse ici

cela qui a vécu
on n’est plus qu’une écorce
dont le vent seul joue enfin

de soi disparaître


h3s 531

une averse passe

venue tout d’un trait toute
et ce sont des cris
d’oiseaux vifs en vol

les feuillages luisent

les yeux se reposent
d’être eux aussi comme
ce ciel de nuages

dans l’odeur de terre

 

 

 

 


h3s 530

c’est parmi le peu

on va regarder
un silence comme
de tous ses yeux l’aube

le jour recommence

encore sans nom
une encre plus claire
bascule le ciel

neuf de son instable
que vient quoi apaise


h3s 529

&
soit
chaque regard porte

un pas vers le loin
il est là en soi
rien qui ne soit hors

l’étrange être au monde

la clarté plus brève
rêve le silence
l’instant ce don très fragile

que forme une larme


h3s 528

cela comme va

la rumeur du vent
parmi les feuillages
un balancier d’arbres

ombre la nuée

on entend l’orage
loin  — c’est arpenter
l’espace qu’on sent touche

mais rien une foudre


h3s 527

de toi des jours quel savoir

rien ne le peut ni
dire ni abstraire
mais c’est — une pluie

fait l’eau vive toute

trouble et indistincte parcourue de cercles
quels  cercles se perdent
c’est du peu  tant de riens
parmi rien la voix

émue et tremblée


h3s 526

dedans soi quoi oeuvre

ce n’est plus guère un
souffle ni un songe
mais l’un avec au don l’autre

la trouée d’un ciel

le hasard des routes
montre trace son infime comme un temps
temps — chaque change de visage

ouvert plus au vaste


h3s 525

la nuit dénombre
l’étoile rêve

quel pas est dehors
hors toute limite
dire seul a sens

de l’un à l’autre

le souffle s’apaise
où des roseaux bruissent
— l’étendue des eaux

nombre repli la nuit ouverte
rêve l’étoile