_ _33(b)

on sait la nef plus haute
des cendres d’un jour autre
mais voilà il n’est plus
ici le choeur est clair

dedans soi le dédale
déroule le lieu même
où être cette flamme
un rien perdu aux nuits


_ _33

peut-être est-ce la pierre
qui sait celui qui fut
sinon le vent demeure
seul immuable un songe

et pour passer le seuil
ces figures toujours
presque d’anciens visages
que ravine le aux ravines du temps


_ _32

quelle forme devant
soi une ombre qui danse
noire parmi la ville
il va falloir rentrer

au coeur de son silence
l’éclipse touche ici
avant la fin du jour
la voix de qui parlait


_ _31

entre le vent et soi
il n’y a plus rien autre
que ces arbres à nu
sur l’éblouie des eaux

peu à peu on rejoint
sans loin les cieux bas gris
où la lumière gèle
ce qu’elle vient toucher


_ _30

la danse des nuages
dans l’étale des ciels
brisés — comme sans voix
l’ombre des arbres brûle

dans le jour qui se lève
dénué de tout être
la lumière se glisse
sous le vent où circule le vent


_ _29

quelques poussières volent
parmi les feuilles mortes
les vitres sans reflets
demeurent des puits d’ombre

sur le monde la nuit
seul le vent désormais
pour dire le dehors
et la scène sans nom


h3s.352

on naît sous la dormance

les sons disent le loin
comme l’ici étrange
un calme avant la nuit

des arbres soudain proches

au profond des ravins
le torrent va toujours
aux versants en sommeil

où la neige demeure


h3s.351

jour comme sans lumière

on sait pourtant la roche
les racines aveugles
s’enchevêtrent aux terres

la nuée seule loin

rares les éclaircies
dans les éclats épars
on dirait une foudre

l’air clair trop soudain sonne


h3s.350

ici un songe va

c’est d’abord comme rien
attendre un peu de jour
le feu brûle à bas bruits

et l’air soudain plus sourd

approche le silence
on n’entend plus rien d’être
sans paroles — le temps

semble voiler le loin


h3s.349

la nuit tombe en falaises

le monde entier s’efface
et ce sont de grands pans
obscurs de plus en plus

comme savent les pierres

qui demeurent hors sol
les ciels pourtant reviennent
qui demeurent hors sol
rêver on ne sait quoi

être outre le silence