h3s 346

un toucher rêche

      la vie encore
      qui va dessous le froid
      ce ressac à jamais 

l’écorce et l’écume du rêve

     quels bois flottés
      çà et là viennent ici heurtent
      la roche puis la rive

chacun à faire son silence


h3s 345

des bitumes quoi va 

    on entend des mondes
    l’écho sec des soirs
    ou la pluie tard venue

delà tout l’obscur

    nul ne sait quel chant oeuvre
    quelle nuit où ne pas
    laisser et corps et souffle

on revient pas à pas


h3s 345

devant soi la nuit

le brouillard froid
et soi une absence
on va dans la rue

longue trop du doute

sans forme immobile
la ville autour dort morte
sous le ciel trop blanc

que nul  jour ne perce


« cri trouble ailé de la lumière quand elle meurt » (Ungaretti)

 


h3s 344

 

cela que cherche ici

sans jamais rien
renoncer devant quel
vide

un silence du dire

la voix peut se briser
le corps sans raison à jamais tombe
à jamais  hors de tout souffle hors

l’ombre delà la nuit


h3s 343

de l’un à l’autre ubac

on sait les sources
où la lumière danse
et toutes les clairières

la roche mêle et change

la couleur des sables cristaux
dessous le jour clair
l’averse qui s’approche

un rien au grain des voix


h3s 342

sans rive autre que celle

d’une ombre
déserte et brûlée
sans nom quoi flotte va

où voir va nouer être

et hasard et oracle
les brumes et les terres
ce dessein le fleuve et la mer et le sable

le seul chant possible


h3s 341

l’aube rouge autant

— les ombres sont plus longues
chaque jour un accord
plus bref autre

qu’ici vient habiller

un bruissement de feuilles
sèches sur le sol vif
entend comme on s’efface

de brumes tout au loin


h3s 340

quel hâle noir

on voile le temps
ce laps absenté
un vertige

seul à courir là

le reflet d’un oiseau
en vol bas tout un
de ce silence

sur une eau de plomb


h3s 339

quel dire dedans même

cela qui de soi
absente la voix
à la rendre muette

le mot nuit le mot vide

l’entour désert
où toute rosée
se perd

entendre un souffle continu