h3s 647

la lumière va

le sable du jour
craque sous les feuilles
on dirait que tombe

d’allée en allée

cela de plus noir
que même la nuit
entend comme_un fleuve
la rivière

perler dessous l’ombre


h3s 646

on entend en soi

un pas  inconnu
sur des feuilles sèches
mortes — on ne peut

pleurer quel silence

aller là — absent
et plus loin quoi reste
ici à demeure

delà son toute enfance


h3s 645

pour quoi le jour nu clair

l’herbe haute et courbe
accueille et la brume
et la lumière une

et si calme ici

le temps fait l’espace
clair de place en place
on dirait qu’on va

à l’ombre des nuits toute


h3s 644

là bas ce feuillage

et le chant étrange
que l’air chaud soulève
parmi le rien même

sec déjà brûlé

on sait le méandre
proche – et l’eau absente
toute revient contre
peut à revenir contre sous

cet arbre brisé


h3s 643

l’aube dans les ciels

un voile rouge haut
et l’instant s’efface
en formes fuguées

tout l’incertain tremble

la traîne des songes
fait brume du monde
sous les yeux l’ouvert

d’être au corps ce souffle


h3s 642

ici c’est encore

presque de la nuit
prise dans les branches
un sommeil d’hiver

ce que le jour offre

qui va loin delà
dire le comme_un
geste plus ouvert
sans savoir

la lumière a corps


h3s 641

et puis ici sans

brume de matin
la nuit a brûlé
le respir du pré

nous refait sa roche

et la rosée courbe
d’une perle l’autre
la portée du jour

delà les allées


h3s 640

c’est bien là-bas

au bout de quel autre
chemin perdu sans
jamais un espoir

que se démêlent

vivre des voix pourtant disent
qu’il y a clarté
un lieu qui recueille

toutes les eaux


h3s 639

c’est un trait de jour

le souffle reprend
les yeux sont dispos
aussi pour les ciels

delà les silences

on dirait d’un peintre
la couleur qu’éveille
ici l’aube simple

comme au loin de soi


h3s 638

et le gel épargne

on ne sait pourquoi
ici ce seul pré
pris dans le méandre

la rosée sur l’herbe

la lumière a chant
haut et doux toujours
parmi ce qui est

pour leur une grâce simple