h3s.075

delà quelle brume

la gelée dissipe
les songes mauvais
la nuit blanche trouble

les mots dans les aubes

on est quoi conflue
ici entre dire
et voir à toucher

ces lointains du bleu


h3s.074

ici c’est ici

l’air comme un cristal
immobile brûle
la peau se crevasse

que la terre cède

sous les pas un bloc
où tout le sonore
mue de place en place

et que l’eau se fige


h3s.073

on ouvre les yeux

il semble que rien
ne porte les mondes
pas même le vent

sans soi seulement

cela hante ici
qu’un espace flotte
comme on va dedans

la nuit un dédale


h3s.072

là — à peine un souffle

on ne sait quoi vient
ni quel le silence
— qui éclaire l’ombre

ce lointain — le monde

la danse des brumes
— une autre parole
arpège le jour les aubes

comme il va encore toujours

 


h3s.071

ici — un feuillage

plus rien autre  du sol de la terre
ne paraît — à peine
là-bas une stèle

et le vent remue

dessus les passants
les branches perdues
bercent le soir — terre
l’odeur de novembre

cela qu’il dépose

 


h3s.070

on est sans écho

pas un bruit dehors
le blanc sous les ciels
loin — un oiseau crie

ici comme va

en vain — dedans soi
ce rien– un répons
sur le vide dire

l’eau brève au silence

 


h3s.069

la lumière trouble

ici tout se brouille
la nuit et la brume
le froid et l’hiver

verse pour avant

quelques formes blanches
hantent la gelée
et les arbres nus

cela comme noir


h3s.068

est-ce le lointain

ces roches que l’ombre
baigne dans le froid
dès avant le soir

ou la brume simple

la gelée d’hiver
dessous quoi les sols
sonnent au plus haut

d’ici tout ce bleu


h3s.067

c’est comme du soir

dessus les collines
ici de brouillard
tout un soleil pâle

et le jour attend

la nuée — les ombres
rouges dans les ciels
on est où traverse

la nuit plus avant


h3s.066

c’est là comme on sort

le gel — ses aiguilles
et les mains soudain
sans toucher connaissent

bien après le jour

l’hiver qui vient là
délie les feuillages
dont les formes vont

errer dans le monde