Note

Éclairage artificiel, lieux d’artifice, la gare, le train, la pénombre de la vieille marquise. Motifs fer, motifs rouille, peinture brun rouge et dentelle fer. Verre louche du toit.  Le matin. Intérieur train, air non renouvelé. Touffeur.  Annonce trop forte. Sifflet. Mouvements.

Très vite implose le ciel de ce matin, du bleu et du blanc, dans les éclats de lumière, leurs  éblouissements successifs, les pupilles peinent à s’adapter à ce qui fuse de par-dessus les toits. Très vite aussi, les champs, de brun et d’eau, de part et d’autre. Au loin des cimes, lignes bleues et vertes,  accents du blanc dessus.. Trace de l’hiver, le froid dehors, le blanc là-bas. Les couleurs dansent ce matin, vert, bleu, brun, blanc, rouille des rails.

Se perdre dans ce que l’on contemple, au quotidien, dans le fil froid, minéral -infernal, le fil des jours, leur lente succession insensée, quoi que tous nous sachions où ils vont enfin. Et la surprise de voir l’éclat du ciel, là, au sol, qui transforme l’eau bourbeuse qui stagne. Pressentiment de l’inondation à venir, l’irruption de ce blanc, de ce bleu dans le brun froid trop dense de la fin d’hiver en plaine. Sentiment de l’éther tombé parmi le séjour terrestre. Restent des éclats de ciel, avant les éclats de voix.

Peu à peu renoncer à l’expliquer, trop fade et trop plate. On pourrait, en dépit de la complexité des mécanismes qui jouent. On ne veut plus. Le jeu est factice. Nécéssaire nous dit-on, mais factice. Fatras des masques et des discours, à pleurer. Seulement l’éprouver. La conscience au monde, les impostures humaines . La conscience, le monde.  Les postures d’imposture. Contempler lentement la conscience au monde, la conscience du monde.  Qu’importe d’où vient l’eau des larges flaques qui constellent la plaine,  qu’on ne peut encore boire, qu’importe que ces taches furent de la lumière, plus loin, là sur les cimes où d’abord elles tombèrent, puis connurent la boue des rivières et des champs, avant de trouver une ultime halte, au-dessus de la boue, où la lumière est à nouveau leur seul sens, et elles ce reflet idéel.

Rouille des rails, la couleur du contemporain, le rouge rugueux de la corrosion sa nostalgie, que l’acide du langage vient  défaire. Brune,  l’eau brune, l’eau verte, l’eau bleue, l’eau blanche. Mirroir. Mirroir de l’eau  sensible aux moindres images, au moindre frisson du vent . Elle  s’en ira rejoindre des profondeurs inimaginées,  plus forte des images réfléchies. Eau forte le langage. Trouver le sens au sein du non-sens. La profondeur comme l’obscurité du jour.


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