Vase communicant avec Sabine Huynh

Tiers Livre (http://www.tierslivre.net/) et Scriptopolis (http://www.scriptopolis.fr/) sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

Pour l’échange d’octobre, Sabine Huynh m’offre l’hospitalité de son monde scriptorial,  Presque dire comme je l’accueille ici même. Chacun de nous a écrit à partir des images de l’autre, autour de la « terra incognita » des cartes anciennes, mais qui n’est pas la seule « [lingua] ignota » qu’écrire et dire élaborent.

Pour présenter plus avant  Presque dire, je laisse parole aux mots de Sabine : « Peindre avec des couleurs qui n’existent pas, faire vibrer des notes qui se perdent, sculpter des formes imitant le mouvement, faire des films sans paroles, chanter des airs de rien, danser jusqu’à l’essoufflement, écrire jusqu’à l’assèchement… sans jamais parvenir à dire ce que l’on veut vraiment dire. Alors on continue. Ainsi, je suis condamnée à écrire pour presque dire. »

Outre son travail de poète ou de romancière, ses participations à la revue d‘Ici Là  (livraisons 7, 8 & 9 – à venir), Sabine est également traductrice (on peut la lire sur retors.net, ici et  ).

Terra incognita, nos hivers

de là où déraille la voix
et là où le mystère surgit
le vent s’enroule autour
d’une vague ignota

un cœur sombre
dans la touffeur de l’absence
les heures de l’espérance
caduque s’immolent lentement

illusion souvenir qui sait –  si peu
de nos hivers devient poussière
ailleurs même leur sillage s’élargit
chacun de nous – argile inexplorée

aux noyades interminables
terra firma terreur inconnue
désespère
nos pas fantasment

s’enlisent se défont – dense la douleur
démaille la raison
morsures traçant sous la glace
des pièges à mouvements

empreintes abîmées dans la mare
incognitum –  cartographie
de tourbillons tempêtes –  tentation
des galets du lac

où sont tombés les arbres
s’endormir si près d’elle
sans l’atteindre –  voir la rive
sienne –  l’aube levée sur l’eau

un soir d’utopie

texte: Sabine Huynh.

photographies: Jean-Yves Fick.


2 responses to “Vase communicant avec Sabine Huynh

  • Vase communicant avec Sabine Huynh | Les vases communicants | Scoop.it

    […] de là où déraille la voixet là où le mystère surgitle vent s’enroule autourd’une vague ignota   un cœur sombredans la touffeur de l’absenceles heures de l’espérancecaduque s’immolent lentement   illusion souvenir qui sait – si peude nos hivers devient poussièreailleurs même leur sillage s’élargitchacun de nous – argile inexplorée  […]

  • acc

    Bravo ! et en marge du texte « Peindre avec des couleurs qui n’existent pas, faire vibrer des notes qui se perdent, sculpter des formes imitant le mouvement, faire des films sans paroles, chanter des airs de rien, danser jusqu’à l’essoufflement, écrire jusqu’à l’assèchement… sans jamais parvenir à dire ce que l’on veut vraiment dire. Alors on continue. Ainsi, je suis condamnée à écrire pour presque dire. »
    C’est beau, juste, précis, poétique..
    Je la garde cette phrase, elle est précieuse.

Répondre à acc Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :