Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 768

de ces pauvres images si pauvres

sous le vent la lumière
il n’en reste que riens
et ce qui fut s’estompe disparaît

on ne pourra qu’entendre

comme heurte l’absence
au cœur de qui vit là
serait-ce sa nuit même

cela — un disparaître

qu’un écho s’amenuise


h3s 767

fragment — les ciels sur l’eau

et c’est pourtant ajour
noir d’encore la nuit
là-bas que forme calme

bleue comme tombée outre

la lumière du proche
— on va parmi l’hiver
et la neige absentée

 

rêve — en soi tout l’espace

 


h3s 766

tout au long des lisières

quelles formes sont là
on ne sait quelles bêtes
viennent paître la nuit

tout le lointain des aubes

et  surgir à ce rien
que chauffe le soleil
à naître — le regard

troué de place en place

 


h3s 765

le soir s’est enfui

avant qu’on ne soit
tout à fait soi-même
on ne voit plus rien

derrière le mur

sinon l’éblouie
de toute lumière
de chaque silence

alors quelle vie


h3s 764

on sait d’un jour l’autre

et l’aube et le soir
mais chaque lumière oeuvre
beauté sans retour

ce rien être ici

et ce rien delà
la barque qui passe
seule comme_une ombre
et on s’y tient debout et

qu’éveille la nuit


h3s 763

le temps cela seul

ces cris devant nous
nul ne sait s’ils sont
de peur ou de joie

une eau sur la pierre

et l’enfance en soi
au creux de la main
une flamme tremble

nue — un oiseau chante


h3s 762

un seul mot donné

que ce soit le vent
ou les nuits qu’importe
quelle barque prendre

et c’est devant soi

le toujours ouvert
de ce qui finit
terre — sous les soirs aux crépuscules

tout un paysage


h3s 761

on est sur le fleuve

la rive se joue
de nous soi et des brumes
qui sont ces estompes

l’erre des jours va

et le cœur se serre
mais quels un oiseau chante nt
juste au point jour

aux un lieu sans retour


h3s 760

la lisière est autre

sous ce rien de jour
quoi rejoindre en soi
sinon de toujours

la lenteur des aubes

la longue patience
des lierres s’enroule
— depuis un secret

retrouve le souffle

 


h3s 759

il n’y a plus loin

rien autre que ciels
dont les regards touchent
à tout jamais rien

que des branches noires

et chacun sait là
à même l’angoisse
naître les bourgeons

sous le vent absent