Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

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malgré tout on demeure
ici dessous les ombres
et la brûlure mêle
les larmes aux feuillages
il n’y a plus rien autre
que dire
comme est dedans soi
l’écorchure des ciels


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tout au lointain de soi
ces falaises grises
et l’ombre d’une entaille
que laissent les torrents
la fin des hivers
on renoue chaque source
où elle naît et chante
le corps plus clair d’être au désert


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il faut aller prendre congé
et de toute chose vive et
des ciels blancs sans regard
dessous quoi les pierres brûlent
les yeux que contemple
la forme du seul nuage
sans cesse changeante
mêlée au disparaître


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matin — de la lumière
point ça et là qui touche
et vient abstraire ici
— le temps qui va n’est plus
rien autre que cela
qui respire plus large
sous l’ombre de grands arbres
l’odeur de la rosée


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autour de soi
les voix mais quelles
toutes plus vastes
que les ciels et les soirs

on a pour demeure
une odeur de tilleuls
mais il ne reste rien
— seul le dehors du souffle


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derrière soi
et sur la peau
quelle la poussière
on entre ici
aux terres de granits
mais parmi les herbages
des vergers
rouges de fruits

et la faux


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c’est toute au simple
la fresque minuscule
une danse
d’ailes bleues
papillons et libellules
au bord des rives
on ne sait de quel rêve
ce monde



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cela
un peu de bleu
sans ombres
et ça et là loin
ou proches
des chants d’oiseaux
pour dessiner aux yeux fermés
l’espace du jour


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on entend
le soir clair longtemps
le jour à venir
— qui s’attarde là
au rebord comme_une ombre
si ce n’est tout le chant
juste parmi le simple
de qui va devant soi


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la forme cesse
qui jouait là
un si soudain silence
dans lequel une branche
morte tombe sans
fracas
autre qu’un bruit de feuilles
parmi les chants d’oiseaux
le visible reprend
un rayon de soleil
l’éclaircie parmi la pluie tiède