Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 433

la nuit et le fleuve

le passeur est loin
déjà hors de vue
presque le temps d’être

le vent vient œuvrer ouvrir

l’horizon appelle approche
le point que vient rompre
la ligne du gué

deux aux mondes sans rives


h3s 432

quoi bat entre deux

soleils les eaux noires
toutes d’éblouie
accueillent la nuit

le silence a voix

d’une rive l’autre
une barque presque
dessine la brume

puis d’un rien renonce


h3s 431

nuit et c’est de soi

la rue a changé
tout autre passage
celui dépavé

que le rêve tombe

un loin sans personne
heurte quel seuil autre
de la couleur s’ouvre

à ce qui importe


h3s 430

deçà les chemins noirs

cela au lointain de soi
un lointain oeuvre en soi
comme on cherche le pain
le corps encore chaud

quelles aubes déjà

une robe d’obscure
venue emporte vivre
parmi au cœur d’ un même feu

et brûle le visible


h3s 429

deçà les reflets noirs

ici tout vient qui tombe
et la  une chute si lourde
que pas même de plomb

quoi coule sous la peau

on entend comme bat
le cœur loin pourquoi stable
qui ressent comme s’éprouve un corps

des ombres que ces mondes

 


h3s 428

un pas encor’ parmi

le passage des heures
et le bruit d’une écluse
vive bleue sous les ciels

les choses du jour nu

pour qui sont la béance
et les eaux toujours neuves
les reflets d’inconnu

un bois d’oeuvre noir simple


h3s 427

aplats ce qu’ici

la ville délaisse
aux berges du fleuve
mais la crue absout

le pas démesure

le dernier méandre
qu’estompe la brume
au détour d’un pré

un lopin de givre


h3s 426

quel savoir des aubes

sinon le silence
de quoi passe ici
la main crépuscule

pour être le soir

plus avant l’ouvert
donne empan de soi
à ne plus rien dire
ne dit rien l’absence
avance un empan

delà ce qui songe


h3s 425

au peu d’un matin

immobile et froid
le givre prend corps
sur chaque rameau

sans pourquoi si proche

la nuit comme_une aube
l’hiver vient fleurir
la branche éperdue

un chant de mésange


h3s 424

soit chaque pas au noir

le soir tient de toute aube
le vertige des heures
il n’y a plus de lieu

le corps sans aucun nom

il n’y a plus visage
seulement un peut-être
dont & le plus simple souffle

avance  le connaître