Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 487

stèles que ces pierres

et la combe calme
parmi les silences
fait don de figures

dressées comme sans

— être parmi nous
les songes du vent
quoi va comme sans

un nom sans mémoire


h3s 486

plus loin cet oiseau

nul ne le voit ni
ne le devine un
–outre l’horizon

ce qu’ouvre son chant

à même la  nuit
enracine un monde
et le voyageur

ignore le soir


h3s 485

cela comme paix

on dirait la neige
haut revenue toute
pour quel temps ce rien

la nuit le silence

un bois blanchi sec
ouvre chaque porche
l’ombre passe là

contre soi s’ajoure

 


h3s 484

ces branches quel vent

un seul souffle passe
la crête nue haute
hors du sens commun

pour qu’elles s’inclinent

les ombres circulent
tout contre le flux
cela va sans voix

vers quoi ne meurt pas


h3s 483

lisière des pas

un don parmi l’aube que le monde
une quelque goutte d’eau
— le proche a pris forme
d’une goutte d’eau

cela une trace
ici en partance

puis la main du vent
qui ne laisse rien
qu’être plus avant

on va étranger


h3s 482

de soi — disparaître

cela a saisi
chaque mot au noir
sans parole aucune

sans plus rien qu’une eau

on voit comme brûle
la cendre elle-même
celle qu’on disperse

froide nue sans fin


h3s 481

la lumière joue

ce rien du jour va
au plus près des ombres
et quel chant vient naître

là-bas dans les arbres

un creux de rosée
la couleur s’anime
au proche des mondes
et cela qui brille

ce sont ses fleurs blanches


h3s 480

la vie au reflux

on sait que le vent
au sable se noue
au plus nu des mondes formes

derrière soi l’ombre

nul n’a plus visage
mais les yeux demeurent
ouverts à jamais

là-bas le soir tombe

 


h3s 479

un reflet sur l’eau

quoi élague l’heure
que le vent disperse
plus loin une cendre

les nuages frôlent

les chemins se perdent
de n’être plus eux
l’écho de nos voix

ce qui disparaît


h3s 478

un monde sans voix

des bruits de pas vont
de quoi on s’éloigne
yeux fermés ailleurs

on attend la nuit

non celle aux
ombres les visages
que l’on croise absents alors
il n’est plus temps d’être

ici comme rien