Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s.197

le vent s’est levé

comme on souffle ici
le temps des hivers
cela fait retour

sur les eaux brûlées

des oiseaux noirs passent
l’un puis l’autre sans
une ombre de vie

les riens disparaissent


h3s.196

quelle la forme nue

on sait la résurgence
claire parmi les ombres
mais rien ne la peut dire

on revient à quoi songe

cela que la parole
approche de toujours
dire le geste d’être

les passées des lointains


h3s.195

le temps immobile

les yeux grands ouverts
presque sur le seuil
tout un monde tient

entre jour et nuit

l’inspir et l’expir
et puis tout s’estompe
on entend des mondes

un chant l’horizon

quel dire un le chant ici


h3s.194

silence des riens — un silence

les grèbes caquètent
et loin les pourpiers ouvrent
un choeur de fractales

et là devant soi

les ciels sont toujours
le vide que nomme
la parole pauvre

qui est en demeure


h3s.193

des feuillages bruissent

on entend le vent
aller au plus proche
songer comme_une ombre

derrière la vitre

va éployer d’elle
l’empan de ses jours
un autre rivage

c’est tout de la nuit


h3s.192

figures ces visages

on les dirait pensifs
parmi on ne sait quels
bruits rauques cris — la foule

mais le temps chaque jour

une main inflexible
évide vers l’informe
et le geste et la voix

oeuvre leurs traits de pierre


h3s.191

cela de la rivière

passe sans jamais rien
retenir des images
cela ici n’a guère sens

un reflet de ciel flue

on va delà la chute
tout un chemin de pierres
les arbres sont tombés

sous l’ombre qui bourgeonne


h3s.190

images du nocturne

l’écorce des feuillages
secs juste après l’hiver
des voix menues aux vents

cela qui sans nom mots parle

le séjour où des livres
adossent chaque chant phrase
aux murs de pierres sèches

une braise dans l’âtre


h3s.190

soient l’absence et le vent

le regard sur les ciels
devient peu à peu nu
presque trop clair béant

quoi vient ici entendre

le silence que creuse
le souffle qui reprend
avère tout un monde

comme les volets claquent


h3s.189

c’est d’un soir — les ombres

on les dirait être
celles au noir du temps même
ou bien des d’autres chimères

longues comme loin

les fables le disent
les mondes finissent
toujours et partout

ces fers dans les plaies
brisent sur les rues