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infime 110 – [hors-série]

visages mais
sans traits ni voix
ni regards

sans plus rien autre
que le vide d’être
cela ici innommé vacant déjà mort.


infime — 109

bruits dans le jour neuf
mais comme sans air déjà
alors aller là aussi

un avion passe
le balai des éboueurs racle
on ne sait trop quoi de sale

le monde aujourd’hui.


infimes _ 108

à qui erre sans voix
les laisses du monde _ et accueillantes
et douces comme sables

et puis l’oubli
comme une main efface
la théorie des pas pour qu’un peu d’aube soit.


infimes — 107

la digue dessous les arbres
et tout auprès des flaques
des miroirs de se mouvant bleus

et toutes les lumières
tombées d’entre les nuages
ô les trop fugaces.


infimes — 106

cri simple
au nom du soir
dessous quelle aile
cela vient-il mourir

ne renoncer rien

aller plus avant
—  l’ombre de grands arbres
déjà fait toute pénombre
une feuille sèche tombe

où respire le silence.


infimes _ 105

la pierre

des arches
sur l’eau verte emportée
on passe indifférent

forme rêveuse

un reflet brille
ce n’est qu’un remous
qui vient éclore sous le pont

insensible.


infimes — 104

bruits
comme de nous les pas
se détachent tout uns au rythme

humble mesure de ce qui allait là — sorgue

— entre deux respirs
le souffle le silence
— à se perdre

sans trace ni mémoire au plus simple du fleuve.


infimes — 100

le feu n’avait rien d’être
que son seul lieu et passage
flamme toute auprès de lui

la couleur grise dénouée
aiguise la pierre anguleuse
— de l’âtre monte la colonnade une chevelure de du vent.


infimes — 98

que cesse ce peu
de choses que donne
le temps

et comme sans sagesse

l’instant
tout soudain reparaît
qui brille éblouit

la nuit même d’où il retourne.

 


infimes 97

mêlés
à l’eau vive
qui rejoint contrebas

le fleuve
ces arches de limon
et la lumière du soir.