Archives de Catégorie: [Arbor] comme avancer loin aveuglé

ekphrasis 3

surface sillonnée
de quelle main
de quel pas monstrueux

l’abattis immense
on avait foulé tout
un sommeil blanc les arbres

la baguette de sourcier
qu’éprouvait-elle du hors champ
qui était intensité ?


ekphrasis 2 : cercles

La trace noire au sol
cendres de ce qui fut
le vol d’un bel oiseau –  feu de lui-même

il ne restait d’intacts que des rameaux
la plongée sourde la racine nue
et l’obscurité ce séjour terrestre

au lendemain le givre
ferait briller parmi les ombres
et l’aube éteinte rouge

un grand cercle blanc- son envol.


ekphrasis 1 : lentement s’effacer

Le vent ou l’hiver l’avaient renversé
d’un seul souffle violent mauvais et glacé

il était couché ne gisait pas
sa vie n’était plus qu’ombre de rêve
ligne ou brume posée sur le regard

dans les branches la sève ne circulait plus
les oiseaux avaient nidifié
les herbes sèches bruissaient autour de lui

on espérait que le fleuve l’emporterait
ou que ces terres l’engloutiraient.


26 Un noyau de nuit [« comme avancer loin aveuglé » -déploiement III]

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Un noyau de nuit comme avancer loin aveuglé[ déploiement III]


24 Fugue variation continentale

Il a vieilli parmi eux l’Inconnu
qui veillait dans la cité ancienne
il est resté pour contempler l’eau d’une source

entendre le chant qui naissait au fond du puits
emplissait ses jours d’une musique très douce
il sait qu’ aujourd’hui il lui faut partir

il franchit la porte  revient à la forêt
il connait le pré où sont les ombres de ceux
qui comme lui passèrent

près d’une stèle de granit
dont les lettres s’effacent
ici il s’en ira rejoindre

le chœur impromptu
– il sera parmi les siens
le vent dispersera ses cendres- .


23 Fugue variation continentale

Lui l’étranger il franchit la porte
il se mêle aux passants il disparaît
dans la foule qui se presse un simple regard

posé dans une oblique  subtile il retient
ce que lui seul peut voir il n’est pas de la ville
il n’est plus de nulle part si ce n’est du lieu

où chatoient les ombres et les couleurs
les formes et les figures du monde
prises même parmi la cohue et l’absurde

il demeure dans l’orbe du visible
il sait bien que le grand fleuve qui y scintille
se perd dans l’estuaire avec tout ses reflets

il n’y peut rien il y aura peut-être un havre
ourlé par une ligne d’écume légère.


22 Fugue variation continentale

D’où il est il ignore tout
la forêt et la rivière s’effacent
il marche sans fatigue vers la lumière

elle perce les blancs au bout de la perspective
il arrive à la marge d’une futaie dense
sur le sol s’impriment traces de pas

il ne sait s’il peut se réjouir de n’être plus
perdu – il revient auprès d’une ville
on en distingue les murs et la porte haute

est-ce bien là qu’il doit aller?


25 – comme avancer loin aveuglé [un déploiement]

disposition et premières reprises, avec échardes dans l’écrire.

comme avancer loin aveuglé[ déploiement II]


24 [ Fugue]

Il avance aux éclaircies que laisse le feu
son cœur est une île où s’effacent les chemins
dans la lande il nomme les arbres et les plantes

reflets– l’eau d’une source vive passe
ce rien qui s’écoule demeure sur le sable
infini frêle et juste le chant du ruisseau

la lisière puis s’ouvre l’Océan
les arbres sont hauts les futaies sont claires
constellations– des astres s’élèvent du large

ce qui éclaire est contrepoint.


23- [Fugue]

Lui l’étranger il flotte sur ce qui le porte
à peine poussière au creux d’une main immense
rien ne lui pèse plus ni la peur ni le froid

lui qui erre à la surface bleutée du flot
sa rêverie sait qu’ Icare volait de même
l’Océan le retient sur l’abîme il l’accepte

il semble qu’on le dirige vers l’horizon
presque droite se fait son orbe courbe
il file plus vite aperçoit l’extrême bord

un geste imperceptible change l’impulsion
une vague le dépose sur un rivage
le sable est doux sous ses pas arrive le soir

il n’est pas essoufflé il est serein
il est debout et regarde les dunes
la brise tiède ou l’été anime la terre

il suit la ligne d’une écume très légère.