Archives de Catégorie: a_symétries

infimes _ 88

aux fleuves seuls
on laisse et la crue
et la furie des eaux

de soi se cherche non pas
image ni rythme mais
comme aller au devant

de ce qui sans nom donne rive à vivre.


infimes — 68

la lande
et dessous l’échine
toute du terrestre

les granits
et les sables affleurent
chaos ça et là  ensouchés

qu’efface la caresse brutale du vent.


infimes_54

feuillages
et caducs
les mots pauvres

cendres

toujours ici
qui demeurent
dans le vent

à enraciner les ciels et les gris.


infimes _ 45

la nuit
ce qui n’est pas
le fleuve
mais passer outre
le pont dessus
la surface
en éclats
le fer et
les parts brisées
ces branches comme mortes
racines
de quels arbres arrachées
par quelles eaux

on a marché pour un temps hautes sur la rive haute.


infimes _ 42

ici qu’es-tu

du sinon ce rien

sinon et la pierre

et le doute

roche meulière
que peu à peu
le fer du temps
scarifie à même le grain
   — elle se délite _ mais

et qui vois pourtant la voûte ne cède pas.


infimes _ 39

le pain sur la table
et l’eau
la coupe de fruits
le geste le plus simple
économe
presque pauvre
renouvelle le jour
chaque jour renouvelés
et les gestes plus simples
on est
de ceux qui ne sont plus
de ceux
que le silence porte
tresse la tresse de mémoire

à revenir retentir retentit dedans chaque les voix.


infimes_17

dessus
ce peu de lumière
le crépuscule
dont rien ne dit s’il entre
ou sort de la nuit

on a levé les yeux à même le silence.


a_symétrie– 216

on a vu du lieu
un feu renaissant
danser parmi l’ombre
cela comme un feu

— la mémoire mêle
le regard distant
de quoi vivait  chantait là

à ce qui n’est plus
sinon à ce rêve
d’entrer sous les arbres

sans autre lumière qu’aller devant soi vivre.


a_symétrie — 215

on laisse de soi
aller affluer chaque geste
après tout écrire

qu’est-ce sinon ici
rien
un geste signe très bref

et la pierre d’être
lancée sur l’eau noire
sans un bruit

traverse rencontre son ombre avant disparaître.
pour elle seule
.


a_symétrie — 209

le soir
a passé le seuil
où rien

des ombres
— une cime apaisée
brûle haut

sans un signe
l’éventaire de la nuit.