Archives de Catégorie: Icaria

h3s.430

le seul mot myosotis

tache bleue et fragile
et pourquoi vouloir tant
nommer — dire le rien

le vent une herbe folle

le peu suffit pour être
soi — une larme claire
les yeux voient à nouveau

partout une autre langue

vergiss mein nicht


_ _97

quel autre du pas

autour de soi
on sait les ciels toujours
et un surplomb

au-dessus des ombres

de seules herbes folles
on passe sans détours
le gué et le vide

juste avant la chute


h3s.429

est-ce d’un songe cela

quelques brumes loin
hier où fut le jour
clair

l’air vibre mais de quelles notes

en dehors
le monde comme_un décor net
mais quelle la pièce

et ce qui se joue là


h3s.434

on reprend la vie

pas à pas
les eaux claires fluent
qui sont une demeure

de la lumière sourit luit

aux formes éphémères
le reflet des nuages
toujours si éphémère
retient la couleur neuve

au creux des nénuphars


_ _96

on sait la dérive

la nuit un continent
doucement s’efface
et cède une après l’autre

des étoiles connues

parfois la nuée d’une aube
qui prend aux lisières
laisse transparaître

une ligne de fuite


_ _95

un temps — trop plein des heures

et fixer le sable
le vent lent et lourd
de presque l’été

et tout s’écoule lentement

des coquelicots ouvrent
la couleur froissée rouge
fragile — avec eux on oscille

le monde va instable



_ _ 94

pour peu qu’il se lève
le vent du nord emporte
une poudre sèche rouge

qui peut être fut
limon ou cette argile
dont on avait pétri

ici un vase
et de plus loin forgé
une forme humaine


_ _93

deçà la couleur
mêlée — des ombres

des bruits de peu des cliquetis
ténus comme riens
parmi le bruit blanc du monde
déjà une musique

presque de haute
mélodie
quand l’une puis l’autre
voix taisent le babil

du jour
puis le silence


_ _92

un à un les ciels
se voilent comme se ferme
l’horizon et le loin
sans que de l’orage

nul ne soit un autre signe
que la nuée plus sombre
là-bas qui s’avance
parmi un silence lourd


_ _91

ce ne sont que des riens

parcelles çà et là
éparses sous le vent
et les sillons accueillent façonnent
la semaison

et plus loin
l’aire nourricière se voile
brume où l’on dépose
le poids des récoltes

que le vent vient cribler