Archives de Catégorie: Icaria

h3s.358

est-ce encore une rive

on entend les oiseaux
haut qui cherchent asile
parmi les roselières


ici comme_un flot bleu

la lumière qui tremble
prise de feux épars
scintille — le lointain


brûle de part en part


h3s.357

on va loin dans le soir

parmi cela qui passe
et la brume du temps
s’anime brûle l’oeil sur la digue

où les ombres s’allongent

comme on quitte la scène
le rêve ne retient
rien de ce que fut vivre

la résurgence brille


_ _ 13

que sont ces pavés
inégaux brisés
la forme des rêves
que le vent balaye

et l’averse lave
la cendre des mondes
qu’ici on recueille
de toujours en vain


_ _ 12

on sait ici le peu
être ce que le vent
n’emporte pas plus loin
que la flaque de ciels

et la dernière averse
laisse parmi la boue
un feu de couleurs nues
où les soirs vont s’éteindre


h3s.356

c’est comme un jour neuf clair

mais tout attend que tombe
ou l’averse ou le gel
sur la terre assoupie

que voilent les nuées

au plus lointain du voir
— tout doucement s’endort
on va dire en silence

un théâtre de songes


h3s.355

presque rien un galet

la main va saisir seule

sur les eaux la lumière
quelle ici la mémoire
brûle tout d’un seul geste

et la main vient saisir

presque rien un galet

quoi renoue son enfance
à la forme parfaite
où repose d’un monde

le creux de sa poussière


h3s.354

l’œil note le décours

le temps broie sous la hache
grise des brouillards
tout file et disparaît

des jours — la couleur flambe

— plus haute dans les arbres
la lumière tremblée
rejoint l’heure où l’on tombe

parmi cela qui est


h3s.353

que garde la forme

la main a confié
aux pierres ce don
d’être sur cette eau

— elle l’étrangère —

l’arche et le passeur
ne savent encore
rien qu’aller devant

ici d’où l’on part


h3s.352

on est déjà au soir

on erre dans le monde
pour revenir à soi
le vent dessus les cimes

on lève les yeux vers

comme_un chant sait demeurer
toujours où les nuages
vont peindre au crépuscule

ce qui ouvre les ciels


_ _ 11

on va comme on se perd
au simple bruit de pas
s’envole un cri d’alarme
et delà quels repères

sinon l’éclair léger
de l’eau juste dessous
les frondaisons – la digue
s’éloigne au droit des friches