Archives de Catégorie: Icaria

h3s 361

retour parmi soi

sans aucun regret
on quitte le bruit
vain que fait le monde

de quelle eau plus haute

à l’amont des ors
la ligne des arbres
la rosée que fait
cette pierre brille

le silence brûle


h3s 360

cela et ce jour du connaître

la chute des nombres
puis le temps atone
cela qui se creuse

au sein de la nuit

pour que jamais rien
ne semble ce monde
rien pas même le point

d’où vient la lumière


h3s 359

qu’est-ce là

on entend que vient
presque tout contre soi
se creuser un laps

du jour mort

le pas va et bute
sur des pierres sèches
ces décombres — tout autant

être sans parole

 


h3s 358

ces lignes d’arbres hautes

et la nuit toujours
à traverser seul
quelles terres semées de sel

de loin en loin plus proches

les roches tombées
aux formes étranges
leurs patines troubles
brillent de paraître

nues comme point le jour


h3s 356

de loin en loin

les breuils effilochent
des lambeaux de brume
delà quoi la couleur reste

cela que figurent les choses

un dessein sans nom clame
à mesure des ombres
le temps

lentement disparaît


h3s 355

ce regard que sait-il

de cela qui rompt
brisé d’on ne sait quel
geste rageur  & sans regret

le monde en friche retient  abrite

pour un peu cet arbre
dérisoire la parole et le pas
pour qui cherche encore

çà et là un espoir de rien

 

 


h3s 354

là tout soudain quoi

l’aube déjà
en allée vers soir
une brume

passe ce qui est

chaque jour ce rien
le corps va au-devant
où les heures sont

le vide et le vent


h3s 353

le jour opaque

rien sinon le gel
la nuit et le brouillard
toujours

devant soi absent

un corps avance
vers quel autre nom
la vie a sens

blanc sans partage

 


h3s 352

la lumière friable tremble

à chaque branche
on voit encore
des grains de couleur

comme un sable s’écoule

une part des mondes
chute sans fin
le temps en suspens rêve

au lointain de tout fleuve


h3s 351

delà les ombres longues

un pas continue
qui côtoie le givre
et l’absence

le temps revient opaque

comme une eau afflue
noire sous la barque
_ mais quel le passeur

au décours des nuits