Archives de Catégorie: Icaria

sonne_13

la dernière très maigre fenaison
que sèche un dernier soleil dernier
regain pauvre sans espoir
mais sûre offrande aux oiseaux
et la brume du matin
diffuse parmi l’espace
un fantôme dans l’image
diffuse parmi l’espace
ici si peu que cela
que songe malgré nous être
ici si peu que cela
seulement un souffle clair
dont chacun des voiles bouge
doucement parmi le temps
on éveille son enfance s’éveille presque enfant
à la merveille des aubes


frm_13

quoi détoure la futaie
depuis les chemins perdus
on va dans les terres sans
pierres mais reste l’écluse
et l’écume par quoi file
l’eau mais d’où venue ici
même si le fleuve proche
emporte tous les ruisseaux
la question demeure entière
des sources des affluents
au sein même de la friche
le dédale perd tout sens
d’antiques visions s’effacent
malgré leurs desseins trop clair
l’antique vision s’efface


sonne_12

regarde les passées bleues
des ciels derrière les arbres
qui portent encor’ feuillages
l’été murmure ici quelque
présage depuis les formes
brisées la terre reprend
pour humus cela qui tombe
où la rivière ruisselle
le lointain vient accrocher
çà et là dans la futaie
les signes d’une présence
tout une et entière d’être
la vie avant les sommeils
et la lumière d’hiver


frm_12

on sait derrière les ciels
ceux qu’imagent les nuages
sans jamais nommer rien d’être
le temps file un simple songe
delà chacune des formes
toujours plus muable encore
qu’un murmure de paroles
un dire bas sous les voûtes
et tremble l’ombre portée
au sein même du plus simple
espace de la couleur
cela qui marche sans bruit
ni trace le sable ici
demeure une toile vide


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un tohu-bohu d’étoiles
la nuit vient ici cesser
le tohu-bohu d’étoiles
après un plus haut silence
— la pluie a cinglé l’espace
l’eau noire opaque des ciels
mêlée sans fin des orages
recommence tout du monde
un chant improbable bruit
sous le vent ici sans nom
un feuillage comme joie
et la musique du temps
danse sous l’ombre des arbres
un rien de lumière tremble
geste des heures votives


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quel temps parcourt les lointains
après une averse d’aube
le rien des souffles paraît
comme _ une brume de mondes choses
çà et et là tout disparait
du paysage qu’estompe
l’air des matins clairs et froids
bientôt ce seront les nuits
sous les ciels des hivernages
le lent travail des gelées
à même la terre noire
sans même plus haute fin
que reprendre de toujours
le nouveau sacre de vivre


sonne_11

la faux est passée ici
où la terre et l’eau se mêlent
delà le dessein des vents
un rien de poussière vole
la chaleur et la mort jouent
de toujours sous les yeux même
la vie toute une merveille
cruelle parfois aussi
aimante tendre et amère
la rivière file verte
rejoindre le cours des fleuves
les rives à nu sont noires
on ne voit que trop le sable
chercher aussi le repos


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c’est à l’abord d’une devant un banc de brume
on sait que le jour commence
quand voir peu à peu se ferme
disparait on respire où le jour point
un peu d’aube reste aux ciels
juste et impassible bleue
on sait la demeure rouge
d’où surgit toute lumière
l’abandon nu à jamais
gronde derrière le bruit
du temps qui grince s’éraille
parmi les objets brisés
quoi cherche ici de toujours
recours au plus haut silence


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on chemine sous les arbres
et le pas rejoint les souffles
la forêt d’après l’averse
respire se remémore
l’antique delta d’eaux claires
où s’enchevêtrent les frênes
aux saules dessous les chênes
les taillis lentement dansent
la lumière vive du jour tourne
et le cri du faucon haut
passe l’ombre qu’il transperce
plus loin dans les prés l’ouvert
reprend pas à pas figure
au un monde deçà le temps


sonne_10

cela de haute mémoire
regarde depuis les ombres
chacun des deux crépuscules
— la foudre s’est absentée

seule la vie continue
des branches bercent la berge
vive encore d’être là
presque au partage des eaux

les ciels ont des reflets noirs
dès lors que la source mêle
l’origine et les fins d’être
les ciels prennent reflets noirs

ici auprès du seul fleuve
la barque approche sa nuit
que déchiffre le passeur