Archives de Catégorie: Icaria

h3s 554

derrière l’eau noire

on voit pourtant que
brillent des reflets
mais de quels soleils

il n’y a plus rien

le héron gris guette
ce que nul ne voit
delà le vivant

qu’un autre silence


h3s 553

est-ce la voix seule

le calme du soir
quand le vent retombe
sans nom             comme un rien

qui s’éraille ici

la corde tendue
trop haut vient se rompre
parmi ce qui est

ou cela qui parle


h3s 552

c’est là        tôt sous les yeux

le vol des martinets
noirs — haut dans les ciels gris
l’aube toute     en nuages

une flaque        la pluie

sa robe lumineuse
tenue comme une note
seule  — tout est éclipse
disparaît s’évapore se dissipe

ces reflets et le vent

 


h3s 551

là juste dessous

le monde qui vient
griffe le sol nu
stérile soudain

les arbres se courbent  perdent

parmi le ravage
on va laisser tout
les chemins se perdent

ou se brisent net


h3s 550

sans savoir ici

on entend un souffle
qui meurt d’aller là
mais cela appelle

quelles les voix proches

on tombe de n’être
un quand l’autre écho
forme des silences

le vide se cherche


h3s 549

cela comme un rien

il semble que tout
soit déjà plus loin
que le simple pas

la vie — la lumière

un regard entrouvre
le temps que libère
la porte des granges

ces poussières dansent

 


h3s 548

le vent plus léger

c’est déjà le soir
après que rien autre
n’a eu lieu que l’aube

semble
comme_une parole
presque dire

on penche vers soi
que porte la terre reprend
à même le les formes du monde
que porte la terre

ces coquelicots


h3s 547

qu’entendre qui soit

la frondaison même
où l’orage accroche
son erre tangible

un envers du monde

la couleur des eaux
tremble sous le vent
rien n’a plus lieu d’être

sinon ce qui passe


h3s 546

trilles dans le jour

l’espace d’un songe
qu’arpente le chant
trop net d’un oiseau

et le temps plus long

un don qui se fait
d’errer au long cours
toute âme éveillée

corrode la nuit


h3s 545

une eau très claire

ce n’est guère le corps
sur la pierre nue
encore d’été
ce n’est guère rien

parmi le soir

sinon ce qui souffle
de soi insoumis
à quelque dessein

et le vent calme