Archives de Catégorie: Icaria

h3s 716

murs — la nuit qui vient

on touche le froid
grenu de la roche
ici comme stèle
le grain de la roche

et nulle part rien

on entend le vent
et un bruit de branches
mortes — plus un fruit

qui ferait obole


h3s 715

la voix —  d’une nuit

on n’entend jamais
parmi ce qui est
le silence vrai

l’autre plus au noir

devant quoi s’efface
la fuite des mondes
notre mince  espoir

— et delà qu’attendre


h3s 714

on attend la couleur

et chaque pas plus loin
écoute comme on va
être au recueil de l’ombre

rouge dans les nuages

la main offerte accueille
un silence avant l’aube sans neiges
on retourne à l’ouvert

c’est sous tout l’empan des ciels


h3s 713

la nuée sans fin

contre quoi les yeux
se lèvent en vain
comme le pas bute

et la pierre tombe

on ne sait rien d’être
ici à jamais
flue loin de nos mains

delà quelle eau noire


h3s 712

la chute du temps

brute d’être là
un pavé de nuit
et la main le jette

comme_une colère

parmi quelles flaques
de quelle pluie noire
contrebas le fleuve

gronde et cataracte


h3s 711

puisque le jour est

sans autre lumière
que la nuit venue
on attend une aube

dedans ce visage

on ne se rencontre
un corps tout entier
et rien qui ne soit
sans jamais savoir

quel est ce regard


h3s 710

on devient l’obscure

forme sans visage
au sein du méandre
le brouillard a pris

arche de ces voix

dessous quelle voûte
l’absence d’écho
a corps insondable
sans fin

que la nuit accueille


h3s 709

encore le temps

delà les nuits longues
les ombres plus denses
on erre toujours

d’aller par ces riens

sous les pas un bruit
ce sont feuilles mortes
juste avant la neige

où le dire échappe


h3s 708

on revient si vite

ou est-ce vieillir
cela que la pierre
entraîne toujours

au même temps long

sans fin elle tombe
là nos corps debout
encore d’un souffle

noir presque sans jour


h3s 707

cela qui est là

on ouvre les yeux
delà le froid terne
la lisière nue

que le brouillard voile

le givre sur l’herbe
pauvre de l’allée
— lumière de riens

on s’éloigne en soi