Archives de Catégorie: Icaria

h3s.293

de tout cela aucun

autre que soi — la cendre
on a dormi ici
auprès des derniers feux

bien — rien hors de connaître

un geste puis des voix
le regard du nocturne
et tout va qui appelle s’éloigne

ici comme_un plus loin


h3s.292

l’aplomb de tout silence

un lieu sous les nuées encore
l’orage passe loin
la nuit comme sans bruit

et la source se trouble

on est au lieu que parle
ce que rien ne vient dire
au lieu au creux même d’entendre

la pluie d’été encore


h3s.291

un vol de faucon loin

ce seul instant — qui passe
et partout au-dessus
des prés ou des lisières

que sait le vent d’été

on reconnait après
toute la vie du simple
d’où il faudra partir

ici est comme sans une ombre


h3s.290

sans peur comme si rien

la pluie d’été plus dense
ne laissait à entendre
que son bruit sur les toits

les martinets noirs jouent

un peu plus haut — les arbres
enracinent toujours
et la nuit et les ombres

dessous des ciels d’orage


h3s.289

c’est toujours au défaut

des eaux claires d’été
que la voile déchire
la surface des ciels

du jour que le rien frappe

on entend par le monde
des cris sourds et puis des bruits
un chaos sans dessein paroles

tout devient insensé


h3s.288

être ici ce qui cesse
ici — d’être quoi cesse

on va de loin en loin
chercher des yeux un creux
cela même qui manque

le souffle sans plus rien

dire — un simple fredon
sans aucune parole
delà l’écho un monde

— il demeure ce vide


h3s.287

la pluie d’été que grise agite

l’eau trouble déjà mue
la couleur des feuillages
s’efface lentement

le vol des hirondelles

dedans le soir des voix
toujours et puis plus rien
un grand calme s’étend

dessus les prés fauchés


h3s.286

c’est ici l’aire seule

et c’est encore vivre
où de soi on ne peut
que renouer le souffle
et la voix sur des gestes

que les ciels ont battu

bien en amont du jour
on entend le plus simple
de vivre sans pourquoi

comme allaient d’autres pas


h3s.285

c’est bien là une danse

les façades s’éclairent
une à une les ombres
viennent tordre des formes

la vie à peu de bruits

ce presque rien du temps
un seul instant précaire
fragile et suspendu

puis les ciels se referment


h3s.284

une voix sous les arbres

mais aucune parole
sinon l’ombre indistincte
d’une phrase perdue

dont jamais rien ne dit

quelle étrange contrée
parle toutes les langues
et c’est plus loin que soi

cela que l’on sait être