Archives de Catégorie: Icaria

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cela que les voix hautes
des nuages clairs cherchent
où aller et que dire
mais on sait le silence
être le seul séjour
pour qui ne sait plus rien
sinon les reflets d’eaux
— songes que le jour draine


_ _136

quel dire pour la seule
nue que le vent délaisse
là-bas vient effleurer
la dernière parcelle

haute dessous le temps
une voix sous les arches
reprend comme _ un murmure
des plus simples feuillages


_ _ 135

quoi attend ici
l’autre — du sol sec
rien ne peut jamais
surgir — mais la pluie
peut renouer seule
le possible à vivre
même si le temps
désormais est court


_ _134

le coeur rime et rythme
où dehors toujours
vient crier bas
et c’est l’aube
ou le soir sans
ombre de grisailles
la lune se lève
une lumière bleue en cendres


_ _133

ces mots — simples songes
— et tout ce qu’éclaire
l’eau mêlée de jours
filent les lointains
comme les yeux brûlent
plus à chaque pas
qui se fait vers soi
— le souffle se calme


h3s.112

delà la roche grise

des terres pauvres — nues
et l’ombre de grands bois
paisibles sous le vent

un liseré d’été

le troupeau sur les chaumes
flue comme une mémoire
ancienne et vraie la vie

implose chaque soir


h3s.111

parmi les matins brefs

l’éclat clair des ciels vides
un silence se brise
sous le cri du faucon

on discerne à grand peine

les pierres les feuillages
dans les ombres ce sable
comme un drame sans bruit

quoi joue dans la lumière


_ _132

on sait là-bas l’éclat
clair de matins bleutés
— la superbe des soirs
et les ciels dans l’été

la vie bat d’être offrande
quand la note plus haute
que chantent les oiseaux
revient à son séjour

ici.


_ _131

on dirait la pluie
et puis devant soi
ce rien d’herbe et l’orage
et rien n’est sinon
la forme éphémère
qui toujours revient
et toujours s’évanouit
dans les brumes de l’aube


_ _130

le soir est si calme
on ne saurait entendre
rien autre que les martinets
noirs encore en vol
leur silence ne tient
qu’à ce seul instant
où vient rompre en un bloc
ou la nuit ou les ombres