Archives de Catégorie: Icaria

hs3s.332

ces voix d’enfants qui jouent

le jour va et se mêle
d’à peine une rumeur
on ne sait d’où venue

hors de tout ce qu’est dire

la brise en fin d’été
la mélodie plus proche
quelques notes très claires

elles sont l’invisible


h3s.331

de loin en loin la lande

et dire ne peut-être
que ce peu laissé là
à la merci des ombres

quoi reste de la pierre
demeure d’arbres pauvres

l’absence d’être efface
quel souffle ne soulève
la forme transparente
de chaque feuille morte
pas à pas en grain fin
soit la trace des souffles

un sable sous le vent


h3s.330

on va un temps sans

voir rien devant soi
— un voile de brumes
se déchire — un monde

autre — quoi reprend

soudain dans les ombres
les tisons des âtres
— la vie comme à naître

là-bas d’où vient l’aube


h3s.329

on laisse ce qui est

le temps dessous les nombres
ploie les formes du monde
au plus proche de soi

devenir — sous les yeux

nulle trace nul signe
et le vent déplie nues
la parole et la voix

tout est plus simple friche


h3s.328

delà le haut silence

que passe la nuée
loin de toute voix autre
le vent dedans les feuilles

au point du jour — sans nom —

pas à pas la couleur
cède mais ne renonce
son ultime flambée

on sait la nuit devant


h3s.327

cela à peine un sable

le vent des fins d’été
passe la main ici
sans propos le corps cela parle bouge

sous le pas des feuillages

on ne peut rien entendre
de quoi va à bruit bas
soit l’étoffe du monde
la langue l’étrangère

que renoue la mémoire


h3s.326

dehors un bruit de voix

et de cela n’entendre
rien plus loin que rumeurs
discordes — mauvais songe

la parole étrangère

et le sens est perdu
au réveil on ne sait
quelle est la vraie l’autre demeure

que traverse la nuit


h3s.325

ici — qu’un merle appelle

tous les ciels recommencent
neufs — la lumière danse
haute parmi les gris

et le jour entre sauf

l’averse a lavé l’ombre
et le jardin respire
dehors plus rien ne pèse

— on a ouvert les yeux


h3s.324

on va et c’est le soir

le jour à traverser
comme_un chemin d’ogives
s’avance sous la voûte

la voix devient plus basse

elle sonne étrangère
ici parmi les ombres
il y a quoi respire

sous les ciels de toujours


h3s.323

cela tout soudain sans

jour un rien de vent l’aube
là-bas d’où elle point
l’infime a forme neuve

lieu un creux de silence

la terre noire et nue
on sait la rive loin
mais d’un simple feuillage

le monde revient bruire