Archives de Catégorie: Icaria

_ _155

le vent outre mesure

gifle la pierre ancienne
mais le temps a poli
la plus petite faille

incline chaque cime s’incline

où vient parfois s’ancrer
la colère des mondes
mais plus rien n’a demeure

au point précis qui rompt
même de rompre


_ _154

parmi le rien le jour

est-il une autre nuit
que celle du sommeil
et la raison est-elle

comme un lointain qui du songe

la clef perdue que rêve
là-bas ce qui respire
l’infime noyau d’être

la pluie scande le temps


_ _153

on entend au silence

et le vent et l’absence
parmi les ombres mates
et la lumière dit

cela qui parfois erre

sans nom sans forme aucune
on sait aussi la terre
où remettre le souffle

juste au creux de la voix


_ _152

un dire de feuillages

le temps semble immobile
un peu de chaleur tremble
tout au bout de la vue

on passe outre le lieu

l’horizon s’enracine
et chaque jour éloigne
et l’ombre et la lumière

où la forme s’efface


_ _ 151

on sait le vent chaud

dehors nul autre bruit
que celui d’aller là
pas à pas écouter

qui flétrit les arbres

la nuée de poussières
recouvre peu à peu
une terre trop sèche

tôt – et tout s’endort


c’est à jamais un autre

matin
et c’est sous le saule
la lumière brève

un passage du temps

un reflet danse ici
le tout de l’aube loin
où le vent respire

pas à pas léger en soi


_ _150

cela comme gisant

l’été reste immobile
dans les feuillages secs
la main de grands vents passe

au creux de basses terres

et trop proche et lointaine
la forme des nuages
n’existe qu’absentée

la source même brûle



_ _149

la main vient se poser aimante

cela — un seuil infime
et le corps reconnaît
ce qui fut l’horizon

nous touche le grain d’un bois sombre

et toute demeure est
mémoire que le sable
renoue aux plus grands vents

où dire efface toute rive


_ _148

de l’aube ici — on voit

cela qui roule
toujours
de l’un à l’autre

mais seulement un rien

flux
comme dire
va au lointain du temps

que le rivage brise


_ _147

un creux lointain de jours
quoi vient bruire au silence

le temps
un instant immobile
à même la couleur

les ombres tournent se font longues

et c’est le soir
sans que rien ne dise
à l’aube

sans pourquoi on revient à soi