Archives de Catégorie: nulle part & toujours

nulle part –56

on va
même perdu
sous l’horizon blanc
sans étoiles
chercher encore
souffle indivis
et peut-être voix
ou visage

ou même rien
mais un peu plus loin devant.


nulle part — 55

c’est
déjà l’outre nuit
mais les mains
gardent au creux
d’être
la morsure du gel
cela
à peine de quoi

on va comme vers rien
jusqu’où le souffle fait défaut.
souffler sur les brandons d’un feu.


nulle part — 54

fragments
les formes fractales
et blanches
sur l’eau morte
sans lumière
plus ne m’est rien à venir
mais les yeux brûlent
de voir encore

malgré la nuit noire et sans lune
violente où le monde s’engloutit.


nulle part — 53

des bruits
quoi détonne
ici un écho
bas et grave
et de quel nom
soi le passant
on tremble
à chaque choc

pourtant le jour
a commencé si clair.


nulle part — 52

cela
plus mat
dessus la surface
des bris
à même l’immobile
l’eau gelée
figée à même
la lumière
enracine les arbres

depuis la couleur seule
irréelle d’être trop elle-même.


nulle part –52

dessous la peau
l’eau laisse entrer
le froid cruel
et noir
une grande nuit
plane sur le monde
à perdre tout
sans même l’espoir

de ressentir le jour
proche _ on ferme les yeux.

 

 


nulle part — 51

ces voix
des silhouettes
à contrejour
l’eau même que brassent
les courants
de tout le visible
ici
le lieu infime

on a abattu _ mais pour quel
rien la forêt  des gels.


nulle part 50

comme l’aube a brûlé
ici en feux glaciaux
delà tous les sommeils
un horizon absent
et le vent cingle
sans répit pour tous ceux
qui vont encore
se relever marcher dedans le gel

et puis devant soi quoi
reste de jour même nu.


nulle part 49

fragments
de soi
ces riens
à dire  ouvrir
un son bref
que lestent
brisé net ne restent
que des ces gravats
des pierres
gelés

tôt dessus toute l’aube
la lumière du givre.


nulle part 48

la rive encore
qui te retient d’aller
rejoindre sur l’eau noire
la barque
et son reflet de lune
elles étincellent
avant qu’on ne perde
dans un clapotis d’eau

le sens du voyage
à même son énigme.