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espaces

… espaces publics, dont certains où l’on interdit la photographie, ce qui est illégal;

photographies numériques, juillet 2012.


LIII – fonds noirs – interstice perdu

quoi sous les arbres
enroule son heure
l’ancien palais
vibre dans l’été

les allées vont
bruire d’un ombrage
que font les voix
et les jeux d’enfants

est-ce visage
que la pierre efface
et remet aux sables

ce peut être une ombre
qu’un trait retranche
d’ici immobile.


LI – fonds noirs – interstice rompu

de l’une à l’autre de ces rives
la barque de vivre tresse le vent — la voile

que la forme soit cassante
ou le cadre trop étroit
seul importe le tremblé
au bout de tout geste exact
la toile alors vient se rejoindre  retire
il n’y a plus de matière
à peine un peu de lumière

fût-elle l’aile noire ou l’emprise de l’ombre
s’incurve les astres éteints

tout cela meurt sans un bruit
la poussière le recouvre
où aller avant l’oubli.


fonds noirs XXV – interstices perdus

l’hiver ou l’été reviennent
hors la salle
ce visage se défait

et puis là devant viendra
l’impact plus mat du granit
et sa nuit toute magma
chambre noire mais de quoi

l’image ne se sait pas
et toi non plus qui chancelles
là au rebord si ténu
où la scène casse brute

ce peu de voix — elle va
poursuivre et ne pas tomber —
toujours lointaine mémoire

celle qui se trace au noir
n’est pas plus assurée d’être
autre où règne l’éphémère


et le temps plus long l’intense
la falaise
on ne les peut plus nier.


sans filet 168

il faudrait au rêve

la nuit dénouée

de toute une intensité liée toute

sans même une étoile

à venir trembler aux reflets

flue à se rejoindre

une eau pauvre proche le fleuve

la source et la rive

trace l’immense en cercles concentriques

on en voit aussi

la chute une à une de pierres blanches
tomber une à une les pierres blanches

la stèle effacée

d’où enfin partir

et le pas plus libre

sur vers le sol absent.


sans filet 167

éclat de peu l’aube

l’étale trop claire
c’est un peu du temps

précipice et  goutte

sa trame trop calme
ne peut rien défaire

frêle sur les eaux

de chacun des cercles
où cela respire

la nuit impassible.


éclats

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sans filet 158

la mémoire incendie

des parcelles perdues

une voix te disait
dans sa langue sans âge

— « vois comme le ciel se ferme »

dans la lumière étale

un feuillage de vent
et la pluie de l’averse

ici au vieux verger

le jour ne se tient pas
de n’être que lui-même

le tourbillon se lasse

— « il n’y a plus rien à faire »

les arbres sont trempés
il va falloir rentrer

le feu ne peut pas pourra reprendre

on tisonne les cendres.


sans filet 148

 la voix se détache

des routes nocturnes
le silence va
sans un geste écrire
aussi quelle image

instaure les flots

revient dans cet arbre
aux branches taillées
à vif et mouvant
entre ombre et lumière

 laisse toute rive

l’entaille du rêve
l’eau pâle des jours
la barque éphémère
vacille et traverse

sans se retourner.


sans filet 147

la forme du jour

d’ici l’apparence
évide le sol
colonne et poussière
un peu d’air chaud vibre

déjà dans cette aube

trop d’images trop
de bruits corrodés
hérissent les voix
de tout un faux jour

avance déprise

la trope du songe
cadence la perte
les terres sont vaines

mais l’eau sous les arbres

qu’éclairent les mots
au creux de l’averse
l’herbe folle brille

caresse les pierres.