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riens — 27

 

avant l’orage
les prés l’été

tout venant d’être

la terre sèche
l’odeur des arbres

une poussière

haute en couleurs
— de toute chose
la flûte simple

qui joue encore.


riens — 22

les oiseaux
et d’un seul  cri

tout au proche

sur le jour
à remettre

inouï

ce qui est
— mélodique harmonique

parmi rien.


mobiles errants — 98

on est sorti
— la nuit les arbres

à l’inconnu

— éprouver tout quoi
de ce qui est
un seuil
parmi l’obscur

l’  autre on s’éveille

comme_un geste est
pour de son silence

gardien veilleur et feu.


mobiles errants – 97

tenir l’ombre nue
nulle ombre et tenir  ne tient
au le noir de la voix

comme_un pas delà

le un seuil puis l’oubli  disparaître
et cela n’est pas

la chambre d’échos

sur le sol un autre
espace est ouvert

aime courbe le silence.


variations – 10

de la sève à  la foudre

où s’enracine la  l’arbre de toi c’est  fait
nuit autour de la roche
de toi s’ouvre le souffle

hors toute démesure

mêlé à force d’ombre
sous la hache des gels
cela de lui d’arbre vivant

le toucher des étoiles

ne risque que les vents  est le vent loin
— leurs voûtes  rives reconnaissent   dont on ne sait
vers quoi ce façonner

demeure l’impassible.


LIV – fonds noirs – interstices perdus

l’intervalle traverse s’éprouve

d’un cri
l’aile trop vive vaste
accroche approche
le feu des aubes

puis c’est
la bleuité
muette
d’après le jour

un creux
laisse la sphère
former

cela qui fut
une orbe
parmi la Nuit

au un silence infini.


fonds noirs XVIII – interstices perdus

III.

que dit sa voix ici
de ce que fut la vie
d’avant la friche sèche
à quoi tout se résout

tu ne le sauras peindre
à peine l’entrevoir
comme une soif l’été
d’errer sur la falaise

mais non ce n’est pas là
ce que ces mains avaient
à bâtir qui n’est plus

elles-mêmes ne sont
plus dans le geste sûr
de poser chaque pierre.


fonds noirs XVI – interstices perdus –

I.

dans le jour de presqu’été
tes pas traversent le faubourg

pourquoi cette figure
te poursuit-elle ainsi
qui n’est qu’une autre trope aride
à revenir même- autre

dans la ville inconnue
tu as croisé cet homme
à qui demander où aller
– tu venais de te perdre-

il te montre ses mains
calleuses de maçon
et répond d’un entre-deux langue

autre – mais te répond
seul- puis sa voix s’éraille
c’est tout un récit qui s’emballe

abrupt de la solitude
qui ouvre ici la main – vers quoi?


d’un passage XLIII

peu d’être qui soit
accordé à l’ heur
— les étoiles vont
vers l’un l’horizon un

sais-tu seulement

disparaître au rouge
— tu ne peins que noirs
ce qui n’est connaître
tu ne peux pas plus

ébaucher un cercle le vaste

tu es aveugle à
la forme-nuage
que la toile invente

et c’ c’est déjà un geste

l’intensité vraie
de toute musique
résonne éphémère

parmi l’insondable.


d’un passage XLII

la rocaille et la ronce
sur la lande déserte
quelques cendres s’envolent
de ce qui fut un feu

il est temps de quitter
ce qui n’a plus couleur
n’a plus forme ni nom  ce qui n’a plus de nom
dans aucune des langues

ne te désole pas
continue à frayer
chemins d’un pas à l’autre

vois-tu cela seul est
qui disparaît où germe
un le chardon bleu des sables.