Archives de Catégorie: Sans filet

sans filet 172

repose

le regard devant
non à la muraille
grise qui s’érige

mais bien plutôt là
aux lacis du lierre
qui retrouvent voix

si l’ombre du soir
y monte plus sourde
la lumière éclate

dans l’aube.


sans filet 171

un puits d’astre éteint

au noir
de toutes les voix
qu’importe
cela qui se creuse

il n’y a plus d’ombre


sans filet 169

de l’incertain s’avance
vanité de chaque pas

chaque joie chaque peine

brève
l’heure – de passage –
les flaques d’averse
pour seul mémorial
stèle

de bientôt effacée

au soleil une brume buée
que rien ne peut retenir.  retient.


sans filet 168

il faudrait au rêve

la nuit dénouée

de toute une intensité liée toute

sans même une étoile

à venir trembler aux reflets

flue à se rejoindre

une eau pauvre proche le fleuve

la source et la rive

trace l’immense en cercles concentriques

on en voit aussi

la chute une à une de pierres blanches
tomber une à une les pierres blanches

la stèle effacée

d’où enfin partir

et le pas plus libre

sur vers le sol absent.


sans filet 167

éclat de peu l’aube

l’étale trop claire
c’est un peu du temps

précipice et  goutte

sa trame trop calme
ne peut rien défaire

frêle sur les eaux

de chacun des cercles
où cela respire

la nuit impassible.


sans filet 166

on ne verrait pas
d’autre aterrage

sinon toujours
celui à reprendre

qu’une apparence
offerte et niée

dans le creux d’un geste
le heurt des eaux

la part commune
du feu indivis

l’instant oscille
le miroir se brise

la rive brûle
où reprendre pied

le seul regard
ne peut éprouver

on n’entend rien pas
des obliques rêvent

où passe un nuage.


fonds noirs I [sans filet 164]

tu sais où entrer
sous le sol
puis tu te retournes
vers l’issue

elle a disparu
tu avances
et ne sais vers où
ici chemine labyrinthe

tu n’es pas perdu
chacun de tes pas
éveille l’écho

où poser le souffle
tu t’éloignes
à l’obscure.


sans filet 163 – soir-

où vont les pas

la pluie d’averse
tombe sans bruit
ni ombre de sens

sans pulsation

la rue reste sèche
les flaques absentes
ne sont que cette poussière

légèreté du vertige.


sans filet 162

on n’allume plus les lampes
ni les soirs
sous les nuées d’averses

la stridence du vol
retrouve toute joie
l’aile répète autant

que la courbe des vents
quand annuités
les martinets noirs se taisent

soit l’attente de l’aube
quelque la fatigue
réelle autant que le jour

un retour d’exil
avant l’autre départ
l’errance l’intervalle

des bétons pour falaises
c’est bien tout rien autre
nouveau sous le ciel.


sans filet 161

sans aucune raison

jetée de pierres

pour rien

le pas possible

debout

sur l’Océan

le vent

et ses écumes

cela pourrait suffire

une écorce dans l’herbe.