_ _140

l’aube là-bas rouge
au gré des horizons
et puis les ciels blancs
morts absents
tout un entredeux
ici qui bat vite
comme un écureuil fuit
l’étranger qui passe

tôt


_ _139

cela de l’un à l’autre
mot de presque rien
le temps
file son néant
sans poids
un jour sombre de plomb
passe
sur les reflets du fleuve


h3s.111

pas à pas on approche

l’endroit où toute voix
vient n’être que son chant
une chambre d’écho

la somme des silences

on entend peu à peu
comme le jour s’éveille
au plus lointain que soi

que sait plus bas l’eau noire


_ _138

et c’est encore ici
le lieu des roches rouges
mais vois comme lui manque
le presque rien d’une ombre
il ne demeure plus
qu’un corps inerte et blanc
des branches mutilées
seule quelle mémoire


_ _137

cela que les voix hautes
des nuages clairs cherchent
où aller et que dire
mais on sait le silence
être le seul séjour
pour qui ne sait plus rien
sinon les reflets d’eaux
— songes que le jour draine


_ _136

quel dire pour la seule
nue que le vent délaisse
là-bas vient effleurer
la dernière parcelle

haute dessous le temps
une voix sous les arches
reprend comme _ un murmure
des plus simples feuillages


_ _ 135

quoi attend ici
l’autre — du sol sec
rien ne peut jamais
surgir — mais la pluie
peut renouer seule
le possible à vivre
même si le temps
désormais est court


_ _134

le coeur rime et rythme
où dehors toujours
vient crier bas
et c’est l’aube
ou le soir sans
ombre de grisailles
la lune se lève
une lumière bleue en cendres


_ _133

ces mots — simples songes
— et tout ce qu’éclaire
l’eau mêlée de jours
filent les lointains
comme les yeux brûlent
plus à chaque pas
qui se fait vers soi
— le souffle se calme


h3s.112

delà la roche grise

des terres pauvres — nues
et l’ombre de grands bois
paisibles sous le vent

un liseré d’été

le troupeau sur les chaumes
flue comme une mémoire
ancienne et vraie la vie

implose chaque soir