hs 85

quoi touche
en soi le sol rocheux
et va faire socle
de ces feux de rien

çà  et là jetés
sur la nuit ils luisent
sans brûler l’encre
qui au vent peu à peu s’anime

le vent entrouvre le rideau de brume.

 


hs 84

passées en averses
des lumières d’aube
même brèves
mêlées de nuées

que tiennent les grands arbres
rouges sinon leurs murmures
de colonnes torses et de feuillages
sans autre fin que vivre

dessous les ciels de toujours insurgés.

 


hs 83

quoi court
devant soi
équinoxe
le seuil des jours
sans voix

on a de tout
laissé la rive
aux tessons
aux galets

sous des herbes folles.


hs 82

ombres
tout le ciel
et les arbres du loin
tendent

une branche
l’autre au vent
oh l’absenté du jour
on va

sur l’allée sablée comme à neuf.


hs 81

devant soi
l’étendue déroutée
danse toute de chemins
passés  &  perdus – sans image

et puis là
un autre temps
soudain ouvert
dans les herbes hautes

quelles les traces de quels pas s’effacent.


hs 80

sans mots
à tout un
silence le vent
et la lumière

sans visage
viennent prendre là
dans les feuilles rouges
des hêtres

quel  feu du commun soir.


hs 79

songe
de ce qui est
ici encore
plain-chant clair

les oiseaux
d’avant la nuit
à tisser
autour d’eux  l’invisble

espace sans écho.


hs 78

sans nom
la lumière
et les formes
delà la nuit

soit ici
le mot voué
muet et un
le verbe qui se voue
à son silence

parmi les éclats crépuscules.


hs 77

dessous
le toucher de  la pluie
on sait
la terre plus meuble

l’odeur des graminées
remonte loin
— une averse de presqu’été
sur les prés

— l’aire vide que laisse la faux.


hs 76

delà
ce qui est
la rive
l’eau noire du fleuve

quel le pas
et comment passer outre
plus avant le lieu
où il faut

sans que rien du regard ne tremble. les yeux.