_ _ 94

pour peu qu’il se lève
le vent du nord emporte
une poudre sèche rouge

qui peut être fut
limon ou cette argile
dont on avait pétri

ici un vase
et de plus loin forgé
une forme humaine


_ _93

deçà la couleur
mêlée — des ombres

des bruits de peu des cliquetis
ténus comme riens
parmi le bruit blanc du monde
déjà une musique

presque de haute
mélodie
quand l’une puis l’autre
voix taisent le babil

du jour
puis le silence


_ _92

un à un les ciels
se voilent comme se ferme
l’horizon et le loin
sans que de l’orage

nul ne soit un autre signe
que la nuée plus sombre
là-bas qui s’avance
parmi un silence lourd


_ _91

ce ne sont que des riens

parcelles çà et là
éparses sous le vent
et les sillons accueillent façonnent
la semaison

et plus loin
l’aire nourricière se voile
brume où l’on dépose
le poids des récoltes

que le vent vient cribler


_ _90

quelle la lumière
sous bois
des veines d’eau
fluent claires

de longs herbiers
ondoient
sous une reflet
bleu de ciels


_ _89

le jour clair
immobile
et puis là
tout soudain sous les ciels

un hâle de nuages
un rien de couleurs
où vivre
— le cri des martinets


_ _88

ces pierres
que le jour clair
— blanc —
dé-rêve

quelle leur nuit
et le toucher ici
du tailleur
voile la statue

pour qu’une voix
hors le silence
éveille
l’écho et ses silences


_ _ 87

on va
et le soir est doux
pour un temps
court — l’illusion
demeure
proche de soi
autant que vivre ici
bat presque sans un bruit


h3s.428

que laisse-t-on

un seuil
comme de la nuit

la portée du vent
juste et sans fin
et puis plus proche
le bruit de la pluie

hors de toute atteinte
un merle chante

bas dans le jardin


h3s.427

de loin en loin des voix

on entre dans plus
d’ombre encore
une scène vide

la nuit de flaques brèves

un tremblé du souffle
une image respire
le temps immobile

sur quoi un reflet rêve