h3s 38

les branches contre-jour

une trame
nue encore
dans les ciels

comme une encre est noire

le dessein
oublie le souffle
et va là loin

les traits  aux sables se confondent.


h3s 37

ce bruit

est-ce de feuillages
morts que l’on froisse
ou la terre seule

dessous les pas

un à un
les arbres s’éveillent
à tout un ciel

— quoi disparaît des mondes


h3s 36

et puis

quel rien
venu là
enraye

tout le lointain

mue
sans voix vers la couleur
la nuit toute retourne

un jour si proche.


h3s 35

tout un

royaume
la main d’un autre
jour

indistinct effile

des formes
blanches flottent
parmi les arbres

sans nom — la brume.

 


h3s 34

stries

sur les eaux
le vent brûle
la rétine

d’un seul  soleil

nul corps
rien d’ombre
où aller

ravivé


h3s 33

nous

tôt venus
ici parmi
quelles aubes

ces poussières

des fétus
— la lumière enroule
leur trombe — un silence

que le vent emporte


h3s 32

pas à pas

même lents
de plus en plus
menus

on est déjà

où ne plus
savoir ni vouloir
sinon aller

delà soi


h3s 31

de loin en loin

un reflet
et les yeux en larmes
brûlent de voir

quel autre a voix

dessus les eaux
aveugle
la barque porte encore

qui parle et continue.


h3s 30

grisaille

le toujours est
ici un corps
le toujours
— lumière

mais comme blanche

cela
sans ombre
un souffle

avant le jour.


h3s 29

le soir va

haut et clair
hors le visible
quel le nom

par le chant

cela établit s’éteint
de branche en branche
l’existence a exister et pour ailes la distance établit

les mésanges.