h3s 211

et tous les ciels basculent

peut-être là
chercher l’aurore
sans pourquoi

une eau vient trembler

ce que rien n’arrête
parcourt les reflets de nous toute surface
quelle note se dénoue  sourd

trouble au creux de la voix


h3s 210

ici comme sans

voix — le dire
et chaque phrase
brisée se brise net

ici cesse abrupt

un pas continue
malgré tout exister
au plus nu des mondes

la nuit fait sillage


h3s 209

les ciels toujours

multiples et uns
comme autant de miroirs vides
et soi

devant qui va aux lointains

une ombre à peine
parmi ce qui est
un

dire juste à même le souffle

 


h3s 208

quoi brûle ici

la pierre rouge
deçà elle le sable
où vont des ombres

l’eau et la lumière

seules épargnées
mais la terre calcine
cela qui forgeait

un même rivage


h3s 207

les eaux longues et lentes

une quelle onde les soulève
dessous les roseaux
on dirait formes d’encre

où tous les reflets brillent

mouvements lents des ciels
un œil ouvert dans quoi
les ciels lents à surgir
mêlent fondent depuis le temps
vient luire là

pour un peu avant
un feu de peu sur l’ombre


h3s 206

rien n’a eu lieu

ailleurs la rosée
tombe dedans l’aurore
et les herbes se courbent

delà ce que passent les heures

une forme sans autre
— le sable toujours net
que la marée reprend

c’est ici où finir


h3s 205

de quel autre songe

la forme changeante
ici une brume
ailleurs un aguet

loin en soi ancré

— la lisière a voix
sans une parole
l’aube même entend comme

un écho au silence
tout résonne au sein du silence
le silence un dire


h3s 204

ici tout soudain

les chemins du jour
les uns les autres
se croisent et pourtant

un feu a pris rouge

parmi le sommeil
des mondes se créent
et tournoient pour être

le vent parmi les branches


h3s 203

c’est encore là

les arbres se ferment courbent
à tout l’insensible
on oppose cela

que paraît la lumière perle

une couleur fauve
tient dans la geste lente
des saisons — une heure toute

brisée — une matière d’ombres

 


h3s 202

ce lieu de rien

quelques herbes
des pierres sales
de rouille

et les yeux se brouillent

d’encore voir malgré
eux le sel et la terre
ces ombres

qui pleurent quels êtres perdus sans noms