invz_14

quelle robe tombe depuis

la nuit se mêle à la couleur
dans le plus étrange velours
de lumière sans moire

la cime haute toute d’or

et tous les ciels sans lune
sous les nuages s’embrasent
de l’un à l’autre pas

l’arbre qui s’anuite éclaire le soir


invz_13

sous la laisse de nuit quoi brûle

c’est juste là
sous les yeux un feu
au silence dernier

sous les ors sous la couleur exalte

la mesure exacte
de tout règne de tout songe
et l’éphémère emporte avec soi

l’empan de lumière en obole offrande


invz_12

quelle la pierre en éclats

un rien sur quoi le vent passe
sans remords
l’acide du temps ne peut rien

et la poussière dessus

la pluie ni les frimas
ne viennent mordre les arrêtes
tranchées à force de bris

tout tombe partout autour toujours


invz_11

un banc de nuages bas

et toujours la nuit même
nouée à son seul silence
comme un astre d’avant le jour

plus bas encore le soleil

un rideau de brumes scelle mêle
la lumière à tout l’obscur
songe

sur l’horizon la couleur


invz_10

un sentier ancien sous l’ombre

la rive peu à peu
approche ce qui nous cherche
depuis tous les ciels d’encre

la pluie danse auprès d’ un moulin perdu

l’arche d’un pont brisé
rêve l’écluse vive
la digue haute et le temps

les aubes immobiles


invz_9

on laisse le mauvais songe

que file le vent mauvais
et froid le matin de gel
demeure l’obscur

derrière soi la nuit longue

et dedans une flamme
pauvre et humble brûle et vacille
sans renoncer la lumière

allonge l’ombre et le temps


invz_8

c’est toujours un rien de souffle respirer
c’est delà toute distance existence

la chute des ciels sans
fin
la terre mêle aux roches nues

ce qui nous somme d’être

ce brouillard perdu
un dire au loin des hivers
quoi cherche la lumière

encore un corps debout


invz_7

ce rien comme vient le jour

une nuée de brouillards
seuls là-bas de grands arbres
accrochent leur branches nues

un pas creuse les ciels blancs

quelque chose respire
delà le silence
et demeure un espoir

mais sans écho


invz_6

la feuillaison vive encore

la terre grise grenue
sur l’arrête des granits
sèche

dessus les chemins creux

et delà l’orée le sous-bois
ça et là illumine
des graminées blanchies

— les arbres tiennent la lumière


invz_5

un reflet de lune

loin de plus en plus
la découpe des lisières
tremble

sur le sable noir des flaques

le songe bleu des arbres
proche de sa distance
ici vient vers nous

et des bancs de brume