h3s 934

on déplace un silence

ici chaque pas est
celui de côté — autre
un monde entier en soi

dessous les arbres joue

le vent d’après l’averse
une brindille craque
comme on va sans toucher

la lumière d’été


h3s933

signes comme écrire

delà ce qui meurt
chaque jour ici
les ciels se défont

de lueurs diffuses

ces formes éparses
tracent l’incertain
passage d’un feu

sur l’eau et ses encres


h3s 932

des larmes très claires

nul ne les savait
si proches tant encore
le corps n’oublie pas

ce que la mémoire

le toucher des heures
ici n’a plus lieu
rien — ce que l’enfance

redonne en un geste


h3s 931

sans pourquoi les nuages

l’aube — on revient ici
et l’instant n’est plus qu’être
et l’une à l’autre éclaire

ces formes brèves — peindre

plus juste la couleur
qu’accroche ça et là
la renverse des ombres

le jour à et ces riens — vivre
vit de ces riens


h3s 930

la lumière pauvre

une trame d’heures
sans — ne plus rien voir
le sombre et le clair

un éclat transperce

on ferme les yeux
ils ouvrent delà
le bitume mort

des jours parmi l’ombre


h3s 929

quel un souffle repose

la cime des arbres
haut bruit un murmure
comme de paroles

ici tout auprès

parmi le quel silence
le fleuve abrupt va
où est l’estuaire

on laisse le  — quoi reprend à corps
que renoue le corps


h3s 928

quel chant de toujours

sans pourquoi ni rien
que cela soit le don qu’il offre
comme au un point du jour

dehors recommence

la rosée sur l’herbe
l’orage plus loin
dans et de vastes flaques

un monde inconnu


h3s 928

cela ici comme

on va après l’aube
les yeux dans la nuit
renouent tout ont ouvert le clair
ont repris du clair

le jour a pris corps
forme

sans pourquoi il est
ce bruit strident proche
on revient en soi

un nuage à l’est


h3s 927

sans plus rien attendre

les branchages bruissent
comme le vent souffle
l’ailleurs d’où il vient

on va au soir calme

le parfum des arbres
pèse dans l’air clair
et leurs fleurs reposent retombent

où cela respire


h3s 926

le monde une friche

le matin débusque
un héron caché
parmi quelle cendre

on passe la faux

tout auprès de soi
une ombre trop nette
noire et sans visage
figure

dans les herbes hautes