h3s 364

puis c’est sans cesse

jour ni nuit
cela a lieu
— un temps

autre parmi rien

on crie on parle
sans aucun mot vrai
et nulle langue

pour ailer les silences.

 


h3s 363

puis c’est sous la voûte

des voix soudain claires
tout d’une autre langue
où le feu apaise

et l’ange et le seuil la porte

on va sans chemin
d’une pierre l’autre
un silence qu’ouvre

l’obscur dehors du chant


h3s 362

le vent a repris

des volets claquent
on sait leur bruit
de maison vide

aux lointains le temps

une brume bleue
se lève soudain
— un rideau de nuit

et ce seul passage


h3s 361

retour parmi soi

sans aucun regret
on quitte le bruit
vain que fait le monde

de quelle eau plus haute

à l’amont des ors
la ligne des arbres
la rosée que fait
cette pierre brille

le silence brûle


h3s 360

cela et ce jour du connaître

la chute des nombres
puis le temps atone
cela qui se creuse

au sein de la nuit

pour que jamais rien
ne semble ce monde
rien pas même le point

d’où vient la lumière


h3s 359

qu’est-ce là

on entend que vient
presque tout contre soi
se creuser un laps

du jour mort

le pas va et bute
sur des pierres sèches
ces décombres — tout autant

être sans parole

 


h3s 358

ces lignes d’arbres hautes

et la nuit toujours
à traverser seul
quelles terres semées de sel

de loin en loin plus proches

les roches tombées
aux formes étranges
leurs patines troubles
brillent de paraître

nues comme point le jour


h3s 356

de loin en loin

les breuils effilochent
des lambeaux de brume
delà quoi la couleur reste

cela que figurent les choses

un dessein sans nom clame
à mesure des ombres
le temps

lentement disparaît


h3s 355

ce regard que sait-il

de cela qui rompt
brisé d’on ne sait quel
geste rageur  & sans regret

le monde en friche retient  abrite

pour un peu cet arbre
dérisoire la parole et le pas
pour qui cherche encore

çà et là un espoir de rien

 

 


h3s 354

là tout soudain quoi

l’aube déjà
en allée vers soir
une brume

passe ce qui est

chaque jour ce rien
le corps va au-devant
où les heures sont

le vide et le vent