h3s.373

tout un monde ici dort

le devenir revient
au plus simple du corps
demeure le seul souffle

le rameau que la neige

une éclaircie parfois
vient luire comme d’être
elle l’éblouie toute

courbe ploie dedans le temps


h3s.372

quelles larmes pour être

ce rien que retient seule
la surface des pierres
et montrer cet instant

au proche de la peau

comme_un reflet inverse
la nuée et les ciels
la couleur et les ombres

l’eau que le fleuve file


h3s.371

et puis le souffle manque

peut-être est-ce le vent
cela qui nous engouffre
et tout vient à se perdre

pour aller jusqu’où dire

une ombre sans visage
approche pas à pas
plus loin que soi la nuit

dessine le rivage


h3s.370

des nuages clairs passent

quel dehors nous regarde
nous — plus brefs encore qu’être
ce seul instant du monde

au plus ample de soi

la bourrasque un silence
dessous les pins ces traces
de qui nous fûmes autres

la vie comme on va rêve


h3s.369

la lumière d’un jour

on dirait une friche
un lieu mêlé d’ailleurs
étranger au regard

rien — la roche des digues

dessous la couleur ouvre
à la terre plus noire
— chaque forme de l’ombre

semble un arbre arraché


h3s.368

on connaît l’hiver

outre la dormance
la pierre va sans
dire ce qui clive

au vent dans les branches

rien sinon le loin
et puis l’aube rouge
posée sur les herbes

nues — et les bourgeons


_ _43

c’est parmi l’herbe sèche
que le soir réverbère
la chaleur de l’hiver
on dirait un grand âtre

juste au pied des bois morts
noueux et nus serrés
l’ombre longue qu’accroche
un feuillage de ronces


h3s.367

ce feu d’encore une aube

on se fie aux lueurs
du peu pour autre ciel
songe le corps qui va

delà le seuil — la brume

l’incertain choeur murmure
en la demeure un chant
ouvre sur l’obscur d’être

où l’on ne sait que voir


h3s.366

ce rouge une aube immense

on dirait que la nuit
respire le temps d’être
mais delà le silence

que traversent les ailes

quoi se prend à rêver
ici-bas d’un monde autre
il n’y a que ce rien

un astre au jour plus simple


h3s.365

ici que la lumière

quitte sans un regard
tout ce qui parait être
un fétu — et sur le fleuve

emporte — le sommeil

lui-même tremble nu
sous les ciels où la nuit
inverse et va son cours

rêve et mêle la vie