h3s 840

ce n’est pas le vent

on pourrait pourtant
entendre son pas
aux branches brisées

cela qui nous glace

outre ce bruit sec
on sait que reprend
la vie au plus humble

mais le bleu des ciels


h3s 839

la ville et la nuit

on va et le corps
debout sur le vide
ne voit que des rues

désertes sans nom

et puis ces fantômes
dont on est aussi
— errance d’où  là où tombe

ce rien comme pierre


h3s 838

le jour cru qui vient

il surprend ici
comme un arrêt net
et chaque statue

retire ses ombres

une à une — on voit
les lampes s’éteindre
on sait désormais

comme va le temps


h3s 837

on ne sait que trop

l’obscur et le froid
retour des hivers
plutôt ne rien dire

le silence — un seuil

où le feu crépite
et ne brûle que
qui s’approche trop

fait vivre le chant

 


h3s 836

le merle tout proche

on entend ici
qu’il appelle — quoi
delà le nocturne

pour que soit comme_un

le ciel en lisière
de qui va et cherche
dedans les  silences

tout un autre jour


h3s 835

ces reflets  au vent

et rien ne sépare
encore le loin
et le proche l’eau

comme devant soi

on déplie les ciels
au plus grand midi
plus aucune amarre

des soleils brûlés


h3s 834

cercles mais de quels

hauts desseins ouverts
on passe sans fin
où la roche brise

mondes dedans soi

le chœur a fini
par fouler le sable
et plus rien n’existe

on trace l’espace où ils meurent


h3s 833

le flot a franchi

les dernières pierres
où était la rive
rien autre n’est plus

son dire d’écume

delà la lumière
passe comme une ombre
les ciels sont trop beaux

on chute en silence


h3s 832

on a vu brûler

dedans soi les nombres
à force de loi
le corps va delà

cela du plus sombre

l’instant de vertige
on lève les yeux
et plus rien n’est plus

au risque des nuits


h3s 831

on ne sait plus comme

le bruit de la pluie
nettoie la furie
des heures perdues

faire un long silence

on lave la voix
qui toujours devant
passe l’horizon

offre la parole