hs 117

un matin
dans l’air bleu
ce matin nu
— quoi trace
ici de grands cercles

comme on en sait
plus loin
posés dessus les pierres
à même la moraine

et quel ruisseau à bruire là — désert.

 


hs 116

cela
sous les yeux
n’est-ce qu’un autre
rêve

ou encore
le rivage
sur lequel on voit
ses propres pas

que rien ne saurait affranchir
on n’en saurait quitter rien
on ne serait quitte en rien.


hs 115

rien
le jour un
ouvert
devant soi

à la renverse
des silences
peu à peu
répondent

les oiseaux qui s’éveillent.


hs 114

et vois
comme même dessus
l’eau noire toute d’ombre
une aile bleue vole

légère — et ce qui
quelle d’elle danse passe
inscrire et le vertige
et la chute

désormais toujours inscrits aux possibles


hs 113

dormance
il semble que même
la couleur plus en paix
repose

après la rosée
le jour chaud lève
comme_une absence
dessus dans les herbes hautes

la faux en suspens oscille.

 


hs 112

quoi a rêvé
et l’eau morte
et l’estran
et delà l’estuaire

le vent
— la marée
a ouvert le récif
au passage

sur le le seuil du fleuve vogue  — une barque.


hs 111

stries
que laisse
la lumière
aux bitumes

plus haut
ce cri
irréel
dans le bleu

une aile déchirante.


hs 110

remous
par quoi l’eau
se trouble
et déplace

au loin sein
de soi la pierre
toute opaque
d’être sans

autre lumière que le feu oublié.


hs 109

quoi laisse
de grands pans
du monde
et le rien du vent
— un bruire encore

en dépit de tout
l’ombre reste vive
ce qui nie le feuillage
n’efface rien

de ce qui est un chant plus nu.


hs 108

est-ce le rêve seul
— des voix aveugles
marchent  sur acheminent les flots
bleus et remontent

le cours des ciels
sans même une vague
ni une voile
fait aile de l’instant

immobile où il cesse et chute. tombe