h3s 997

dessous la lisière

la route des ombres
proche dans le soir
un feu soudain vient

aux rouges profonds

accrocher quoi vit
où la futaie mêle
un corps et du jour

un don d’aubépines


h3s 996

quoi brûle les yeux

pendant tout le jour
on sait cet instant
où rejoindre un monde

— berge sèche et nue

on craint son défaut
et tout est muable
l’eau absente tout

un du torrent muet


h3s 995

aucun signe rien

rien même ne ride
l’eau noire où l’on tombe
sans fin quoi se brise

le temps a saisi vient saisir

sous la meule tout
les corps ne sont plus
qu’un cri — on entend

qui parlait sans mots

 


h3s 994

chaque jour plus proche

plus un mot pour dire
là soudain devant
soi dessus l’abîme

tout au bord de l’autre

la lumière courbe
l’ombre et disparaît
il n’est plus aucun

chemin que le souffle


h3s 993

la surface brûle

ce sont là les eaux
lentes de l’été
où croissent les ombres

de quelle lumière

on entend les cris
de grands oiseaux noirs
— le silence rompt

un seuil sans lointains


h3s 992

le vent a cessé

il portait le jour
à bout de bras seul
des murs ont cédé

soudain dans le bleu

la place du vide
toute sans un mot
l’énigme se montre

ces grands pans de nuit


h3s 991

on voit un rideau

le reflet inverse
la chute des ombres
et parmi l’eau noire

se défaire entier

la couleur a pris
comme fin le jour
tout un monde dort

sous les vents plus froids


h3s 990

on touche un silence

çà et là les arbres
leurs feuillages secs
pointillent du jaune

par lequel les branches

ces formes qui passent
la raison du temps
pourtant elles sont

courbes viennent rompre


h3s 989

le soir sa brûlure

et toujours le même
souffle — l’un se mêle
une haute paix plus haute

qui sait la lumière

la seule mesure
les sentiers où être
vont soudain plus nus

revenir à vivre


h3s 988

le chant se fait-il

entendre des eaux
un reflet de ciels
cela tremble et va

intérieur aux ombres

comme une autre brume
le bruit des feuillages
glisse lentement

c’est déjà le jour