h3s 606

cela ici renoue

le corps pris au plus humble
le souffle puis la faim
et la soif dedans soi
le un corps pris au plus humble

le pas à pas que danse

vivre delà les ombres
laissées par la nuit nue
pour que la voix soit elle

l’instrument accordé


h3s 605

cela au comme_un

chant de rien la vie
ici ces bruits bas
rien on mange on parle

le temps plie s’arrête

et rien n’est à dire
pas même l’instant
où le souffle trouble

les yeux sans sommeil


h3s 604

ce bruit de feuillages

net et sec autour
tout l’air en résonne
delà toute l’ombre

que la peur agite

la nuit traîne encore
un vol meurtrier
silencieux  sans nom

— une musaraigne


h3s 603

l’abrupt et delà

la roche s’éboule
sous le poids d’un seul
oiseau — ou augure

la chute possible

on se risque là
pour ne rien céler
et ce qui nous porte

toujours continue


h3s 602

le souffle de peu

son absence dit
comme on ouvre un gouffre
— un autre savoir

retrouve son pas

haut parmi les ombres
— la foudre prépare
comme un nid d’abeilles

l’été a visage


h3s 601

la moraine a voix

de forme en forme une
la roche amplifie
cela faire bloc

dessous chaque pierre

on voit tout le proche
éboulé sans fin
et delà le temps

un grillon appelle


h3s 600

ces voix comme_un jour

ce n’est pas le vent
ni la pluie ni rien
du dehors s’éveille

outre le silence

que faire de l’ombre
sinon lui donner
la forme plus simple

on ouvre les yeux


h3s 599

ce n’est plus le loin l’aube

l’été épuise ce
que brûle toute ville
pierre à pierre cela

le jour trop chaud en ruine

quoi dire de la nuit
les yeux éblouis brûlent
quand on revoit le lieu

où surgit la trémière

 


h3s 598

ces oiseaux perdus

tout un vol qui fuit
vers une autre rive
ou cherche la foudre

dans des ciels précaires

ce n’est qu’un reflet
que donne passe sans voir
le trouble des songes

comme_une parole


h3s 597

ces pas qui sont loin

il semble que nous
ne sommes ici
que leur écho nu

furent-ils d’eux mêmes

cela_ disparaître
à même le soir
que l’averse trempe

le plus soudain rien