h3s.223

on devient ce qui est

la terre cette énigme
surgie d’entre les ronces
un sentier pas à pas

à gravir devant soi

le vent a déposé
un tapis blanc dessous
les cerisiers en fleur

jusqu’où vont les nuages


h3s.222

ce rien de la lumière

juste au bout de la nuit
quand ici une brume
lente voile le monde

cela comme_un silence

une vague puis l’autre
un souffle passe infime
au plus juste des arbres

la voix d’avant le jour


h3s.221

ce qu’emporte le fleuve

devant ce sont les heures
ô les toujours présentes
et terribles figures

des branches dans le vent

le jour presque immobile
sous la brusque furie
de ce qu’ici dessine

un bourgeon de ciels gris


h3s.220

on laisse au loin de soi

le toucher de la roche
relie le creux des mains
au sentiment du temps

le seuil que font les ombres

la suite des jours
les passées de lumière
quelles que soient les formes

seules comptent leurs danses


h3s.219

soit la nuit de pluie

une odeur de feuilles
de terre et de prés
se répand partout

ici et plus loin

on sait le verger
de longue mémoire
et ce sera l’aube

où brillent les flaques


h3s.218

c’est l’abord d’un silence

dehors proche le monde tait
ce qui hors de l’instant
reflue en vagues longues

une langue sans mots

sans adresse pas même
le chardon bleu des sables
auquel porte le songe

un dire sans pourquoi
pour dire quoi songe _ un


h3s.217

sans un souffle de vent

les feuillages muets
un son très doux reflue
dehors veille un en silence

un pas nu vient sans bruit

et les yeux s’ouvrent seuls
on ne connaît de soi
que cette ombre fugace

ce n’est rien que le jour


h3s.216

quelle la clarté

ici sous les arbres
la terre s’ébroue
peu à peu plus vive

celle de la source

on dirait l’étoffe
que le passant porte
un temps le rivage chemin

mêle tous les ciels


h3s.215

ici un rien ou presque

que renoue la lumière
en silence — les ombres
reviennent où bâtir

la demeure de brumes

de loin en loin le temps
va comme un passant siffle
le chant perdu d’hier

le vent entend connaît les voiles


h3s.214

dehors tout est clair

la lumière sans
aucune mesure
luit sur ce qui est

les ciels grands ouverts

la couleur paisible
la paume des mains
la geste et le dict

accueillent le temps