h3s.065

on va — une brume

pas on pas on ouvre
son propre silence
entre chaque souffle

et du jour se lève

on ne sait jamais
pourquoi plus avant
on voit la trouée

sur la ligne d’arbres


h3s.064

cela comme jour

de loin en loin seule
la forme chiffonne
ces fatras de planches

et partout la terre

sur quoi il faut être
debout de bien peu
si ce n’est ici

perce la couleur


h3s.063

ce rien de lumière

un gué d’avant soi
on entend ici que passe
vivre au plus près d’être

là-bas qui se ploie

l’inverse des ciels
un reflet que brûle
où va le passant

simple au bord des fleuves


h3s.062

l’aube a son silence

on passe parmi
l’absence ou la brume
au porche des nuits

ce sont des ciels rouges

un lointain se forme
et puis se défait
où le vent se lève

on œuvre du jour


h3s.061

ce que sont des couleurs

la rivière flue
proche sous les ciels
une forme sombre

et déjà la terre

la nuée des aubes
va sans nom où elle
gronde contrebas

accueille leur chant


h3s.060

des places pavées

la lumière brûle
les yeux de qui va
rejoindre les eaux

où la pierre coule

quel rivage absent
le rêve a-t-il vu
tomber des falaises
l’étrange des ombres

déjà au loin comme un sable


h3s.059

on sait les feuillages

la terre se drape
d’un manteau léger
que l’on sait fragile

la couleur du vent

et tout se disperse
où l’averse tombe
des lignes vont noires

et les arbres nus

 


h3s.058

ce lieu qui n’est pas

et toujours on va
delà la nuit même
le souffle renoue

l’ouvert dans les ciels

sans cesse qui songe
au respir ancien
emmêle au rivage

l’aube comme un don


h3s.057

on écrit ce rien

la lucarne brûle
la couleur des ciels
où est la lumière passe le spectre

que le soir efface

entier toujours — on entend
le bleu disparaître
derrière le soir

un cri la voix rauque tremble


h3s.056

hors la terre rouge

un chaos se lève
au-dessus du vide
que tout déchiquète

quelle cette cendre

mais rien ne vient dire
quel feu attend là
juste avant l’hiver

où l’ombre est si dense