h3s.355

presque rien un galet

la main va saisir seule

sur les eaux la lumière
quelle ici la mémoire
brûle tout d’un seul geste

et la main vient saisir

presque rien un galet

quoi renoue son enfance
à la forme parfaite
où repose d’un monde

le creux de sa poussière


h3s.354

l’œil note le décours

le temps broie sous la hache
grise des brouillards
tout file et disparaît

des jours — la couleur flambe

— plus haute dans les arbres
la lumière tremblée
rejoint l’heure où l’on tombe

parmi cela qui est


h3s.353

que garde la forme

la main a confié
aux pierres ce don
d’être sur cette eau

— elle l’étrangère —

l’arche et le passeur
ne savent encore
rien qu’aller devant

ici d’où l’on part


h3s.352

on est déjà au soir

on erre dans le monde
pour revenir à soi
le vent dessus les cimes

on lève les yeux vers

comme_un chant sait demeurer
toujours où les nuages
vont peindre au crépuscule

ce qui ouvre les ciels


_ _ 11

on va comme on se perd
au simple bruit de pas
s’envole un cri d’alarme
et delà quels repères

sinon l’éclair léger
de l’eau juste dessous
les frondaisons – la digue
s’éloigne au droit des friches


_ _10

la brume pour matin
on sait le jour plus loin
qu’hier — on mêle encore outre
le songe et ce qui passe

la nuit en vain oublie
une étoile puis l’autre
pour disparaître enfin
dans l’incendie des ciels


h3s.351

un bruit au loin de soi

ce chemin une enfance
que le vent remplit d’ombres
les arbres arrachés

et tout le dire ici

presque trop grands pour être
l’étendue de lumière
bleue la forme sans nom

noue au corps la mémoire


_ _ 9

le jour avance encore
quand bien même il connaît
le laps de sa décrue
aux soleils plus bas rouges

soudain on sait qu’ici
le théâtre d’un vol
haut noir est sans pitié
la faim pour seul mobile


h3s.350

le bruit de la pluie

la ville est ce vide
soudain au silence
comme un pas approche

sous les voûtes hautes

la lumière sait tait
l’ombre que traverse
une voix très simple

l’écho s’est ouvert


h3s.349

on a scellé la souche

et déjà cela meurt
qui vivait dans le flot
comme plus simple épave

aux pierres de la digue

la brèche vient creuser
la forme qui est hors
le vent — ce dessaisir

et rien n’est plus avant