sonne_11

la faux est passée ici
où la terre et l’eau se mêlent
delà le dessein des vents
un rien de poussière vole
la chaleur et la mort jouent
de toujours sous les yeux même
la vie toute une merveille
cruelle parfois aussi
aimante tendre et amère
la rivière file verte
rejoindre le cours des fleuves
les rives à nu sont noires
on ne voit que trop le sable
chercher aussi le repos


frm_9

c’est à l’abord d’une devant un banc de brume
on sait que le jour commence
quand voir peu à peu se ferme
disparait on respire où le jour point
un peu d’aube reste aux ciels
juste et impassible bleue
on sait la demeure rouge
d’où surgit toute lumière
l’abandon nu à jamais
gronde derrière le bruit
du temps qui grince s’éraille
parmi les objets brisés
quoi cherche ici de toujours
recours au plus haut silence


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on chemine sous les arbres
et le pas rejoint les souffles
la forêt d’après l’averse
respire se remémore
l’antique delta d’eaux claires
où s’enchevêtrent les frênes
aux saules dessous les chênes
les taillis lentement dansent
la lumière vive du jour tourne
et le cri du faucon haut
passe l’ombre qu’il transperce
plus loin dans les prés l’ouvert
reprend pas à pas figure
au un monde deçà le temps


sonne_10

cela de haute mémoire
regarde depuis les ombres
chacun des deux crépuscules
— la foudre s’est absentée

seule la vie continue
des branches bercent la berge
vive encore d’être là
presque au partage des eaux

les ciels ont des reflets noirs
dès lors que la source mêle
l’origine et les fins d’être
les ciels prennent reflets noirs

ici auprès du seul fleuve
la barque approche sa nuit
que déchiffre le passeur


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le surplomb des orages
dans les lointains longtemps puis
un chant heurté sur les toits
l’averse drue résonne
et le bitume luit plus
plus noir sur quoi les flaques dansent
mais ce n’est pas la nuit même
un son simple gronde bas
on entre en soi sans savoir
quel l’instrument ni pourquoi
là-bas ce reste de ciels
file un cercle d’horizons
— les heures se nouent mêlées
aux ombres d’inexister. sans exister





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derrière soi
l’oubli et la poussière
pris aux ciels dedans les soirs
on renoue l’anthracite
prise aux ciels
l’image dans les pierres
de haute couleur rouge
comme d’avant l’orage
passe le possible et le dire
on est cet accroc
et la masse des temps
perce çà et là
la trame des choses nues
un pas lentement s’éloigne
le silence se referme
sur l’espace comme une foudre.




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un tremblé dans les ombres
les feuillages secs sonnent l’un
contre l’autre un bruit de pierre
et le vent ne passe rien
des mots ni des voix rien
pour seule obole des fruits
tombés à terre tôt
le ruisseau pour seul ciel
pauvre et bas et infime
le nuage d’averse tourne
dans le jour entier
et la lumière brûle
l’averse enfin venue
au tard de sa promesse


sonne_9

sur le lit de la rivière
des galets brillent dans l’air
chaud et lourd dessous les ombres
un ciel où passe l’orage
sans pluie ni tonnerre ni
foudre — le cri du faucon
surgit de nulle part haut
la mémoire d’être parle
ici où dire n’est rien
un sonore sans mots hante
le geste de marcher même
sous les arbres sans chemin
dans l‘ seul l’écho de feuilles sèches
on va — à perdre le sens


sonne_8

là-bas sur l’adret brûlé
les arbres se défont rouges
l’un après l’autre au soleil
ils demeurent à mourir
la roche trop sèche luit
mais dessus elle plus rien
pour rester vivant debout
l’air chaud seul s’élève encore
— l’orage vient à gronder
quelques gouttes de pluie tombent
dans les herbes hautes jaunes
et juste sous les nuages
les hirondelles en chasse
traversent le tain du fleuve.
rompent le tain gris du jour.


sonne_ 7

on sait l’aube déjà
comme proche de soi
l’air éveille le dormeur
à le toucher dans son geste

le rêve ne cesse pas
d’être celui sans mémoire
un peu de ses espaces
mêle le jour à sa brume

et la demeure de nuit
retrouve pas à pas l’ombre
son cristal dedans la pierre

derrière les murs un feu
brûle depuis l’âtre noir
la vie nue qui continue