h3s.377

le soleil va plus bas

on peine à entrevoir
parmi les herbes hautes
que la lumière brûle

au-devant de ces ombres

un temps bref se soustrait
lui même un éphémère
qui n’accorde jamais

que le jour recommence


h3s.376

l’eau noire des automnes

et le brouillard accroche
ça et là des figures
fantasques et mobiles

une forme flottée

les arbres échoués
mêlent leurs inventions
— un cormoran se dresse

et un reflet sous un rayon de Lune


h3s.375

les feuillage s’ébrouent

et l’instant luit sans vent
entier dans l’or du soir
haut — lointains du brouillard

où de la couleur tombe

juste là sur le fleuve
dont la rive rejoint
l’influx même du temps

un silence — avant la nuit


hs.374

des flammes nues vacillent
quel le souffle qui passe

quel le souffle qui passe
les flammes nues vacillent
ici écoute on entend comme
le vide se déploie

au plus proche silence

on entend que le la musique du temps
efface toute forme
sur la pierre de sable

le vent fait trembler l’ombre


h3s.373

on sait au bord du vide

la nuit et le temps clairs
juste avant que les gels
ne figent sur la roche

ce qu’arrondit le vent

la source de toujours
comme _un chant pour personne
rien — a ici demeure

le geste de l’érable


h3s.372

cela comme jour seul

on va parmi l’obscur
et le monde en grisaille
que délave l’averse

ce presque sans être hors

le seuil ouvre l’espace
au dire et au temps nus
delà tout intérieur

le bruit de la pluie — noir


h3s.371

c’est et tôt avant l’heure

la nuée toute va
demeure de soi haute
qui efface les ombres

un vent froid violent

comme le jour égrène
les dernières couleurs
devant des formes nues

l’hiver saisit les mains


_ _24

quelque chose attend
au dernier quartier de lune
l’aube rouge toute
et puis le jour grêle froid

la lumière absente
renoue l’erre ample des nuits
la statue du porche
ouvre les yeux en silence


_ _ 23

ici une herbe pauvre
et le vent qui renoue
la forme noire et nue
aux dormances des arbres
sommeils dans le temps

une aile noire crie
à même le nuage
la nuit toute plus proche
un empan sans mesure



_ _ 22

dire d’un mot l’autre
le songe et le doute entiers
d’aller devant soi
sans nom vers l’ouvert des ciels comme_un souffle

outre la clarté
que font les soleils d’hiver
proches — le silence
d’être feuille à feuille tombe