_ _ 41

une ombre sous les voûtes
que traverse le temps
d’être la seule flamme
sans même une autre pierre

dehors les branches nues
sont de nuit et d’averse
et des bourgeons noirs luisent
reclus en leur attente


_ _40

ce sont des ciels blancs
sans fin être seul
parmi le silence
demeure ce feu

on sait tout l’ailleurs
à la roche proche
les lichens dessinent
l’espace dedans


_ _39

ce faire de l’aube
un lointain en soi
à jamais nouveau
où tout reconnaît

que le temps se tourne
vers son autre extrême
on sait que la nuit
n’est que transitoire


_ _38

que sait l’obscur sans fin
cela passe devant
les yeux ouverts enfin
aux lisières des mondes

l’infime peu à peu
quitte la gangue informe
des branches — l’ombre courbe
le sommeil des racines


h3s.358

dessous les brumes froides

on dirait une nuit
à jamais déposée
sans aucun lointain — l’encre

la terre toujours autre

sombre au sein du jour nu
au bord de n’exister
pas — un son de solstice

on approche l’hiver


h3s.357

de loin en loin
que laisse au loin de soi

passer ce rien des jours
pas à pas on va là
parmi le monde absent

une image fantôme

quelque chose a demeure
on ne saurait trop dire
quelle terre est ici

le brouillard est informe


h3s.356

la nuit vient tomber tôt

ici où l’air plus vif
tremble un peu puis se trouble
les eaux surgies des terres

dessous la forme étrange

sans craindre les gels filent
l’image d’outre monde
sans craindre les gels file
la lumière et puis l’âme

des arbres soudain nus


h3s.355

c’est — depuis un sommeil

la merveille du jour
qui s’éveille vivant
et puis le brouillard tombe

on sait toute la nuit

l’eau multiple du songe
circule noire et froide
où se forme un silence

qu’on porte loin en soi


_ _37

les ciels devant l’aube
comme_un seuil réel
seule la couleur
rouge des nuages

juste avant l’absence
la lumière en cendres
la vie a demeure
au lointain des âtres


h3s.354

des routes toujours sans

rien qui ne soit un sens
quelques pierres s’éboulent
on est perdu ici

ombre la nuit avance

pas à pas sous les arbres
les feuillages de l’an
font entendre à la terre
deviennent aussi terre

un silence plus vaste