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XLI fonds noirs – interstices perdus

la langue consume
l’arène des jours
qui n’a nom que sable
à quoi bon le feu

puisque rien n’endigue
cette emprise sèche
elle s’étend croule
plus amont déserte

sans jamais finir
l’aurore s’esquisse
vois – son point aveugle

passe outre le geste
même ici figé
à naître devant.


d’un passage XLI

de revenir tu n’erres pas
la courbe de tes pas n’est plus
posée même à même le sable
chaque pierre brille diffuse

autre dans le faire du jour
serait-elle égale elle-même
les grands courants qui l’équilibrent
demeurent flux de l’éphémère

qu’elle soit ici posée blanche
ses argiles mêlées de sel
auraient pu n’avoir pas la forme

que seul un devenir nocturne
sculpte — c’est cela que ta main
recherche toute dans l’éclipse.


fonds noirs XI

sans motifs

sous la main
le mot sable
et son grain
sans question

soit ce monde

ce qu’il peint
d’eau égale
ou furieuse
sur l’estran

le silence

et la main
qu’œuvre-t-elle
qui revient

et déferle

les jours morts
ou la vie
toute au simple

quelle absence.

 

 

 

 


sans filet 124 [vanités]

feu de brindilles

un peu de vent
ou bien le sable
les herbes folles

l’instant dérobe

les feuilles sèches
un rien suffit
à recouvrir

ce qu’il consume

d’un peu de terre
l’oubli aussi
de qui respire

à qui regarde

parmi cela
sans plus un nom
cela s’efface

et le seul lieu

l’âtre est éteint

reste la cendre.