Archives de Tag: souffle

xxx- du peu

soit  autre /   que   /   le   /    silence

ni   /    rêves   /    ni   /    ombres

cela  /    respire   /   et   /    bat

la   /    nuit   /    toute   /    simple

parsème   /  chaque   /  souffle

un   /   jardin   /    désert

delà   /   toute   /   mesure

anime déborde   /    le   /   chœur.


LI – fonds noirs – interstice rompu

de l’une à l’autre de ces rives
la barque de vivre tresse le vent — la voile

que la forme soit cassante
ou le cadre trop étroit
seul importe le tremblé
au bout de tout geste exact
la toile alors vient se rejoindre  retire
il n’y a plus de matière
à peine un peu de lumière

fût-elle l’aile noire ou l’emprise de l’ombre
s’incurve les astres éteints

tout cela meurt sans un bruit
la poussière le recouvre
où aller avant l’oubli.


XLVIII- fonds noirs – interstices perdus

jamais
le souffle calme
n’est nuit
sans qu’il ne rompe

d’un jour
creux de rien tu
parcours
l’amont de sable

tu vas
autour s’élague                     et c’est refaire
pour ce                                   autour

silence
le pas premier                       [le geste seul]
rien autre.


fonds noirs XXV – interstices perdus

tu le sais un seul souffle
anime la limite
mouvante de la voix
ou le regard qui peint

laisse la main agir se faire œuvrer
laisse le corps crier
choses comme des noms
lancés depuis l’obscur

c’est lorsqu’ils y retournent
et peut-être à l’instant
que leurs feux sont au noir

chose de peu la sphère
que le temps bref dissipe
— sans quoi rien n’est plus rien.


d’un passage XL

Rien si ce n’est un souffle

ce qui [de] vers toi oscille     [approche]
dans le creux du passage
cela ne se peut dire
ni peindre — reste à vivre

une musique pauvre   sous sa seule lumière

tu l’entends à la note
rêvée par un oiseau
blotti dans le feuillage
ou les toits du nocturne

peut-être n’est-ce qu’ombre

cela se prend aussi
aux rives de vieux fleuves
dans le clapot de l’aube

la forme du silence

puisse ton pas entrer
même toujours terrestre
à l’entier du dessin

et sa lumière noire.


fonds noirs VI

des phrases se perdent
sans par doute de ne
pas pouvoir se dire
plus claires vers quel

feu dessus les eaux
cela vient scintille
et puis disparaît
à l’orée du souffle

à peine entend-on
qu’un moment pivote
et déjà l’effroi

disperse plus loin
la forme éphémère
qui brûlait pénombre.


d’un passage XXXIII

le temps est venu
ferme les yeux
ne regarde pas
[ce qui]  cela se creuse

d’être le vertige
laisse le corps
revenir aux rythmes
seuls qui le fondent

rien trois fois rien
parmi le silence
sont les temps deux

d’où la voix s’insuffle          [s’élance
cherche –sa preuve
grandit de se perdre.