pechakucha // médiathèque Malraux (lecture du 22/11/2013)

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On a tracé cela, d’un geste – dans le dire – l’absence mêle tout ce qui fut, tout ce qui est – un jour, un simple jour, – un plain-chant, même ici, ici où rien ne semble pouvoir être.

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C’est. Et comme donné : un. Cela qu’on ne sait jamais ni toucher ni sentir ni atteindre ni étreindre. Seul et là, tout d’un bloc. Tout un à l’indistinct, tout un à la Nuit.

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Comme_un. Ici. Ici même. On peut errer on peut aller, on peut chercher. Quoi – sinon ce qui est sans autre question. Ici – où écrire est naître à l’énigme, « la Rose est sans pourquoi. »

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On dirait un rien. Peut-être du sable. Rien. Rien qui ne soit qu’un reflet, en creux – d’où toute lumière procède. Même absente. Mais ici on peut. Aller. Simplement au loin aller.

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Le rivage d’être porte les pas. Et les chemins s’effacent. Ce ne sont jamais que traces de peu. Ce ne sont toujours que signes effacés – renoués. Un feu a brûlé là. La vie. À son plus nu.

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Et quel lieu autre que ce lieu? À toutes les surfaces du monde, on ira le choisir : cette page, cette chaise, cette table. Où lire – où écrire. Cet angle de la lumière. Cette pierre de touche.

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L’ombre mouvante des arbres. Le plein vent sur la falaise. Un toucher contre soi. A l’intérieur de soi. Qui vient. Accordé. Ou ne vient pas. Qui est. Et doit être. On le rejoint.

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On se rejoint, tout un. Où jamais encore parole n’avait foulé. Et cela était déjà. On ne le savait pas. Une voix. Il suffit parfois d’une voix. Ou bien même pas. Pas même une voix.

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Quelque chose de son défaut, un vibrato. Repris obstinément. Tenu. Juste. Le mouvement des arbres l’hiver. Vers la vie. Et un lieu répond. De tous ses espaces, un lieu répond.

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Un silence où faire silence. Soi au plus loin de soi. Un silence. Soi et sans le labyrinthe moi – un lointain. L’horizon ouvre l’enfance toute – reconnue – obscure – et sa nuit n’est pas la Nuit.

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Voir, entendre. Échos. Diastoles-systoles, en échos. Et un temps entre, qui est, lui aussi, de se mouvoir, qui est de soi la nuit en soi, – une, harmonique et nue.

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Toute une à sa présence, une main mais quelle vient écrire, mais quoi sur le sable – puis le vent, puis les aubes passent, ce qui était n’est plus, ce qui fut demeure.

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Le visible – et la mémoire danse vraie le loin de chacun des gestes – qui sont, qui ne sont plus, ni paraître ni disparaître – qui sont – un accord, un accord juste, même pour rien.

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Tout est à soi son éphémère, chose comme_un dire – qu’importent les mots, qu’importent les rues, qu’importe la forme des villes, qui toutes dit-on changent plus vite que le cœur des mortels.

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Des mésanges passent dans l’hiver, et la nuit même longue étend déjà le chant des aubes – leur commun ajour recommence d’encore un instant – recommence d’encore être à venir et de toujours.

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Comme cela qui échappe, le sable de la dune, l’eau au creux de la main, la neige de tout le possible, la lumière des astres errants, aux confins, et toujours leur amont où lire où écrire encore songe.

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Le plus ancien du rêve recommence l’oubli – celui où le jour neuf s’éveille et premier et de toujours – voir au creuset de l’encore aveugle – et de ce seul lieu connaître.

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Connaître où partir, connaître et remettre au devenir les formes changeantes que laissent les ombres dans les soirs d’été, les matins d’hiver, les constellations que rien n’égare jamais, luisent.

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Quoi que cela soit, où tout est ténèbres – l’immensité nue, parcourue d’étoiles _ seulement là – vivre. // La suite des aubes, l’arpège des soirs – entre chaque temps la seule mesure, comme_une elle rêve.

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Le fracas des eaux, la lumière sur la pierre, tout un monde comme voilé de brume revient à même la main: au moindre du geste vrai – ce peu – un lointain et le proche ouvrent tout du silence.

Texte rédigé pour l’inauguration de l’@ppli, espace de médiation numérique des Médiathèques de Strasbourg – à l’invitation de Franck Queyraud.
Cinq auteurs  du Web – cinq lectures numériques originales : Cécile Portier, Jessica Maisonneuve, Jean-Yves Fick, Pierre Ménard et François Matton. Ne ratez pas cet événement… autour du mot Oloé, inventé par Anne Savelli.

Texte des lectures de :

Cécile Portier

Pierre Ménard

Jessica Maisonneuve

François Matton.


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