Archives de Catégorie: sine nomine

nulle part 29

un rien de jour
traverse là
les persiennes
comme tout est clôt
calme
presque trop
on cherche
quoi manque

la vie continue
à petit bruit.


sine nomine 96

ici se réduit
une cendre
sans nom

la vie

le vent froid
attend l’heure
le souffle

simple rien

on va de soi
où cesse _ silence
puis reprend

la vie.

(variante au nulle part )


sine nomine 95

sommes pour rien
sans rien de  nous les jours
vont — cela vacille

sans dessein
chaque instant — un pas l’autre
et puis c’est la nuit

le froid sans ciel ni étoikles. 


sine nomine 94

quelle autre

route cela
même mêlée de pierre
et de ronces

eau tremblée

et la nuit se fige
murée de silences
absente

comme on chute.


sine nomine 93

devant soi
l’ombre des jours traîne
mais quels noirs

à défaire outre
et la rive déjà prochaine
s’éboule  sous l’écume

de tout ce qui n’est pas.


sine nomine 91

ce loin seul
toujours à œuvrer
au dessein des vents
toujours à œuvrer

le sable puis les vagues

ô les sans limites
— au seuil des moraines
des fruits d’églantiers brûlent rouges

dans l’autre nom les infinis.


sine nomine 90

 

comme musique à naître

dessous la toile
d’un trait net
la trame qui fut

ce lieu 

le monde se déchire
à même sa béance
— qui pour savoir marcher

là à se jouer du vide.


sine nomine – 89

on a de la rive
longé les ombres
et là au creux

de tout le visible

le froid
que créent le vent
et l’eau sourde

une épave forme noire passe flottée.


sine nomine 88

nuit dedans
et dehors tout
ce qui passe

l’obscur
un chenal sans
fin mais pour qui

mais vers quoi?


sine nomine 87

est-ce moment
que cela  soudain
déroge à toute règle

la couleur vacille en corps

on a revêtu les branches
d’une aube feu éphémère
trouée et précaire

parmi le monde en grisailles.