Archives de Catégorie: Icaria

h3s 679

on va pour un comme on songe

l’eau verte ou la rive
qui sait pour le jour
jamais un gué sûr

le souffle dénoue

un à un les pas
élèvent des arches
humbles pour passer

au loin les ciels rouges


h3s 678

le jour — un enfant

il va dans l’allée
et chaque pas neuf
trouve autre
donne haute merveille

qui lance une pierre

là-bas sur les eaux
la chute des feuilles
le bruit de quoi tombe
dessine des cercles

au lointain du temps


h3s 677

on va où l’automne

parsème la terre se pare
de tout cela ce qui fut
la feuillaison neuve

à perte de vue

la couleur se prend
comme un feu aux branches
puis la braise même

recouvre les sentes


h3s 676

le plomb du jour nu

comme une autre nuit
la lumière tarde
dessous les nuages

à même leurs ors
les ciels se referment

des formes d’aucun
sens — la pluie éparse
tombe monotone

la terre s’endort
les ciels se referment


h3s 675

soudain plus rien n’est

l’eau se mêle noire
absentée auprès
des rives — rien n’est

pas même le sol

tout ploie sous l’embrun
violent de pluie
on ferme les yeux

que couvre la nuit le sel

 


h3s 674

cela que le jour

accueille — le souffle
au calme  des mondes
un loin — le silence

donne comme_un signe

et la nuit — un son se perd
plus obscur vient là perdre
oeuvrer — ce qui est

ne dit pas sa perte

 


h3s 673

toujours ne pas être

ni entendre ni
dire –tout le simple
et c’est sans un mot

soi deçà le temps

on est ce moulin
que le fleuve laisse
à la nuit qui vient

on passe le soir


h3s 672

dedans quelle cendre

le feu nie le songe
et ce n’était pas
un feu ni un songe
la lumière sourde

sans nom et soudaine

derrière le voile
d’un autre rivage
cela fait visage

une flaque d’ombre


h3s 671

quoi va ainsi l’autre sans

la nuit  qui s’en va
sans retour possible
n’est pas celle d’être

bruit devant les aubes

la couleur impose
en soi son silence
on peut revenir

les ciels sont en sang


h3s 670

le jour sous le cri

et les yeux que brûle
qui sait quelle ardeur
la faim a désir

clair et bien trop haut

— on sait que les nombres
hantent tout l’espace
qui seul nous arpente

bleu — l’oiseau de proie