Archives de Catégorie: Icaria

_ _102

le vent a élagué
des bois morts déjà blancs
et la terre les accueille
parmi les graminées

sous l’humus recommence
le lent travail de vivre
une écorce après l’autre
laisser les apparences


_ _101

demain dedans soi

et pour seuil les éclairs

et le noir de l’orage

où la nuit n’entre pas

— on n’entend plus que riens

comme le vent emporte

des fétus sur la lande

et plus une ombre n’est


h3s.435

ces formes changeantes

reflets mais de quels
songes sans regrets
l’intensité grise

toujours des nuages

la lumière perle
toute en arc en ciel
de couleurs de formes

et le soir qui entre


le vent vient tournoyer

entends comme de loin
des voix parlent encore
à corps et à cris hauts

aux feux qui s’animaient

les mots forment creusets
pour que vive la forge
d’où se lèvent les mondes

en brèves étincelles brèves


h3s.433

ce rien un regard

ce n’est plus le même
monde que cela
qui te regarde

comme_un sable nu

au dépli des corps
la courbe des allées
accueille les ombres

que la nuit oublie


h3s.432

on va devant soi

un peu de vie
ici tremble dans l’ombre
et les iris

les yeux grands ouverts

comme un reflet
d’une forme plus haute
viennent se perdre

où naissent les eaux


_ _ 100

on ne sait
ce que la forme rêve
brève et changeante
parmi les nuages

ni ce que la couleur
toujours insensée
vient dire du désir
et du vœu de silence


_ _99

quels ces ciels sans pourquoi
corps tissés parmi rien

des reflets sous les branches
nouent comme_une parole
et son creux de silences
aux ombres de grands vents

puis le bruit d’un feuillage
ondule sur les eaux



_ _98

on va au loin d’une eau
claire lumineuse et sonore

un bas bruit bas — froissé presque
stridule sous les herbes
déjà sèches du pré
— la faux a oeuvré là

lasse de trop attendre
de toujours on entend
le vol des libellules


h3s.431

un temps de silence

le soir penche sans bruit
des soleils de pierre
de fer et de rouille

où se lève le vent

le rien tout auprès
presque à toucher
un peu d’âme en éclats

pour respirer plus loin