Archives de Catégorie: Icaria

h3s 906

soir sous le vent d’orage

on sait que de soi toute
trace laissée n’est plus
rien à même le sable

loin les martinets noirs

comme si vivre ici
était ne pas toucher
terre — d’où nos paroles

chassent d’un même cri


h3s 905

sans plus aucun signe

les cieux sont ces sphères
vides — l’eau opaque
semble se figer

dès le temps de l’aube

un roseau se courbe
au long de sa soif
la source est tarie

le jour est  brûlure


h3s 904

la voix d’ici mêle

le don le plus simple
aux lieux déchirés
par le temps les ombres

un reflet des eaux

la rivière inverse
le songe des arbres
une image claire

ça et là — la vie


h3s 903

un peu de temps brille

il semble que hier
soit le lointain même
au creux de la main

la rosée condense immerge

les prés hauts encore
— à peine plus loin
des vergers des haies

la colline sèche


h3s 902

un pas et franchir

ce rien qui fait l’ombre
de bien plus d’effroi
qu’une nuit sans lune

les crevasses noires

que montre le songe
sinon outre ce qui va
plus loin que le dire

sur la terre sèche


h3s 901

c’est là comme devant soi

et qu’a- t’on saisi
du jour ou des heures
amples et rapides

le soir tout soudain

on a un peu froid
malgré l’été proche
la fatigue berce

un oiseau-silence


h3s 900

ce jour comme rien

un bruit de fatras
dessous le vent net
fumées ou poussières

quel cri voile ici

la route encombrée
n’aller nulle part
la vie est niée

les ciels déjà vides

 


h3s 899

on sait parmi le soir

la ville une voix autre
les mots d’aucune phrase forme 
suivent la mélodique

que le vent là-bas touche

un arpège plus haut
comme font les feuillages ont parole
et la lumière effleure

terre et ploie les ajoncs


h3s 898

ce sable toujours

loin sous le pas — même
léger et joyeux
à peine un instant

qui s’écoule ici

comment ne pas voir
ce rien disparaître
dans la terre noire

hors de tout     poème

 


h3s 897

ce sont des branches basses

le jour pour entrer cède
les passées au hasard
des arbres effondrés

qui quadrillent l’espace

les roseaux entre deux
mondes légers se penchent
ailes plumes ou vents

parmi les eaux toujours