Archives de Catégorie: Icaria

h3s.128

on ne voit rien autre

les roseaux se ploient
sous les jours plus longs
et la pluie abonde

le fleuve et l’eau noire

les rives cachées
renaissent sous terre
la nuit et ses vagues

avancent en crue


h3s.127

seul le vent pour aller

là-bas au seuil du souffle
le jour prend dans les branches
on entre plus avant

entendre quel plus loin

l’épaisseur des temps ouvre
la mémoire et l’oubli
et c’est le seul ici

qui claque aux volets clos


h3s.126

on va sous la nuit toute

sous la voûte rien n’est
sinon une parole
l’écho revient mais vide
nous renvoie quoi

qui attend sous le vent

on entend qu’ici tombe
comme chute une pierre
parmi quelle autre eau noire

cette ombre sans visage


h3s.125

la lisière là-bas

est-elle cette forme
toujours simple et complexe
est-elle cette forme
où le regard achoppe

tremble dessous la brume

on entend comme bat
un cœur dessous le souffle
un nom un seul vient bruire

qu’emmêle le silence


h3s.124

on va parmi le froid

des branches brisées jonchent
çà et là les chemins
s’effacent sans un bruit

quand sa lumière brûle

l’air sec répercute un
bruit d’ailes sur l’eau vide
le gel sur la peau nue

on sait l’ici sans fin


h3s.123

on a ouvert les yeux

on marche de toujours
vers cela sans un mot
le paysage brûle

à l’inconnu des signes

l’ombre appose un visage
à ce que rien ne nomme
qui est soudain devant
soi

— le vent tourne la page

 


h3s.122

cela — ce rien comme être

on va et c’est l’enfance
qui surgit au détour
des routes perdues toutes

don d’encres au paysage

chaque pas plus avant
existe puis s’efface
mais on ne peut se perdre

la neige nous estompe


h3s.121

on voit de loin en loin

tout un pays de neige
traversé ça et là
de terres qui affleurent

la ligne des vergers

que renoue le regard
sinon sa propre errance
au droit de la lumière

une dormance torse


h3s.120

c’est entre deux bourrasques

ce creux de tout silence
parmi un monde vide
quoi passe sur le seuil

le vent et puis l’absence

dans la chambre plus sombre
on allume une lampe
et lorsque les yeux cillent

on entend la nuit battre

 


h3s.119

ici tout d’une pierre

mais le fleuve s’écoule
inflexible toujours
un trait nu de lumière

comme_un bloc étranger

on traverse passe pour rejoindre
le jour que fait plus loin
le pan d’ombre d’un songe

tombé hors de la digue