Archives de Catégorie: Icaria

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dessous de grands ciels
on est sans saisir
les songes du vent
que courbent les eaux
on va sans comprendre

la roche impassible
attend le fracas
des barques perdues
— un marinier chante


h3s.344

on va au juste ici

peu à peu les pourpiers
cèdent aux buissons noirs
des ronces sous les fruits

et chaque pas renoue

aux rythmes du vivant
la lumière qui perce
les cimes colorées

l’eau du temps ces reflets


h3s.343

quoi mue en un chant

le vent puis la pluie
outre les feuillages
et c’est comme_un bruire

l’écho tout soudain

les saisons refluent
au loin parmi soi
on attend sans doute

d’être en ce silence


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un son de voix approche
dessous la voûte d’être
un haut silence brûle
et tremble si fragile

le volume des ombres
sans cesse change et trouble
l’image que formait
là un rai de lumière


h3s.342

la clarté transparente

sans pourquoi de la brume
passe là-bas sur l’herbe
haute des fins d’été

dehors change les formes

l’éphémère beauté
qui nous saisit ici
nous remet relie pour un peu

au jour le jour du temps


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un reflet de jour
dans l’eau irréelle
est-ce encore ici
que l’on va vers l’aube

le sable devient
le jaune et le rouge
des feuilles tombées
à même une eau noire


h3s.341

le jour passe et puis rien

rien qui ne soit se perdre
on entend ce qui est
encore au vrai du monde

au plus lointain
de soi le plus étrange

un dire juste lève
une voix sourde et chante
sans mots — sa geste évoque
sans pourquoi tout

cela comme_une brume


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on laisse peu
à peu de soi
partir ce qui
déjà nous quitte

la main nue qui s’ouvre
délègue au donne à voir le sable
la pleine mesure
qu’emporte le vent.


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une image loin
en corps qui lancine
cela qui se noue
autour et joue


on va où le monde
se perd et tombe
le coeur bat stable
on ouvre les yeux


h3s.340

qu’est ce là devant soi


le vent circule haut
les arbres sont parés
la lumière partout
le vent circule haut

ici tout un scintille

un monde lavé lève
inverse dans les flaques
l’image comme ajour

après l’averse tiède