Archives de Catégorie: Icaria

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sur les eaux indécises
l’aguet du héron laisse
la faim mort parfois parmi les eaux
la transparence d’être
cela qui vit et meurt

plutôt que rien l’approche
du solstice parsème
les arbres de couleurs
totems signes d’avant la nuit


h3s.360

dedans la roche-mère

l’écho lointain des vagues
où retentit ouvert
le pli des océans

que laisse la parole

un dire au corps absent
parmi les ciels toujours
rouges des crépuscules

d’être soi la poussière


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pour peu que le temps flue
ici-bas comme_un sable
et le lierre recouvre
la pierre rouge absente

de loin en loin une ombre
qu’agite un rien de vent
ou est-ce le silence
déjà qui ici lève


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on voit dessous l’étoile
la forme nette d’arbres
leur désir à jamais
d’être le feu possible

la brume toute autour
noue un lointain que songe
la nuit aux yeux ouverts
— le fleuve gronde proche


h3s.359

les formes reparaissent

on les dirait un chiffre
mais de quelle clé autre
faire ici tout un monde

et la couleur repose

où chaque pas qui va
vient bruire sur la terre
et puis le vent l’emporte

lentement sous les arbres


h3s.358

est-ce encore une rive

on entend les oiseaux
haut qui cherchent asile
parmi les roselières


ici comme_un flot bleu

la lumière qui tremble
prise de feux épars
scintille — le lointain


brûle de part en part


h3s.357

on va loin dans le soir

parmi cela qui passe
et la brume du temps
s’anime brûle l’oeil sur la digue

où les ombres s’allongent

comme on quitte la scène
le rêve ne retient
rien de ce que fut vivre

la résurgence brille


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que sont ces pavés
inégaux brisés
la forme des rêves
que le vent balaye

et l’averse lave
la cendre des mondes
qu’ici on recueille
de toujours en vain


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on sait ici le peu
être ce que le vent
n’emporte pas plus loin
que la flaque de ciels

et la dernière averse
laisse parmi la boue
un feu de couleurs nues
où les soirs vont s’éteindre


h3s.356

c’est comme un jour neuf clair

mais tout attend que tombe
ou l’averse ou le gel
sur la terre assoupie

que voilent les nuées

au plus lointain du voir
— tout doucement s’endort
on va dire en silence

un théâtre de songes