Archives de Catégorie: Icaria

h3s .012

on sent de l’hiver

la première neige
ourle déjà l’ombre
ça et là qui brûle

l’approche et pourtant

le jour tôt encore
file devant soi
un dessein nouveau

les fruits sont frais d’automne

 


h3s .011

on dit que le vent

un souffle plus froid
défeuille les arbres
comme sans couleurs

là-bas est de neige

la source murmure
on ne sait jamais
quoi de la parole

et de ses silences


h3s .010

le petit matin

on sait tout soudain
la fatigue longue
comme le temps creuse

pâle et tard venu

le cal dans les mains
un sillon de rides
au droit du visage

brusque seul le vent


h3s .009

les yeux grands ouverts

un songe de pluie
et la terre sèche
il n’y a rien autre

on va sur l’instable

ici que le vent
renoue et dispense
— couleur ces feuillages

dire –une illusion

 


h3s .008

la nuit qui revient

l’ombre et la couleur
pas à pas rejoignent
leurs autres ramures séjour

ici peu à peu

tout laisse venir
le plus nu des formes
et sur les ciels blancs

l’obscur du silence


h3s .007

on n’entend plus même

un endroit où cesse
le vent on attend
le bruit de la pluie

les routes vers soi

et plus rien n’endigue
cela que parcourent
l’ombre puis les larmes

toutes vers le fleuve

 


h3s .006

on va le sommeil

chaque pas demeure
ce creux sur la terre
que le vent efface

une brume d’être

sèche comme l’encre
la poussière même
qu’un récit déploie

lève sur les eaux

 


h3s .005

on sait la lumière

le jour à nouveau
un temps inconnu
au plus commun sens

ailleurs pour un temps

le rêve un oubli
on ouvre les yeux
on va se lever

le corps répond bien
mais sous la peau quoi


h3s .004

un lieu presque sans

poussières — ces formes
qu’un voile recouvre
— plus rien autre n’est

vie —  la lumière erre

et la cendre mêle
au monde désert
les choses — la brise

dans ses lointains mêmes


h3s .003

quelle la musique

et le son tournoie
on dirait la steppe
avant le point d’eau

sur la rive un homme

et la soif tenaille
ceux qui vont à pas
lents parmi le vent

qui joue de son oud