Archives de Catégorie: Icaria

h3s.307

on est dedans les ombres

ici comme_un silence
laisse brûler quel feu
dans l’âtre de granit

forme en demeure vive

la nuit avance encore
au loin des éboulis
on voit poindre de l’aube

où entendre les mondes


h3s.306

ce tremblé d’air vif bleu

qui appelle sans mots
le nuage un passant qui passe
le héron dans le pré

un matin de toujours

le temps est suspendu
sur la paume du monde
— le rien de la rosée

on va les yeux ouverts


h3s.305

on entre dans les vagues

la fièvre est sans frissons
mais les yeux sont brûlés
où tout le sel dépose

et sans un bruit s’enroule

on nage comme on marche
sans fin un mouvement
peu à peu le corps ressent ce rien

sur soi la lame froide


h3s.304

on sait que devant soi

la dune pas à pas
se défait dans le temps
jusqu’aux vagues dernières

rien ne tient l’être comme

la brume des matins
a un bouquet de feuillages
le lierre sur l’écorce

l’obscure nuit sans songes


h3s.303

cela comme_un passage

on entend l’averse
et déjà la lumière
qui vient brûle plus loin

de la clarté aux ombres

on demeure étranger
par le silence en soi
que laisse la bourrasque

l’été déjà entier se ploie


h3s.302

le vent a cessé net

le jardin est à nu
passée l’averse brève
et plus loin une brume

on va sans un bruit mot faire

quels gestes pour saisir
la tonnelle qui ploie
ou le mur qui lézarde

route vers soi le soir


h3s.299-2

sable que cela –dire

un arbre que le vent
noue et sculpte à sa main
excède la voix même

il n’y a nul repos

et le sel vient blanchir
le bois sous le burin
on révèle de l’ombre

qu’ignore le silence


h3s.301

parmi tout ce qui est

on va entendre l’herbe
haute de quelle mer
que où la lumière brûle

aucune trace rien

la chaleur des étés
sous quoi la roche tremble
de n’être que mirage

un pas dessous les ombres


h3s.299-1

on ajoure la pierre

grise sur la colline
— les statues sont des ombres
de quelles mains leur naître

un bleu serti au plomb

leur parole en silence
raconte un autre temps
les yeux se sont fermés

la formule est perdue


h3s 300

quoi revient ici sans autre

rêve le réel du monde
il dort au noir du regard
où seuls vont les grands sommeils

rien que le sable et le vent

la laisse de mer instable
sa mémoire des instants
point — brûle de feu en feu

eux tous que retient le loin