Archives de Catégorie: Icaria

h3s 726

on va mais c’est sans

voir devant soi rien
qui ne soit la brume
blanche sur les branches

plus aucun recours

on entend que sonne
plus loin la cognée
rien n’est — les frimas

et puis une autre aube


h3s 725

ces mots comme on tombe

dessous l’eau glacée le féroce
on ne peut rien dire
du froid de la faim

quel le lieu où tout

soudain de soi cessent
et l’espoir d’entendre
et le chant perdu
cessent dans nos mains

du jour est la nuit


h3s 724

ce rien de lumière

on sait dehors l’aube
mais le brouillard songe
delà soi les ombres

est-ce un jour vraiment

ce temps bref gelé
— couleurs et feuillages
demeurent en nous

cela où vient l’autre

 


h3s 723

peu à peu là-bas

cela fait sillage
au loin des silences
une ombre se courbe

un liseré rouge

tout un l’autre monde
que dépose là
au-dessus des terres

la nuit cesse d’être


h3s 722

rien autre comme_un

le regard déserte
les lignes absurdes
qui vont sous le soir

le bitume même

dedans c’est le vide
et dehors le gel
mord – tout ce qui vit

retourne à sa nuit


h3s 721

on sait de la nuit

toujours à venir
le dessein sans nom
et rien n’y échappe

l’empan inflexible
sans mesure

là-bas se consume
où le jour s’attarde
demain n’est plus rien

nos voix sont feux pauvres


h3s 720

ces feux sur l’eau noire

que seraient les jours
sans jamais cela
qui brûle leur gangue

un reflet plus haut

et tout se consume
au regard dernier
il ne reste rien

que l’absence la couleur même


h3s 719

le fleuve est sans visage

on entend comme il va
l’impassible devant
flue sans fin à jamais
par quoi il flue devant

on passe dans l’obscur

de méandre en méandre
la terre disparaît
seuls demeurent les ciels

des nuits soudain plus froides


h3s 718

rien n’est que le songe

l’aube pour séjour
brève comme file
l’astre qui s’attarde

et la part de nuit

d’un horizon l’autre
pas à pas cela
toujours à rejoindre

delà la lueur
ce qui luit
l’étincelle


h3s 717

on sait le rivage

là-bas à toucher
la peau des ciels clairs
la nuit elle-même

si proche toujours

et cela qu’elle ouvre
ne serait-ce qu’autre qu’ombre
qu’en un dire plus pauvre loin

mais pourquoi jamais