Archives de Catégorie: Icaria

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un dire de feuillages

le temps semble immobile
un peu de chaleur tremble
tout au bout de la vue

on passe outre le lieu

l’horizon s’enracine
et chaque jour éloigne
et l’ombre et la lumière

où la forme s’efface


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on sait le vent chaud

dehors nul autre bruit
que celui d’aller là
pas à pas écouter

qui flétrit les arbres

la nuée de poussières
recouvre peu à peu
une terre trop sèche

tôt – et tout s’endort


c’est à jamais un autre

matin
et c’est sous le saule
la lumière brève

un passage du temps

un reflet danse ici
le tout de l’aube loin
où le vent respire

pas à pas léger en soi


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cela comme gisant

l’été reste immobile
dans les feuillages secs
la main de grands vents passe

au creux de basses terres

et trop proche et lointaine
la forme des nuages
n’existe qu’absentée

la source même brûle



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la main vient se poser aimante

cela — un seuil infime
et le corps reconnaît
ce qui fut l’horizon

nous touche le grain d’un bois sombre

et toute demeure est
mémoire que le sable
renoue aux plus grands vents

où dire efface toute rive


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de l’aube ici — on voit

cela qui roule
toujours
de l’un à l’autre

mais seulement un rien

flux
comme dire
va au lointain du temps

que le rivage brise


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un creux lointain de jours
quoi vient bruire au silence

le temps
un instant immobile
à même la couleur

les ombres tournent se font longues

et c’est le soir
sans que rien ne dise
à l’aube

sans pourquoi on revient à soi


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ces poussières

une forme sans nom
retour à la terre
de feuillages passés

sans aucune trace

l’odeur de la rosée
rappelle ce qui fut
on se mêle au vivant

puisque le vent se lève


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comme étranger en soi
de soi le plus lointain

depuis la rive
des plongeurs rejoignent l’eau verte
de toujours sous les ponts

le songe ne sait pas

une ombre pour mémoire
le temps d’être s’enroule
à un reflet de ciels

où passe l’éphémère


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un grisaille de ciels
bas et lourd le monde
la ville pèse
un lambeau de temps
mais qui pour entendre
comme crient les voix
fausses et mêlées
la colère même
une voie sans issue
et au bout
tout au bout
quoi?
une pierre tombe
au plus obscur du puits