Archives de Catégorie: Icaria

invz_24

les yeux brûlent à leur tour

rien pas une larme
ni un sanglot
le vent seul

mais ni le sel ni le sable

pour faire trace
de quel passage
aucun des pas

pour atteindre leur nuit aveugle


invz_23

l’impossible — ce silence

ici quand cesse la pluie
le goutte-à-goutte lent des arbres
tombe au noir des flaques

les chemins du monde se ferment

le corps debout va un songe
un rien de chaleur demeure
pour un temps

c’est nuit partout de toujours


invz_22

un trait bleu sur la nuit

une à une on éteint
les étoiles –mais les lampes
brûlent la nuit le temps

on dirait un cil
qui vient poindre et battre là

posé sur le seuil
le proche vient éclore s’ouvrir
le proche fait accueil depuis
seul pour qui passe

juste le point du jour


invz_21

on voit — quelle la lumière

la lampe tard brûle
et se saisit du rêve
d’être la flamme

bien trop brève qui reprend

infime éphémère
laissée là aux rivages
qui flotte sur l’obscur

sans pourquoi — un rien de souffle


invz_20

ce sont des ciels bleutés

nets et lointains
les nuages hauts déploient
des formes impassibles

comme des trouées ouvertes

parmi les rameaux nus
fins branchages
un chant d’oiseau absent
signe tout un silence

delà le jour de brume


invz 19

la pluie tombe çà et là

l’eau terne et morte rue
dedans un autre méandre
— l’éclaircie immobile

et le froid saisit tout sauf

reflet parmi le plomb
l’or d’un double feuillage
se penche et brûle

là-bas un feu sur les eaux


invz_18

c’est après les pluies d’hier

le bruit de la rivière
haute change — la rive songe
dans un bruit neuf

non la crue mais presque un temps

strident sous les arbres
et les derniers feuillages
secs d’avant le gel

clair — et le ciel dessus l’eau des flaques


invz_17

l’aube loin là-bas derrière

une ligne d’arbres
et la crête non loin dessous la crête
toute de roches hautes

ce que la vitre du train une brume

on voit sans voir — la buée
et sa mêlée de souffles courts
montre à même ce que le soleil

efface de sa lumière


invz_16

c’est là un rien de la lumière

un danse bleutée juste
sous les nuages lancés
comme une vague

le lointain accueille déjà

le flux et le reflux
où chacune des couleurs
exalte

la première neige d’hiver


invz_15

les arbres glissent leurs corps

une forme nette
autant que les racines
la pensée un bourgeon

peu à peu vers l’hiver noir

la ramure penche
et ploie vers le sol
cela

l’allée devient la lumière