Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s.208

ici le vent toujours

une voix comme d’ombres
un monde sans visages
on voit autour de soi

dans les feuillages rouges

le temps passé en veilles
le chant d’une mésange
clair presque plus que tout

stèles pour quels gisants


h3s.207

on dirait ici

une crue encore
— deçà l’éclaircie
les terres perdues

les mains d’un orant

la lumière ploie
les branches d’un monde
toutes emplies de pousses

levées vers quels ciels


h3s.206

quoi va sous les arbres

on marche sans bruit
plus une parole
ni âme qui vive

cela sans regard

l’eau morte et la rive
inversent les ciels
tombés sans pourquoi

un silence d’être


h3s.205

est-ce cela un monde

ces formes qui sans cesse
dorment et muent et passent
sous les pierres de sable

cela que la lumière

oeuvre — le regard nu
quoi demeure ici seul
en silence et d’un geste

dessine en miniature


h3s.204

ce rien des seuls corps

sous les ciels les pierres
et la terre aride
juste avant l’averse

file auprès du temps

un sable alluvial
reverse l’ondée
à son seul destin

une eau des roseaux


h3s.203

la place est déserte

les cercles du vent
le froid bien trop vif
mordent les passants

les pas vont ailleurs

ils ne sont d’aucun
lieu — ce que la langue
étrangère nomme

des voix sur la rive


h3s.202

l’aube — sous la lune

un seuil s’est ouvert
le fleuve se courbe
où passent les ombres

de loin en loin un

présage du vent
qui n’est pas encore
un visage — un haut

cri déchire l’heure


h3s.201

on voit ici sans cesse

la scène un incendie
un foyer de gravats
où la poussière vole

comme les murs s’effondrent

aucune cause rien
pour donner sens ici
la nuit comme haut-lieu

la cendre seule reste


h3s.200

les yeux se sont brûlés
l’ajour brûle les yeux

une part des silences
être au proche etc pour offrande et connaître
le rien qu’est toute voix

la lumière d’ici

porte l’hiver l’été
les fleurs ont fond de neiges
les couleurs de la terre

presque comme_un toucher


h3s.199

outre chaque route

quelle part de souffle
repose dans l’ombre
juste sur la roche

c’est sans fin — errer

les grand bois ouverts
aux sols écorchés
vifs — les vents s’emportent

parmi le seul vide