Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

nulle part 13

des pans à nu
un noir un peu
plus dense
et de loin en loin
des feux comme sans
hôtes ni chaleur —
la nuit seule part du monde
close

infinie
à l’avant des jours.


lignes comme de vie

(tenir les îles)

pc040810-2

pc040808

 


nulle part 12

il n’y a
plus de lumière
que celle du fleuve
oh la réverbérée
elle dérive bleue
au long cours
encore fluide
d’un courant l’autre

sans rien autre tombe
que la nuit des pierres.


nulle part 11

sans bords
les corps et les
crânes déclives
à faire
masse là
sans nom auprès
ce qui flue
du fleuve

absent comme mort
l’amont.


nulle part 10

on a
bougé des ombres
devant le loin
indifférent
c’est bien ici
sur la rocaille
stérile
qu’un lierre va

chercher le jour
pour quoi n’est plus.


nulle part 9

quelle la route
là-bas sous les voiles
qui tendent de rouge
l’avant-jour
on a perçu l’un
puis l’autre puis chaque
pas suspendu
dessus les eaux  du poème

qui n’était pas avant le dire
moins vaste que sa nuit.

 


nulle part 8

comme un bris tout soudain
par quoi la nuit s’est ouverte
l’air coupe — une vitre étoilée
la nuit s’est ouverte
s’ouvre le temps des gels
les mains nues saignent
au contact des souffles
figés jetés sur le verre
noir lui aussi derrière quoi sans mesure

derrière quoi on nul ne voit plus trop qui
avance lentement et sans mesure.


nulle part 7

dedans
la nuit aussi
sèche froide
des ciels d’hiver
on est à la peine
dans l’air du gel
en suspens
quoi  du noir cristallise

sinon ici le vide
un monde d’heures imparfaites.


nulle part 6

de soi
on laisse
le rien du temps
glisser
et puis un autre
rebond grain écorche happe
d’un coup sec
la main branche sèche

sans plus nul recours
pas même la douleur nie le rêve.


nulle part 5

c’est
un dehors de ruine
comme sans
ombre la lumière
pas une simple
arche rien
dessous le souffle
et la voix

chant bas ténu
loin trop inaudible.