Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s.432

on va devant soi

un peu de vie
ici tremble dans l’ombre
et les iris

les yeux grands ouverts

comme un reflet
d’une forme plus haute
viennent se perdre

où naissent les eaux


_ _ 100

on ne sait
ce que la forme rêve
brève et changeante
parmi les nuages

ni ce que la couleur
toujours insensée
vient dire du désir
et du vœu de silence


_ _99

quels ces ciels sans pourquoi
corps tissés parmi rien

des reflets sous les branches
nouent comme_une parole
et son creux de silences
aux ombres de grands vents

puis le bruit d’un feuillage
ondule sur les eaux



_ _98

on va au loin d’une eau
claire lumineuse et sonore

un bas bruit bas — froissé presque
stridule sous les herbes
déjà sèches du pré
— la faux a oeuvré là

lasse de trop attendre
de toujours on entend
le vol des libellules


h3s.431

un temps de silence

le soir penche sans bruit
des soleils de pierre
de fer et de rouille

où se lève le vent

le rien tout auprès
presque à toucher
un peu d’âme en éclats

pour respirer plus loin


h3s.430

le seul mot myosotis

tache bleue et fragile
et pourquoi vouloir tant
nommer — dire le rien

le vent une herbe folle

le peu suffit pour être
soi — une larme claire
les yeux voient à nouveau

partout une autre langue

vergiss mein nicht


_ _97

quel autre du pas

autour de soi
on sait les ciels toujours
et un surplomb

au-dessus des ombres

de seules herbes folles
on passe sans détours
le gué et le vide

juste avant la chute


h3s.429

est-ce d’un songe cela

quelques brumes loin
hier où fut le jour
clair

l’air vibre mais de quelles notes

en dehors
le monde comme_un décor net
mais quelle la pièce

et ce qui se joue là


_ _96

on sait la dérive

la nuit un continent
doucement s’efface
et cède une après l’autre

des étoiles connues

parfois la nuée d’une aube
qui prend aux lisières
laisse transparaître

une ligne de fuite


_ _95

un temps — trop plein des heures

et fixer le sable
le vent lent et lourd
de presque l’été

et tout s’écoule lentement

des coquelicots ouvrent
la couleur froissée rouge
fragile — avec eux on oscille

le monde va instable