Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

hs 206

cela — rien
encore au sans nom
— quoi bat depuis la nuit
toute dedans

vivre a tâche aveugle
de plus en plus béante
— derrière le noir
des pupilles

quel cristal sans oubli.


hs 205

une brume
comble de riens
et puis tout soudain
le mur

l’opaque des brouillards
et puis la nuit ô l’obscure et froide
main qui saisit tout
de ce que happe l’hiver

sans espoir ni rémission.

 


hs 204

tout soudain
aller se perdre
loin– sous le vol
abrupt d’un oiseau de proie

dessus le pré
la faux à nouveau
dernière
sur les eaux résurgentes

comme_un reflet l’aveugle ciel trop clair les cieux trop clairs

 

 


hs 203

c’est — les digues ont rompu —
on va — toute terre perdue
entrer de soi
dedans l’océan inconnu

la nuit
un reflet sur les eaux
vives et le fleuve même
finit vient ici finir

face à ce qui loin nous passe nous excède.


hs 202

quoi sous les pas sonne mène
à ne plus savoir que cessent
l’étale même d’ ombres
par laquelle ils vont encore

de loin en loin
revenir toujours
au souffle plus ample
que fonde ici

la parole plus pauvre.


hs 201

hors toute
mesure le temps
vient se réduire à même
le sable

être n’a plus lieu
ni trace ni corps
sinon celui de ce qui
défait

de soi un à un les leurres du monde.


hs 200

l’eau aveuglée toute
aux couleurs
des ciels inverses
que font les feuillages

la nuit du terrestre
soit leur fin désirée
et leur regard dernier
voué aux bleuités

sans aucun regret d’avoir su vu.


hs 199

quelle erre sable
ici — pour recours
à la dune terre trop meuble
des roseaux

l’eau phréatique et ces ajoncs
et dessous le vent sans cesse
à son autre terre delà toute terre
la main    quoi passe la main

pour que rien n’ait demeure.

 


hs 198

quelle fin trouver
à la battue rythmique
qu’elle soit celle
des pluies d’automne

ou plus longue celle
que fait le cœur dedans le souffle
pour un temps encore
le dire vient taire

le silence de l’ombre en soi.


hs 197

éclats
ces riens au sol
et quoi brille
parmi eux — lustral

l’averse qui s’éloigne
ou la nuit des bitumes
— on a laissé
toute poussière

au cours des eaux.