Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

sine nomine 20

sans autre loin que bétons
bruits martelés faux pas pour rien
la rue brûle de se perdre

et la ville empêche le souffle
même sa part ténue d’être
autrement que brisée

sans ligne de fuite
la couleur absente
dire à ce qui est

indigent sans révolte.

quand ce qui est ici se cabre.


sine nomine 19

comme_une figure

et c’est revenir
au plus nu de soi
la chaleur des jours

aride et vacante

porte la falaise
le grain de la roche
et les lichens rouges

tout parmi le monde

cela qui s’éloigne
est-ce souffle ou rien
mais on va toujours

à ne plus savoir où est la parole.


sine nomine 18

hors
et la main ne trouve
dessous son toucher

que poussières
peut-être comme être le vent
et sa cendre.


sine nomine — 17

ce pas un jour
et qui ici approche
un peu plus

les ombres derrière
le mur un théâtre
sans voix pour dire

quand vient la nuit.


sine nomine 16

est-ce la nuit encore
ou le point du jour
cela qui s’avance

l’indistinct — du temps
goutte à goutte lent
sans même un seul bruit

le jardin est d’ombres
pauvres endormies
et dehors la ville

inconsciente gronde sans loin.


sine nomine 15

on laisse sans
savoir la phrase
le jour tracer

un peu de nuit
un rien de bleu
hors soi

et puis quoi autre
qui attend qu’on ne saurait
jamais être dit de vivre.


aller respirer

…to breathe…


sine nomine 14

quelle erre pour l’instant
et le regard qu’il porte
d’ici à ce qui est

la nuée

le lieu seul un sol sec
mais beau dessus la roche
— la faille qui le porte

se dénoue

tout soudain quoi relie
la terre craquelée
à l’oiseau de haut vol

devant la nuit.


… traces et détritus avec établi


sine nomine 13

dans l’allée du jour
à même son orée
entendre comme

presque perdu revit

le chant pauvre
de toujours le même
oiseau invisible

pour qui s’éloigne