Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 730

quel sens au pas nu

le soleil bas pâle
ne réchauffe rien
des ombres qui dansent

sur le sol gelé

ce sont formes noires
la ronce autour d’elles
un le dernier feuillage
enroulent l’ellipse

que l’hiver éclaire


h3s 729

cela qu’ici brûle

on ne sait pas même
comment dire au juste
quelle tache aveugle

au cœur noir des nuits

accroche une étoile
puis une autre aux ciels
ne plus rien voir autre

nous ajointe au temps


h3s 728

on ne ressent rien
saurait voir prendre

ici quelque souffle
reprend au silence
seul ce qu’il faut d’air

à peine cela

qui n’est rien delà
un bourgeon que ferme
le plain-chant des mondes

— la décrue des jours


h3s 727

devant soi la pluie

on attend les flaques
où le vent froid pose
ce qui en soi tremble

et les yeux se brouillent

et l’eau noire fige
le gel géomètre
il fait nuit encore

d’aller là aussi


h3s 726

on va mais c’est sans

voir devant soi rien
qui ne soit la brume
blanche sur les branches

plus aucun recours

on entend que sonne
plus loin la cognée
rien n’est — les frimas

et puis une autre aube


h3s 725

ces mots comme on tombe

dessous l’eau glacée le féroce
on ne peut rien dire
du froid de la faim

quel le lieu où tout

soudain de soi cessent
et l’espoir d’entendre
et le chant perdu
cessent dans nos mains

du jour est la nuit


h3s 724

ce rien de lumière

on sait dehors l’aube
mais le brouillard songe
delà soi les ombres

est-ce un jour vraiment

ce temps bref gelé
— couleurs et feuillages
demeurent en nous

cela où vient l’autre

 


h3s 723

peu à peu là-bas

cela fait sillage
au loin des silences
une ombre se courbe

un liseré rouge

tout un l’autre monde
que dépose là
au-dessus des terres

la nuit cesse d’être


h3s 722

rien autre comme_un

le regard déserte
les lignes absurdes
qui vont sous le soir

le bitume même

dedans c’est le vide
et dehors le gel
mord – tout ce qui vit

retourne à sa nuit


h3s 721

on sait de la nuit

toujours à venir
le dessein sans nom
et rien n’y échappe

l’empan inflexible
sans mesure

là-bas se consume
où le jour s’attarde
demain n’est plus rien

nos voix sont feux pauvres