Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 704

les arbres plus noirs

abstraits d’être là
presque des lointains
à toucher les vitres

sous la pluie d’hiver

on va comme ils sont
la forme tombée
de nous la dormance

runes de quels mondes


h3s 703

la nuit ici toute

et pourtant rien autre
ne semblait devoir
— pour passer le souffle
être là ce rien

tôt — les pas de qui

on entend qu’avance
l’horloge-corps — l’heure
où les yeux brûlent

revient– à se perdre


h3s 702

ici un brouillard

que songe là-bas
la forme penchée
qui est d’un vieil arbre

à travers quoi perle

le peu de couleur
la mousse les feuilles
malgré l’hiver proche

ce rien de lumière


h3s 701

cela plus rien autre

dire au plus nu l’heure
comme va le temps
pour être lui-même

les voiles de l’aube

la nuit sera toute
bien assez au noir
cet oubli de tout

et le corps du jour


h3s 700

il se peut que cesse

tout de ce qui est
comme_un pas décroît s’éloigne
le au loin une nuit

ici à jamais

la rive déserte
et l’espace autour
où le gel neuf prend

ce peu rien qu’est le souffle


h3s 699

sans même un seul mot

le froid vient saisir
et l’eau qui  fut vive
et la terre noire

là-bas court la rune

pauvre — encore en friche
les vergers le cèdent
aux halliers plus sombres

à même la roche

 


h3s 698

c’est l’envers du jour

une ombre plus dense
que des branches strient
rien ne bouge ici
sinon

encore à brûler

ce peu de chant loin frêle
que l’hiver n’atteint
jamais — la mésange

au plus haut des arbres


h3s 697

quel souffle parcourt

là-bas sur le pré
parmi les feuillages
tombés comme flaques

sous les ciels de pluie

le vent est ici
ce qui passe haut
entendre et savoir

la demeure vide

 


h3s 696

haute et sur les parmi cimes

la lumière un soir
comme_une trouée toute
à ce qui finit

la couleur a pris

et c’est bien de vivre
que la main tendue
saisit qui accorde

le passage à gué


h3s 695

on sait delà soi

que les mondes tremblent
depuis l’aube même
on voit la nuée

la lumière sourde

tout est ce mouvant
pour aucun regard
sinon le dernier

qui approche ici