Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 370

cela du vent passe

ce que cherche en soi
toute voix tout souffle
se peut-il qu’il soit

haut — comment entendre

le peu de parole
encore possible
malgré l’insensé

le dire des oiseaux


h3s 369

ces grands cercles de fer

c’est dessous l’eau noire
des pierres muettes
et leur chute sans fin

que rivent-ils aux ciels

un reflet inverse
delà les grands arbres
invoque les

blancs absents des hivers


h3s 368

delà la nuit l’averse

et ce n’est rien
rien vraiment
sinon une lame

l’hiver et le froid

ces visages
chacun effilé
pour ne pas dire

quel autre soi a voix


h3s 367

cela des ciels au loin

la main du peintre forme
sur la toile dévastée toute
on ne sait quoi des mondes

quel savoir du solstice

soudain à son silence
le paysage passe
les heures font le jour

cet ici-bas absent


h3s 366

parmi ce qui est

l’immense du vent
dedans le visible
ce brin d’herbe sur la dune

que change écrire — rien

la mémoire elle-même
va un autre chemin désert
rien — où est perdre sens rien

sinon reconnaître son erre


h3s 365

de loin en loin

le souffle disparaît
et revient en soi
là d’où il s’échappe

le corps s’éprouve d’être

une forme de peu
retenue sur l’eau noire
vide mais qui flotte

encore au lent cours des saisons


h3s 364

puis c’est sans cesse

jour ni nuit
cela a lieu
— un temps

autre parmi rien

on crie on parle
sans aucun mot vrai
et nulle langue

pour ailer les silences.

 


h3s 363

puis c’est sous la voûte

des voix soudain claires
tout d’une autre langue
où le feu apaise

et l’ange et le seuil la porte

on va sans chemin
d’une pierre l’autre
un silence qu’ouvre

l’obscur dehors du chant


h3s 362

le vent a repris

des volets claquent
on sait leur bruit
de maison vide

aux lointains le temps

une brume bleue
se lève soudain
— un rideau de nuit

et ce seul passage


h3s 361

retour parmi soi

sans aucun regret
on quitte le bruit
vain que fait le monde

de quelle eau plus haute

à l’amont des ors
la ligne des arbres
la rosée que fait
cette pierre brille

le silence brûle