Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

hs 95

stries blanches haut
quoi dessine là
quel le loin proche à toucher
un instant sans

pas même une ombre
dans le jour neuf
neuf le vol recommencé
des martinets noirs

et douceur et stridence virevolte.


hs 94

quoi ouvre
au dépli des mots
la trouée
là-bas dans les ombres

et c’est bien
ici encore neuf de toujours
comme de chaque aube
qu’on traverse

l’insondable geste qu’est vivre.

 


hs 93

plus n’importe
pour peu que soit
ici sans nom
que chaque souffle
ait ou n’ait pas

quelque sens
— on va où rien
n’est sinon
cela qu’efface

sur le sable des jours la nuit.


hs 92

commun loin
la nuit paraît plus autre
que depuis le fond même
d’où tout procède

l’infime que songe
qu’est chacune de nos orbes
n’erre pas ici sans dessein
sans rien autre jamais

tout inconnu devant soi se dérobe.


hs 91

sous les arbres
le rien des flaques
et la boue
mêlée concentrique

comme de cendres
que vienne le vent
un instant bref d’été
et tout un ciel

passe parmi les ombres.

 

 


hs 90

ni la branche
ni l’arbre noueux
qui portaient — une
unanimes le monde

non rien de cela
n’a pu céder même devant
le flot furieux
et c’est désormais

ici que brûle toute leur lumière.

 


hs 89

cette forme
l’écrire
que déprend le rêve
sur la rive
comme échoué — mais non

et dessus sur la barque
la lumière pleut
à durcir
les mains du passeur
chaque fibre vive

soit le même geste au long des fleuves le don.

 


hs 88

les yeux brûlent
de quelles intensités
loin dans l’inaudible
il semble au sortir de la nuit

proche
le balancier de grappes
blanches — acacias
en floraison

que cela  appelle le vent les pluies.


hs 87

la lumière
sur le bleu-fleuve
on court
de cela

vers soi comme
sans savoir aucun
on remonte
l’intérieur

du souffle plus long enfin qui rêve.


hs 86

cela
quoi a disparu
sur le fil
tranché

des heures
le rasoir
sépare de soi
le dormeur

celui aux yeux toujours ouverts.