Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s.069

la lumière trouble

ici tout se brouille
la nuit et la brume
le froid et l’hiver

verse pour avant

quelques formes blanches
hantent la gelée
et les arbres nus

cela comme noir


h3s.068

est-ce le lointain

ces roches que l’ombre
baigne dans le froid
dès avant le soir

ou la brume simple

la gelée d’hiver
dessous quoi les sols
sonnent au plus haut

d’ici tout ce bleu


h3s.067

c’est comme du soir

dessus les collines
ici de brouillard
tout un soleil pâle

et le jour attend

la nuée — les ombres
rouges dans les ciels
on est où traverse

la nuit plus avant


h3s.066

c’est là comme on sort

le gel — ses aiguilles
et les mains soudain
sans toucher connaissent

bien après le jour

l’hiver qui vient là
délie les feuillages
dont les formes vont

errer dans le monde


h3s.065

on va — une brume

pas on pas on ouvre
son propre silence
entre chaque souffle

et du jour se lève

on ne sait jamais
pourquoi plus avant
on voit la trouée

sur la ligne d’arbres


h3s.064

cela comme jour

de loin en loin seule
la forme chiffonne
ces fatras de planches

et partout la terre

sur quoi il faut être
debout de bien peu
si ce n’est ici

perce la couleur


h3s.063

ce rien de lumière

un gué d’avant soi
on entend ici que passe
vivre au plus près d’être

là-bas qui se ploie

l’inverse des ciels
un reflet que brûle
où va le passant

simple au bord des fleuves


h3s.062

l’aube a son silence

on passe parmi
l’absence ou la brume
au porche des nuits

ce sont des ciels rouges

un lointain se forme
et puis se défait
où le vent se lève

on œuvre du jour


h3s.061

ce que sont des couleurs

la rivière flue
proche sous les ciels
une forme sombre

et déjà la terre

la nuée des aubes
va sans nom où elle
gronde contrebas

accueille leur chant


h3s.060

des places pavées

la lumière brûle
les yeux de qui va
rejoindre les eaux

où la pierre coule

quel rivage absent
le rêve a-t-il vu
tomber des falaises
l’étrange des ombres

déjà au loin comme un sable