Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

formes de peu — 217

un peu de ciel
flue dessous les arbres
les feuillages dansent
avant la chute

au creux des soirs
quoi songe le jour

on va des chemins
d’encore l’été
le proche paraît
l’immuable même

hors toute limite
une voix perdue.


sine nomine 48

nuit
comme sans songe
de rythmes brisée

nue et noire

avant que d’être
pour un temps bref
l’écluse ouverte

aux torrents de ciels.


sine nomine 47

le dire

que laisse
dessous les herbes sèches
folles en terre

une énigme

le pas des étés
— un sol sec pauvre fissure
et bée en lui un géomètre noir

sans recours ni fin.


sine nomine –46

delà toute couleur

qu’est cela
de la nuit en soi
la main  ne saisit rien

une écorce brève

quoi lui échappe
ouverte malgré elle
au plus ample écrire

la pierre du monde tremble une.


sine nomine — 45

pas à pas
les branches défont dénouent
l’orée

sans regard
les ombres cèdent
passage

au vent seul.


formes de peu 216

on voue au silence
quelques  lieux où être

voix perdues sans plus
d’écho un lointain – l’écho
sonore que peint
ouvert malgré lui

le jour insensé excessif désoeuvré
excède désoeuvre le monde.
voué au silence.


sine nomine 44

sans dessein

on va
dessous les arcs clairs du nocturne
et soi à rejoindre

sous le porche

où entre le jour
les façades cèdent
pour un temps

l’ombre la lumière a demeure.


sine nomine 43

ce sont
bruits légers
de feuilles de branches

dessus les pierres

mêlées de nuit
à même les couleurs
sans fards

on voit encore vivre.


sine nomine 42

contrebas aveugle
des bruits sourds confus
grondent

de bric et de broc

on remet au faire
le jour même  qui
n’est pas encore

la ville dehors.


sine nomine 41

à même sa fin
la main qui n’est plus
elle seule

ombre doucement
le grain de la pierre
— on y reconnaît e découvre

au le visage de toute nuit.

nombres ouvert — quelle la nuit.