Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s.041

ce feuillage noir

on entend qu’il bruit
et sa voix murmure
comme_une autre parole

que la nuit remue

dedans le haut rêve
— on s’éveille au monde
on n’est que poussière

un corps inconnu


h3s.040

ici où l’on parle

cela dans l’écho
— quel l’autre des voix
où brûle et vient luire

ce rien sans lumière

un chant trop distant
sur l’eau noire et sale
un reflet de ronces

demeure le jour


h3s.039

ces feuillages rouges

le vent contrebas
continuo lent
parmi ce qui est

le fil des eaux rêve

un autre du souffle
et tout le possible
on rend plus présent

comme le temps sourd

 


h3s.038

là-bas ce seul point

ce n’est pas que rien
sous les herbes folles
il semble qu’ici

où entre le jour

la clarté réchauffe
la lumière et l’ombre
qui peu à peu vient

on passe le gué


h3s.037

la question sans fin

aucun mot ici
seul le geste fait
se délier les ombres

que la couleur pose

sous les heures brèves
un feuillage bouge
l’amont du silence

où le jour finit


h3s.036

peu à peu la nuit

un ailleurs du monde
il y faut encore
avancer d’un souffle

partout toujours mais

le corps porte en lui encore
un regard l’obscur du regard
la voix seule entend

ce rien de lumière


h3s.035

ici on rejoint

le vent le passage
aux versants l’ouvert
donne tout un ciel

le bruit de la source

la couleur parmi
l’ombre sur les roches
vient luire et bruler

proche des lointains


h3s.034

un motif sans forme

déjà il retourne
à la terre même
juste sur la roche

où point la lumière

le pas s’équilibre
au-dessus du vide
on laisse le sens

sous l’ombre des arbres


h3s.033

c’est comme aller là

sans pourquoi le temps
brûle ici puis cesse
même ce qui passe

se taire sans dire un

la pierre qui tombe
et vient se briser
au sol soit sa trace

mot seul le silence

 


h3s.032

une voix loin autre

la lisière tient
l’arc de ses couleurs
un tout immobile

dessus un tambour

la couleur des ciels
sans cesse qui change
la forêt s’incline

la chamane chante