Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 497

le lilas soudain

sans attendre rien
de la terre pauvre
à même le noir

tout empli de chants

cela qui revient
outre sa nuit même
mêle le jour proche

et le soir d’oiseaux


h3s 496

dehors de  quels ciels blancs

il semble qu’ici
chaque lieu se voue
aux songes qu’effacent

encore plus vides

les voix des lointains
revenues de quelles
contrées perdues toutes

d’être sans passé


h3s 495

ici qui connaît

l’autre des étés
et les gels ne peuvent
briser ni cliver

tout le prix
des ombres la paix

— l’éperon à nu
est demeure encore
on y voit des ronces

parmi les granits


h3s 494

geste de poussière

on aura beau faire
beau dire la voix
entend sous l’écho  porte sans écho

ce rien que dont le vent

un souffle plus froid
reste ici en vain tous les pas en vain
que puis seul le temps nu vent

après nous s’emporte disperse


h3s 493

la lisière courbe
comble accueille

un mur sans regard
et derrière lui
des pierres pour stèles
dressées

cela qu’emplit l’aube

une nuit sans fin
mais nul ne revient
de la  ville loin

un feu de rien brûle
sans pourquoi

 


h3s 492

quoi courbe les branches

ce n’est ni le vent
ni le temps ni l’ombre
tout l’  ici se déploie  exerce

quel un poids les attire
à les mêler toutes

delà la mesure
ces formes penchées
que les ciels reversent les ciels
et leurs propres larmes
versent quelques larmes

au tremblé des eaux


h3s 491

la lumière vrille

sans aucune fin
un simple reflet
joue la couleur bleue

juste sous les yeux

la proue comme_un songe
remonte le fleuve
au creux noir des mondes

la forme des ombres


h3s 490

le commun des jours

un bitume mort
terne et noir sans rien
— pas même la pluie

sans aucun lieu
rien qui ne soit autre

on entend que passe
la nuit sur le monde
rien n’est plus avant

que le faux des voix


h3s 489

ces eaux — un limon

la feuillaison neuve
fraîche claire s’y reflète
et la pluie qui goutte

les trouble dessous

l’autre que ces cercles
tracent — un passage
sans autre lumière clarté

la barque de vivre


h3s 488

là ce presque rien

les ciels trop tranquilles
blancs — le vent absente
chacune des feuilles

un chant pauvre et nu

de l’une à l’autre chacune des aubes
ouvre et continue
le fredon des arbres

pour que soit le jour