Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s .003

quelle la musique

et le son tournoie
on dirait la steppe
avant le point d’eau

sur la rive un homme

et la soif tenaille
ceux qui vont à pas
lents parmi le vent

qui joue de son oud

 


h3s .002

le jour en lumière

pauvre comme riens
dessus l’herbe sèche
où la rosée brille

juste sous la brume

les prés et vergers
luisent doucement
comme eux tout s’en va

une fin d’été


h3s _001

la forme immobile

on passe parmi
les lignes de fuite
après la faux — cri

du héron cendré

l’étrangeté même
du lieu familier
où soi devenir

un trait parmi l’herbe


h3s 1000

plus avant rien autre

on sait comme dire
referme ses ruses
sur soi — et la voix

qu’un poème frêle

embarque évoque une larme
qui est et n’est pas
la mer — le rivage

et clair sur
éclaire la nuit


h3s 999

quelques mots pour la de ronce

ici quoi ils s’enroulent
on cherche du sens
au défaut des mondes

cela vient écrire

la jonchée des vents
un buisson d’épines
signe les ciels vides

les grappes de fruits

 

 


h3s 998

ce matin froid presque

et toujours on va
chercher sous les arbres
ce rien de lumière

l’éclat clair impose

l’ailleurs au regard
— une branche craque
en soi cela est

taire le silence


h3s 997

dessous la lisière

la route des ombres
proche dans le soir
un feu soudain vient

aux rouges profonds

accrocher quoi vit
où la futaie mêle
un corps et du jour

un don d’aubépines


h3s 996

quoi brûle les yeux

pendant tout le jour
on sait cet instant
où rejoindre un monde

— berge sèche et nue

on craint son défaut
et tout est muable
l’eau absente tout

un du torrent muet


h3s 995

aucun signe rien

rien même ne ride
l’eau noire où l’on tombe
sans fin quoi se brise

le temps a saisi vient saisir

sous la meule tout
les corps ne sont plus
qu’un cri — on entend

qui parlait sans mots

 


h3s 994

chaque jour plus proche

plus un mot pour dire
là soudain devant
soi dessus l’abîme

tout au bord de l’autre

la lumière courbe
l’ombre et disparaît
il n’est plus aucun

chemin que le souffle