Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 798

cet ici qui brûle

une pierre blanche
prise aux fossés d’hier
dans la boue des signes

et nos yeux et nous

sommes
un seuil — cette brume
d’être sans savoir
plus loin quel soleil

dessine nos ombres


h3s 797

on voit une danse

sans aucun dessein
des formes s’animent
puis courbent le trait

de lignes très claires

on ne sait jamais
où mène le pas
— cela se franchit

dans l’ombre des ponts


h3s 796

c’est comme un temps sans

nuages — les ciels
changeants vont au vif
du vent qui les laisse

suspens — d’être vague

la couleur hésite
entre les deux mondes
que rien ne sépare

l’autre est l’eau fait l’océan


h3s 795

 

on va devant soi

quelles eaux là-bas
et quoi vient briller
delà la surface

vers cela qui est

le mouvant de vivre
les yeux bien ouverts
ici soit l’offrande

le connaître même


h3s 794

çà et là des bris

il n’y a rien autre
sinon les sillons
des reflets des flaques

les branches à terre

nues dedans l’hiver
se mêlent aux breuils
et toutes les friches

vont se joindre aux ombres


h3s 793

ici à fleur d’eau

faire se désoeuvre
on entre au regard
ouvert dedans soi

on sait le vent proche

des ciels qui s’animent
on ne peut rien se perdre
tout est l’incertain

d’un monde tremblé


h3s 792

ici ce sont les ciels

on dirait la couleur
les heures toutes filent
au néant d’être là

on n’en reconnaît rien

et pourtant c’est bien nous
sous une averse brusque
qui allons passons formes vides

tant que le vent déconcerte envahit les soulève


h3s 791

des rives noyées
les rives se perdent

on ne sait plus où
poser ni les yeux
ni le pas suivant

une pierre tombe

et les eaux s’animent
qui grondent parmi
la boue l’ombre aveugle

au gué noir du jour

 


h3s 790

on va vers un jour

et vivre se prend
au moindre relief
parmi l’herbe folle

sans compter quoi rompt

le gel rend sonore
la terre plus dure
et une brindille

au creux de la main

 


h3s 789

on sait la brume être

dessous la lumière
le givre révèle
l’absence que nomme

haute la couleur

comme_un autre lieu
cherche l’intervalle
au cœur d’un jour nu

qui va brûler prendre là