Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 850

on sait comme passe

le vent chaud des villes
berce le bitume
et les pousses neuves

là haut la bruyère

toujours à grandir
comme herbes mauvaises
là où va le monde

dessous des ciels neufs

 


h3s 849

on entend que va

la voix qui s’éveille
aux mots — pauvres riens
mais dont seuls nous sommes

de l’une l’autre ombre

figures penchées
sur la terre à naître
figures penchée
parmi l’herbe neuve

dehors le jour seul


h3s 848

on respire ici

un plus ample calme
à cela qui va
sans cesse d’inquiet

ce que l’ombre apporte

juste avant la chute
rien d’elle ne cesse
d’être plus avant

au surcroît du jour


h3s 847

la lumière brûle

on ne saurait dire
les riens d’herbes folles
ni la pluie — l’oubli

le un creuset de pierre

ici faire naître
delà la saisie
sans nom une forme

blanche — quoi aveugle


h3s 846

un souffle enracine

ce que dire accueille
ici un oiseau
plus loin un pourpier

en soi tout l’infime

une autre parole
serait-elle d’ombre
ou l’argile rouge

que voue le silence


h3s 845

ce rien parmi l’aube

et quelle demeure
pour tout ce qui est
passage du même

et les ciels toujours

à jamais un autre
règne que la terre
n’efface pas nue

à laver les yeux


h3s 844

dedans tout l’obscur

on est disparaître
et tout semble cendres
froides — la lumière

rêve — cela heurte

tout est là donné
à même le  monde
on n’en voit plus rien

mais le coeur bat stable


h3s 843

parmi le jour quel

seuil — les ciels blancs tout
uns comme les nuits
sans sommeil ni rêve

être — autre que soi

ici — plus rien n’est
que le songe même
d’aller par les mondes

seul et sans vertige


h3s 842

on sait comme en soi

le temps tout aux larmes
peu à peu les yeux
clairs et lavés s’ouvrent

la colère gronde

plus rien autre ici
qu’entendre pourquoi
le chant seul demeure

malgré les ciels clairs


h3s 841

ce chant qui insiste

dès avant toute aube
on sait qu’il est don
à qui veut l’entendre

pour un bref instant

on a repris pied
dans la nuit des mondes
et être cela

perdu dans l’Ouvert