Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s 778

on sait le retour

sur la branche infime
de cela qui est
l’élan et la vie

sans écho le vide

que laisse la pierre
une terre nue
où elle défait

ici comme_un soir

 


h3s 777

on entend le jour

il s’en va dès l’aube
ce passant — le temps
l’étrange comme_un

et sa mélodie

d’où venues ces formes
l’instrument solaire
et celui qui joue

un rien de vie tremble


h3s 776

le souffle du vent

qui apprend jamais
la main des hivers
pas même la glace

à perte de vue

ni cela que brûle
haut l’oiseau de proie
que porte son cri quel appel 

et respirer là


h3s 775

là-bas qu’est ce bruit

tout un monde passe
à ce qui finit
on connaît l’eau noire

un cormoran plonge

presque du silence
dessous la lumière
dans quoi disparaître

qui sait s’il revient


h3s 774

on entend en soi

le lointain du fleuve
ouvrir ce qui gronde
à même la terre

comme va la nuit

ce sont basses eaux
l’image des rêves
au mitan de l’ombre

calme le cœur bat


h3s 773

on entend au plus clair

ce qui est a parole
dessous la voûte ouverte
au plus dense des pierres

ici comme_une voix

le vent sonne plus nu
d’être là sur les chaumes
il semble même au fleuve

aller parmi le temps


h3s 772

on entend l’écho

ici comme_un chant
de passants anciens
sous les arches vides

déjà il s’éloigne

la lumière rêve
l’instant du silence
des statues s’inclinent

et l’ondée reprend


h3s 771

ce feu si ténu

juste après la nuit
comment peut-il être
cela qui revient

un liseré clair

une et l’aile légère
parcourt les deux mondes
que songe la vie

dessous l’outrebleu

 


h3s 770

des mots par-delà quel

autre corps que la phrase
pas à pas s’approprie
le temps plus haut circule

— sens vacant  — on va pour

quoi rythme le coeur-corps
il n’y a pas de fins
sinon d’être au hasard

et rien — le jour sans limites


h3s 769

la rive abstrait le vent
la nuit dessine abstraite

ici toute couleur
de plus en plus distante
laisse les branches dire

la nuit la rive et le halo

au plus nu de la forme
— on va reprendre pied retrouve regard
dans l’ombre plus diffuse

que font les lampes nues