Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

h3s.263

qui traverse le soir

la ville bruit trop fort
on va droit au plus court
sauf les ciels que toujours

entend le vent devant

le jour va changer d’eau
quel le regard en soi
ce qui est sans nom autre

là demeure l’énigme


h3s.262

on a laissé le corps

outre son obscur être
reprendre un peu de souffle
au coeur de la nuit haute

le jour lavé neuf net

l’odeur de la rosée
le cri des martinets
au plus loin de la paix

recommence — pourquoi


h3s.261

quel souffle pour aller

la route va s’escarpe
et bientôt ce n’est plus
qu’une piste de terre

devant soi vers la nuit

la lisière plus sombre
affranchit les regards
puis on entre au silence

dont la main nous recueille


là cet oiseau blessé

quelque chose a tremblé
parmi les herbes hautes
cela à recueillir

au creux de la main nue

la chaleur et le souffle
une forme tangible
que dissipe le jour

rien autre et puis plus rien


h3s 260

ces oiseaux loin toujours

que font-ils toujours vifs
parmi les herbes hautes
sinon la simple vie

quel autre appelle en eux

et leurs chants dans les haies
et leurs cris dans les ciels
de toujours vont saisir

les esprits de qui passe


h3s.259

on entend que l’orage

passe la main de pluies
sur les sols trop secs d’être
— le feu qui trop attend

lave de soi les ombres suies

cela qui brûle ici
le possible des larmes
espère un renouveau

et incendie le monde


h3s.258

on sait le soir au cri

et la lumière éteinte
ne comporte aucune ombre
on entend plus loin comme

des martinets plus proches

le jour finit sans grâce
l’un après l’autre on quitte
des oripeaux sans vie

mais la brûlure aux yeux


h3s.257

ce rien que le jour seul

entendre qui parlait
quoi de plus illusoire
que voir delà la vitre

tout cela qui s’efface

la rive nue sans trace
après la crue d’orage
on recommence — ici

nomme un sable sans fins


h3s.256

le jour quel son cours sans

cela que toujours cherche
— parole autre que bruit
ou bien celui des aubes

que rien ne forme ici

sinon comme en un rêve
la voix hallucinée
un chant — des oiseaux crient

le temps vide et le souffle


h3s.255

cela devant la nuit

le vol des oiseaux change
et bientôt ce ne sont
plus que chauve-souris

on entend loin l’orage

et la nuit s’illumine
d’être juste cela
qui vient et précipite

le souffle de la pluie