Archives d’Auteur: Jean-Yves Fick

hs 15

le monde
et sa roche
devant soi quels
et le passage

aveugle
sans savoir s’il est
encore un possible
même si rien à atteindre

derrière la dune un quai effondré.


hs 14

soi
et qu’est-on encore
dans la paume d’ombre
qui précède

de toujours la nuit
et pas même autre
la voix du vent
d’où entendre

quoi chante vient bruire dessous l’averse.


hs 13

c’est soudain
un don dansé
un creux d’ombre
sans nom

cela qu’un rien
de lumière nue
le vent et l’absence
ou la friche ont ouvert
à la lumière nue

ici où les yeux tremblent sans pleurer.

 

 


hs 12

jour rien
et devers soi
un mur nu
briques – ciment

il n’y a pas
en corps la lumière
sinon celle que renoue
renoue vivre avant le jour

parmi le jardin d’ombres quoi chante.


hs 11

la nuit
tout soudain
revenue et la main
glacée des ombres

un rien de bleu
perce ce qui défait
ici tout l’hiver
brûle le souffle

au silence l’inspir  reprend.
l’inspir n’en finit pas de chercher le silence.


hs 10

bribes
mais de quel arbre
intact
ces rameaux de rien

là le matin
proche élagué
ouvre mais quoi
du regard

on n’a plus de noms.


hs 9

delà le souffle
le vent
un seuil ouvert
à part soi

dedans le monde
ce qui est
affleure
sans paroles

un galet l’herbe rase d’être.

 


hs 8

bruits du jour
des volets claquent
dehors des voix
autant dire rien

on songe à part soi
au sable dessous
la falaise là-bas
de grands arbres ploient corps

qui ne se brisent pas.


hs 7

sans plus un
silence la couleur
absentée
patiente sous l’averse

l’air a perdu
le son du cristal
sec et froid
tombé là

il ne reste rien delà quel écho.


hs 6

on peut depuis
le corps entendre
comment le souffle
vient à naître  soi

et même s’il est
ce trop peu donné
hors la pénombre
il est

de soi la part hors sol.